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Poésie

Posts Tagged ‘coulée’

La coulée blanche du temps (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



La coulée blanche du temps suggère un paysage
d’hermine. L’hiver s’est infiltré sous mes paupières
et je commence à déchiffrer son langage : un cri ample,
une ombre brusque, si bien que j’arrive aux maisons
de silence et comment les verrais-je s’écrouler ?
Je renverse le décor, je m’adosse à un arbre qui n’existe
pas, mais en quel verger me retiennent les soleils d’exil ?
L’oiseau soufré est à vrai dire une orange entre mes doigts.
Je coupe le fruit en deux. L’été se rallume d’un sang oublié.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jan Balet

 

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CHAMBRE ARDENTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



Illustration: Annie Predal
    
CHAMBRE ARDENTE

Reste la chambre noire où l’âme se développe
Autour de mon front le pansement frais de tes mains
Derrière le mur cet homme qui parle de voyages
Qui n’a jamais sondé l’abîme de la rue
Et surveille la vie au bord de ses poignets

Voici la meule trop verte où rebondit l’angoisse
Le moyeu fragile de la poitrine
Les coulées de chaleur sous le tanin des doigts
La place toujours neuve pour le premier venu.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Un simple courant d’air (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Un simple courant d’air
un chantier corporel
Une coulée d’encre
versée au ras du sol
la poésie s’achève
un coude de phrase opère
Les doigts croisés
pas plus
la vie
qui se réveille
Un trou lessivé d’être
ainsi de suite
tout vaut réparation
substitution peut-être
On vient
j’existe au bord des lèvres

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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VIRGULES DU VIDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




    
VIRGULES DU VIDE

au crâne
du monde

la mousson
crépite

plaines
d’éboulis

gestuaire
en cendres

l’écorce
éclatée

paroles
particules

coulées
de dieux

un baptême
de blanc

un souffle
d’érosion

Tibet
pour naître

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Aimée (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017




Illustration: Josephine Wall
    
aimée

moissonne la coulée en toi

aimée d’un plus-que-souffle
la veine bat sur l’aurore

c’est toi-même à fleur de soi

à l’envers dans le temps
à l’envers dans le blanc

aimée d’un toujours-ciel

disparue sitôt surgie
disparue

ouvre le visage
qui meurt de vie
qui meurt de nuit

stations du lointain souffert
tes mains s’offrent

pour trouver
les pierres de monde

aimée
projette l’ombre
du paradis

où finit le ciel
c’est ta prière qui voit
c’est ton bleu
qui se noie

aimée
tu pleus toute parole
en gouttes de nuit

quelque chose
on ne sait où
sans répit sans repos
dans la pulpe du je t’aime

aimée de pur désert noir
ta nuit vient
plus vive que neige

meurs l’oubli
tiens la foudre
en haleine

laisse le temps
s’effondrer
dans ta blessure

aimée
moissonne le monde en nous

éveille les noms
qui s’agrippent aux étoiles
au feu qui forge la joie

l’ébloui n’est pas oubli
la chute tremble de vie

enroulée
dans la signature du vide
en attente pure

nul fond nulle fin
quand saigne la présence

(Zéno Bianu)

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
SANS LIEU

sans lieu
sans mémoire
les stèles du vide
le suaire du ciel
ce qui s’abat
sur le corps du monde

sans lieu
sans pourquoi
les hautes nuées
de sang sombre
l’abandon recroquevillé
dans la lumière

sans lieu
sans voix
par coulée
au plus bas
la nuit sortie au jour

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans boussole
l’abîme d’en-haut
la poudre d’ombre
la pulpe de l’ébloui

sans lieu
sans cesse
rompre la mort
avec ceux qui transparaissent
vers les lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Charger (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Charger
Comme l’oiseau au creux des ailes
Quelque paille de lumière
Quelque coulée de bleu
Rendre les armes à cette joie
Puis
Faire volte-face vers l’obscur
Avec ce bleu volage
Derrière soi…

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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LE JARDINIER DE CÉZANNE (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2016



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LE JARDINIER DE CÉZANNE

Assis dans la coulée de son corps
Entre lumière et ombre
La lame de sa présence
Partageant à peine l’air
Ayant placé sa chaise
Dans l’ouvert de la vie
Il meurt si peu

(Heather Dohollau)

Illustration: Paul Cézanne

 

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Je ne sais qu’emprunter les coulées libres (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



L’herbe est si haute désormais
que tout chemin s’est dissipé.
Ni sentes ni horizon
seulement la toile dure du ciel:
nuages défaits
lumière furtive.

Quand d’autres croient pouvoir
déchiffrer des signes
et nommer des présences
je ne sais qu’emprunter les coulées libres
creusées dans les halliers
par des bêtes sans nom.

(Jean-Paul Hameury)

Illustration

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Eblouissement (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2016



Eblouissement

Et s’il suffisait
D’ouvrir son cœur
Et si doucement
Accueillir l’Amour
Cueillir les perles pures
Du divin
Comme une coulée de cristal
Une rivière de diamants
Puis resplendir
En un si doux éblouissement de l’âme

(Kristel Saint-Cyr)

Découvert ici: https://kristelsaintcyr.com/

 

 

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