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Poésie

Posts Tagged ‘couette’

La nuit tambourine à la porte (Francis Valette)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: John Henry Fuseli
    
La nuit tambourine à la porte
Nos échecs
Veulent une place dans le lit

La nuit se repaît
Nos peurs
Prennent toute la couette

La nuit gronde
Nos secrets
Mettent la tête sous l’oreiller

Se croyant à l’abri
Des délires et des suées

Du sérum de vérité
D’une nuit agitée

(Francis Valette)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: 125-126
Traduction:
Editions: Arpa EXILS

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JE PARS EN QUITTANT CETTE CHAMBRE (Hiroshi Sekine)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

JE PARS EN QUITTANT CETTE CHAMBRE
KONO HEYA O DETEYUKU

Je pars en quittant cette chambre
Cette chambre où se trouve la mesure de mon temps

J’ai emporté les livres
J’ai emporté le bureau
J’ai emporté les vêtements
Les autres affaires le bric-à-brac je les ai emportés
J’ai emporté également l’amour

Je pars en laissant
La chaufferette à couette kotatsu
Le brasier hibachi
Devenus désuets
Que je sois triste c’est évident
Pas à cause d’eux
Parce que si je commandais même un camion poids lourd
Il y a des souvenirs qui ne se transportent pas
Et j’en laisserai beaucoup en m’en allant

Dans la chambre maintenant déserte
Je pose tous les souvenirs et m’en vais
Mais je viendrai de nouveau
Les reprendre sans faute
Monsieur le propriétaire

(Hiroshi Sekine)

Illustration: Edward Hopper

 

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LE FROID (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Diarmaid

LE FROID

Froid, froid,
que froide est cette nuit la grande plaine de Lurg,
la neige est plus haute que les monts,
le daim ne trouve plus de nourriture.

Froid jusqu’au jugement,
la tempête s’est répandue partout,
sur la pente chaque sillon est un ruisseau
et chaque gué est un étang.

Le lac déborde c’est une mer intense —
les étangs sont des lacs qui débordent,
les chevaux ne franchissent plus le gué de Ross
et les hommes non plus.

Les oiseaux de l’île de Fâl errent sur la mer,
il n’est pas de rivage où la vague ne déferle,
dans les terres il n’y a plus de terre,
on n’entend plus les cloches et l’oiseau des marais ne chante plus.

Les loups du bois de Cuan ne trouvent
ni repos, ni sommeil, dans leurs tanières,
le roitelet ne trouve plus
d’abri pour son nid en Lonslope.

Sur la troupe des oiseaux se sont déchaînés
le vent mordant et le givre du nord,
le merle n’a plus de toit qui lui plaise
pour s’abriter du côté des bois de Cuan.

L’aigle de la vallée de Ridi Rua
souffre du vent rude,
grandes sont sa misère et sa peine,
il a de la glace dans son bec.

Se lever de la couette et de la plume
serait grande folie pour toi,
voilà pourquoi je dis froid,
froid, froid, jusqu’au jugement.

La poursuite de Diarmaid et Grainné.
Livre jaune de LECAN.

(Poésie Irlandaise)

Illustration

 

 

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CHANSON (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
CHANSON

J’ai cheminé, peinant mille après mille
Tandis qu’amour flamboyait en mon coeur
Pour m’abriter Mary dans ton sourire
Mais à l’amour ne répond que froideur
La froide terre eus-je pour lit et couette
Fidélité ne se dément jamais
Or je n’avais nul chez-moi pour ma tête
Si ce n’étaient mon amour et Mary

Je n’avais nul chez-moi pour mon jeune âge
Quand mon premier amour fut contrarié
Mais que son coeur batte toujours fidèle
Et jamais plus ne serons séparés
Car si changeant que son amour puisse être
Jamais le sien ne saurait varier
Ni jour ni nuit ne suis libre de peine
Moi qui toujours soupire après Mary
Ni jour ni nuit non plus qu’ombre ou soleil
Semaine mois ni vagabonde année
D’amour meurtri ne réparent la brèche
Là-bas folie — ici coeur désolé
Souriait-elle ah repartait la vie
Amour et foi me sont-ils ennemis
De quel espoir me pourrais-je leurrer
Sans nul amour ni chez-moi ni Mary

***

SONG

I’ve wandered many a weary mile
Love in my heart was burning
To seek a house in Mary’s smile
But cold is love returning
The cold ground was a feather bed
Truth never acts contrary
I had no home above my head
My home was love and Mary

I had no home in early youth
When my first love was thwarted
But if her heart still beats with truth
We’ll never more be parted
And changing as her love may be
My own shall never vary
Nor night nor day I’m never free
But sigh for absent Mary
Nor night nor day nor sun nor shade
Week month nor rolling year
Repairs the breach wronged love hath made
There madness — misery here
Life’s lease was lengthened by her smiles
Are truth and love contrary
No ray of hope my life beguiles
I’ve lost love home and Mary

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Blottis sous la couette (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2016



blottis sous la couette —
le sifflement du vent
à l’angle du toit

(Damien Gabriels)

Illustration: Toulouse Lautrec

 

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Je suis sous la couette (Shiki)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015



Ferdinand Hodler_The-Sick-Valentine-Gode-Darel

 

L’eau sur le réchaud
Pas moyen de l’atteindre
Je suis sous la couette

(Shiki)

 

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