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Poésie

Posts Tagged ‘couleur’

Murmuré pendant l’après-midi (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Murmuré pendant l’après-midi

Soleil d’automne timide et mince,
Et les fruits tombent des arbres.
Le calme habite des pièces bleues
Un long après-midi.

Sons de mort du métal ;
Et une bête blanche s’effondre.
Les chants âpres des filles brunes
Se sont dissipés dans la chute des feuilles.

Le front rêve les couleurs de Dieu,
Sent les ailes douces de la folie.
Des ombres sur la colline,
Frangées de pourriture noire.

Crépuscule plein de calme et de vin ;
Ruissellement de guitares tristes.
Et vers la douce lampe à l’intérieur
Tu t’en retournes comme en rêve.

(Georg Trakl)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

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La chanson de la lune (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017




    
La chanson de la lune

Au lac de claire améthyste
Se mire la lune blonde
Et sa lumière m’inonde,
Fausse, à travers tes yeux tristes.

Mais trop d’incertaines dunes
Sous les pêchers qu’on émonde,
Pleines de fosses profondes,
Roses dans du clair de lune,

En la vague violette,
De la couleur qu’ont les prunes,
Des vergers où dort la lune
Vraiment trop d’effroi qui guette!

Eparse à travers cette onde
Que brise et meurtrit la rame,
Aux étangs bleus de mon âme
Se mire la lune ronde.

C’est ta tendresse ambiguë
Qui sourit au ras des vagues:
Fleurs des pêchers qu’on élague,
Rameaux des pourpres ciguës.

Je cueillerai ces fleurs tristes,
Hélas! sans créance aucune,
Au songe du clair de lune
Sur les étangs d’améthyste.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le brouillard indolent de l’automne (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




    

Le brouillard indolent de l’automne est épars…
Il flotte entre les tours comme l’encens qui rêve
Et s’attarde après la grand-messe dans les nefs ;
Et il dort comme un linge sur les remparts.

Il se déplie et se replie. Et c’est une aile
Aux mouvements imperceptibles et sans fin ;
Tout s’estompe ; tout prend un air un peu divin ;
Et, sous ces frôlements pâles, tout se nivelle.

Tout est gris, tout revêt la couleur de la brume :
Le ciel, les vieux pignons, les eaux, les peupliers,
Que la brume aisément a réconciliés
Comme tout ce qui est déjà presque posthume.

Brouillard vainqueur qui, sur le fond pâle de l’air,
A même délayé les tours accoutumées
Dont l’élancement gris s’efface et n’a plus l’air
Qu’un songe de géométrie et de fumées.

(Georges Rodenbach)

 

Recueil: Le Miroir du ciel natal

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Reviendras-tu (Nadia Tueni)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017



    
Reviendras-tu si je disais la terre est au bout de tes doigts
comme une branche calcinée et déjà refroidie?
les oiseaux sont morts plusieurs fois à pic contre tes cheveux blonds
ils avaient adopté la mer pour vice
à cause des algues sonores
et des pistes qui se défont
lentement
trop tard pour naître chaque instant
à genoux devant des visages où toute couleur est hostie

comme une gorge prise au bétail qui dévore un rayon de soleil

reviendras-tu si je disais la mer est au bout de tes doigts?

(Nadia Tueni)

 

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St-Théodore (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



St-Théodore

Tout à l’heure des amis sont passés devant moi
Mais ils ne m’ont pas vu
Car j’étais caché
Derrière un foetus de poème
Et je regardais
Courir des couleurs

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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Comme un jardin à l’abandon (Aurélia Lassaque)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Céline Decubber
    
Comme un jardin à l’abandon

Comme un jardin à l’abandon
Ta peau
Comme un jardin à l’abandon
Avec beaucoup de fleurs dedans.

Tu dis — J’aime tes longs cheveux —

Dans le creux de ta main
La clé d’une maison inconnue;
Celle de tes ancêtres.

Tu dis que les volets ont perdu leur couleur,
Comme les vieilles tortues qui encombrent la mer.
Tu as dénudé tes yeux
Sur mon épaule.

À l’heure de la prière,
Nous avons dessiné des oiseaux
Avec l’ombre de nos mains.

Tu me parlais d’arbres
Qui ouvrent leurs feuilles
Au clair de lune.

Et je ne t’écoutais pas.
Je ne voyais déjà plus tes mains
Qui ouvriraient
Bientôt loin de moi
Les volets ternes d’une maison
Au bord d’une rivière
Dont tu ne m’as jamais donné le nom.

(Aurélia Lassaque)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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La rose épouse le silence (Gilles Baudry)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

La rose épouse le silence qui l’enclôt.
Le vent. Les îles.
La hanche tiède et odorante des collines.
Tant de couleurs
dans l’éblouissement du jour présent
qu’on en oublie
de lever haut la tête pour mieux évaluer
l’état du ciel.

(Gilles Baudry)

 

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FOEHN (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
FOEHN

Plainte aveugle dans le vent, jour d’hiver couleur de lune,
Enfance, le bruit des pas meurt contre la haie obscure,
Cloches longues du soir.
La blanche nuit approche doucement.

Elle change en rêves pourpres les douleurs et les peines
De l’âpre vie, afin que l’aiguillon jamais
De ce corps pourrissant n’ôte sa pointe.

L’âme anxieuse au coeur du sommeil profondément soupire,

Le vent profondément dans les arbres rompus,
Et la mère s’en va comme une pleureuse
Chancelante par la solitaire forêt

De ce deuil silencieux; nuits peuplées
D’Anges étincelants parmi les larmes.
Au mur nu se brise un pâle squelette d’enfant.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Visages (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Visages

Voyageurs de la nuit.
visages.

Visages des
nuits.

Si vaste. Existe-t-il
dans l’univers.

Avec la voix. avec le dessin de la
voix.

Une couleur palpable.

Parcelle de lumière.

Où nous soyons
unis.

(Paul Louis Rossi)

Illustration: Alberto Donaire

 

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Migrateur pris (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Migrateur pris

Mortes couleurs de mauvais temps
Novembre en plumes de voyage
— Autant en portent les autans —
Seul des vols reste ce langage
Pris à la source en la quittant
Dont un reflet tenait en cage

Sourire outremer des printemps.

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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