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Poésie

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Quel est le poète qui écrit ce poème? (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



Quel est cet enfant blond qui court en riant après ses billes de couleurs?
C’est moi
Et quel est le poète qui écrit ce poème?
Cet enfant blond qui courait en riant après ses billes de couleurs

(Pierre Albert-Birot)

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Toucher terre (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021



Toucher terre

Nous ne savions pas qu’il te fallait cela
Village
Nous ignorions
Que la pluie t’était nécessaire
Et ces roseaux dans ta rivière
Et aussi ces pétales de roses
Epandus par le vent
Nous ne savions pas
Qu’il te fallait que la nuit tombe droit
Sur les pentes d’en face
Et que le puits dont la chaîne grince
Interminablement dans l’aube douloureuse
Est un signe attendu
Par tous les arbres de ta place
Nous ne savions pas village
Qu’il te fallait savoir le nom
Et le prénom de tous les enfants dans tes rues
Pour que le ciel ait la juste couleur
Oui t’est nécessaire inéluctablement.

(Robert Momeux)

Illustration: William Lamboley

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St-Jacob (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021


papy sur les toits 1

Les fenêtres les portes et les murs
Avec leurs couleurs
Et les toits et les massifs du jardin
Commencent à me connaître
Causons

(Pierre Albert-Birot)

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LA DIVINE COMÉDIE (extrait) (Dante Alighieri)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021




    
LA DIVINE COMÉDIE (extrait)

[…]
Le cercle qui en toi semblait conçu
Comme se réfléchit une lumière,
Mes yeux l’ayant contemplé un instant,
En son milieu, et de sa couleur même
M’apparut alors peint de notre image,
Et mon regard s’y plongea tout entier.
Et tel le géomètre qui s’attache
À mesurer le cercle, et cherche en vain
Dans sa pensée le principe qui manque,
Tel étais-je à la vision nouvelle :
Je voulais voir comment l’image au cercle
Se conjoignait et venait s’y inscrire,
Mais aussi haut ne volaient point mes ailes;
Quand mon esprit fut soudain foudroyé
Par un éclair qui combla mon attente.
Lors défaillit ma haute fantaisie,
Mais déjà entraînait mon vouloir, comme roue
Tournant d’un mouvement égal, l’amour
Qui mène le soleil et les autres étoiles.

La Divine Comédie,
Le Paradis, chant XXXIII. Trad. : Éditions Gallimard, 1999.

***

LA DIVINA COMMEDIA

[…]

Quella circulazion che si concetta
Pareva in te corne lume reflesso,
Da li occhi miei alquanto circunspetta,
Dentro da sé, del suo colore stesso,
Mi parve pinta de la nostra effige:
Per che’l mio viso in lei tutto era messo.
Qual è’ 1 geomètra che tutto s’ affige
Per misurar lo cerchio, e non ritrova,
Pensando, quel principio ond’ elli indige,
Tal era io a quella vista nova:
Veder voleva corne si convenne
L’imago al cerchio e corne vi s’indova;
Ma non eran da ciô le proprie penne:
Se non che la mia mente fu percossa
Da un fulgore in che sua voglia venne.
A l’alta fantasia qui mance, possa;
Ma già volgeva il mio disio e’l velle,
Si corne rota ch’igualmente è mossa,
L’amor che move il sole e l’ altre stelle.

(Dante Alighieri)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Mon amour a la couleur de la nuit (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Mon amour a la couleur de la nuit
Couleur des ténèbres
Que vient visiter la lune

(Sôseki)

 

Recueil: Haïkus
Traduction: Elisabeth Suetsugu
Editions: Philippe Picquier

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San Babila (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



 

bouquet

San Babila

Il entraîne, le vent du soir,
Accrochées à leurs parasols de couleur
Les petites bouquetières
Qui gaiement poussent des cris dans les mailles.
Comme des hirondelles aux gouttières
Elles resteront suspendues dans l’air,
Les vendeuses de dahlias,
Maintenant que le vent du soir
Gonfle leurs parasols comme des montgolfières.

***

San Babila

Trascina íl vento della sera
Attaccate agli ombrelli a colore
Le piccole fioraie
Che strillano gaie nelle maglie.
Come rondini alle grondaie
Resteranno sospese nell’aria
Le venditrici di dalie
Ora che il vento della sera
Gonfla gli ombrelli a mongolfiera.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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UN MONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
UN MONDE

C’est un songe ou peut-être seulement une pause
dans la pénombre. Cette masse obscure
qu’elle roule dans les eaux sont des étoiles.
Entre arômes et couleurs, un bateau de calcaire
poursuit son voyage immobile dans un jardin.
Je vois la blancheur parmi les astres et les branches.
On dirait que l’être respire ébloui
et que tout croît sous un souffle silencieux.
Aucun sens, mais les signes s’épousent,
et l’éclat et la rumeur configurent un monde.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Été avec toi (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Été avec toi

L’été nous rassasie d’odeurs
Et de couleurs qui chatoient
Dans l’herbe grasse
Des prairies où se lève
Une aube de lait
Sur la rousseur des bovins
À l’ombre de l’arbre
Qui tressaille sous son écorce

Blanc visage du jour
Le vent dévale la pente
Et notre village jaillit
Dans un cantique de lumière

Le soleil engrosse la terre féconde
De fruits d’oiseaux
De fleurs hautes comme des arbustes
Où la moindre goutte de rosée
Enfante tout un arc-en-ciel

Le vent du large soulève ta robe
Son souffle humide baigne ton corps
Et ton visage rit comme une fleur
Tu prêtes la couleur de tes yeux
À la vague qui s’en empare à jamais
Et tu laisses tes rêves voguer
Au gré des flots vers des îles
Que tu imagines derrière l’horizon

Le soir tombe sur nous comme un caillou.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Gaëlle Boissonnard

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Toutes les choses sont sereines (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



 

Andrey Remnev  (43)

Toutes les choses sont sereines
Dans l’attente de Ta voix
Qui tient les astres, me voici.
Ta voix naît dans le vent
Et l’aube presse sur ma poitrine.
Elle retourne à la couleur,
La feuille, elle T’annonce
Et m’environne de bruit.

***

Tutte le cose sono quiete

In attesa della Tua voce
Che tiene gli astri sono io.
La Tua voce nasce nel vento
E l’alba preme sul petto.
Si rovescia al colore
La foglia, Ti annunzia
E passa a farmi rumore.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Andrey Remnev

 

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