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Poésie

Posts Tagged ‘couler’

Chanson nocturne (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Chanson nocturne

Un flot d’étoiles coule et fuit
Vers l’énigme des portes closes.
L’ombre fébrile de la nuit
Brûle d’une flamme de roses.

La lune dérobe au soleil
Le souvenir d’une heure aimée,
Et le parfum de ton sommeil
S’échappe ainsi qu’une fumée.

Il est si divin dans la nuit
Qu’il semble une flamme de roses…
Le flot des astres coule et fuit
Vers l’énigme des portes closes.

(Renée Vivien)

 

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Le Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Etzy
    
Le Sablier

Le bien-être s’en va de mon corps douloureux…
Et l’ombre revenue emplit encor mes yeux.
O bien-être ! reviens dans mon coeur douloureux !

La terreur d’une proche et certaine agonie
Me hante brusquement d’une horreur infinie
O spectre horrible et prompt de la proche agonie !

Instant inévitable, éloigne-toi de moi !
Je veux vivre et n’ai point la ferveur de la foi
Qui ferait éloigner toute crainte de moi !

Comme en un sablier glisse et coule le sable,
La vie insidieuse échappe, inexorable…
Voici que lentement glisse et coule le sable !…

(Renée Vivien)

 

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Le coeur perd lentement mémoire du soleil (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
L’herbe jaunit.
Le vent fait voler une neige tôt venue.
Juste un peu.

Dans les canaux étroits déjà l’eau se fige,
Ne coule plus.
Il ne se passe jamais rien ici,
Oh! jamais.

Le saule a déployé sur le ciel vide
Sa dentelle en éventail.
Peut-être il valait mieux que je ne sois jamais
Votre femme.

Le coeur perd lentement mémoire du soleil.
Qu’y a-t-il? Le noir?
Peut-être! Une nuit va suffire pour que vienne
L’hiver.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Viens dénuder la haute blessure (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
viens dénuder la haute blessure
dire la voie non tracée
d’un jour plus long que le nôtre

l’ardent souci
de solitude

l’aimantation

trouée de lumière
qui ne retient plus rien
d’elle-même

ne nous accorde rien

que la nuit coule vers le jour

que sourient les enfants morts
à la tombée des étoiles

que se partage la rosée noire
de l’interminable sentier

entre la plaie et le baume
entre les cendres errantes
et la langue des anges

puissions-nous agrandir
l’abîme endormi en toi

entre les bouches de sable
et la grâce d’un coeur
enfin broyé

ne nous pardonne rien

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Quel nom (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Quel nom
quelle voix pour te nommer
ma belle agile
hors de moi
qui te prononce
et te baptise encore en vérité
Quel nom
que je ne dirai plus
versé à l’ombre
et coulé simplement dans l’absence

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Est-ce que tout va vraiment vers le vide et le vain (Amir Gilboa)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

Est-ce que tout va vraiment
vers le vide et le vain
Est-ce que tout va vraiment vers le vide et le vain
comment as-tu fait pour survivre
as-tu vraiment saisi le bout
d’une corde lancée par qui pour que tu la saisisses
en train de te noyer ne pas couler
et tu as abordé au rivage ronceux
aux parterres fleurissant à nouveau
d’un sourire indulgent et d’intrigues de puissance

(Amir Gilboa)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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J’ai vu la femme éclater (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Letinha
    
j’ai vu la femme éclater
dans le silence de la fleur
refermée
les membres épars étaient des allumettes
jonchant le cendrier de la
vie
un oeil était de ces diamants
trouvés par hasard dans
la bouche écartelée
d’une glèbe griffée
le sang coulait dans les méandres
d’une pensée là oubliée

j’ai vu la femme éclatée
dans le silence de la fleur
refermée

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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A ma mère (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
à ma mère enfin aujourd’hui
dédier ces lignes fragiles
qui se vident goutte à goutte
de leurs pauvres prières vaines
ces pensées qui survolent
sa photographie et se retirent
ce rêve indemne incapable
de concevoir tant de beauté
ces heures qui me renvoient
à sa présence impalpable
et à la réalité de son absence
ce sourire qui vient du sien
de son regard limpide offert
à la conversion de l’au-delà
ce silence donné en partage
qui n’a pas de souvenir
alors que son sang coule
dans le mien ébloui

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Ma nudité (Kerline Devise)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



 

Beauté NoireMa nudité
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre fredonnant un air étrange
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre portant une grande fissure
D’où coule un marécage de serpents et de cris
Elle ne reconnaît plus les maisons et les villes
Ne se souvient ni de noms ni d’adresses
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers cette porte toujours ouverte
Cette porte qui, elle aussi, ne fait que couler
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers ces fleurs cueillies pour toi
Ces fleurs poussées sur ma langue
Ma nudité
Mes yeux
On me dit qu’on les voit éternellement
Sur la route qui mène à ton amour

(Kerline Devise)

Illustration

 

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LIMPIDITÉ (Ibn Al-Mou’Tazz)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



Illustration
    
LIMPIDITÉ

Pour se baigner, dégainant son corps de sa robe.
un excès de pudeur couleur de rose orna ses joues.

Elle s’offrit à l’air, nue et sans repentir,
elle-même zéphyr plus ténu que le vent.

et sa paume limpide rejoignit le cristal
de l’eau versée sur elle par les lèvres du vase.

Ayant fait couler l’onde et s’étant essuyée,
elle allait promptement remettre ses habits.

lorsqu’elle vit près d’elle un homme qui guettait.
Voile noir des cheveux emprisonnant le jour.

son aube disparut sous un manteau de nuit,
et la sueur perla sur la mer cristalline.

(Ibn Al-Mou’Tazz)

 

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