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Posts Tagged ‘couleur’

Et regarder Le ciel (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: ArbreaPhotos 
    
… et regarder
Le ciel

La page en couleurs

Détour de l’inconnu

Un bref aperçu
Du soir

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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S’émerveiller (Lhasang Tsering)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Illustration
    
S’émerveiller

S’émerveiller – s’émerveiller autour –
S’émerveiller autour des merveilles,
Des merveilles tout autour de moi ;
M’émerveiller simplement en marchant ,
En marchant – en marchant seul
En marchant tout seul –
Seul parmi les collines,
Les vertes collines et les vallées boisées.
Emu par la beauté –
La fascinante beauté –
Les splendeurs et la beauté de la nature ;
Beauté dans chaque aspect de la nature.
Enchanté – enchanté par
Enchanté et fasciné par –
L’immense diversité,
Diversité dans chaque aspect de la nature.
D’un simple brin d’herbe,
L’exquise beauté des fleurs,
Aux forêts d’arbres gigantesques ;
D’une multitude d’insectes minuscules
Et d’une foule d’autres créatures,
Aux troupeaux d’éléphants puissants.
Des oiseaux capables de voler –
Au-dessus des plus hautes montagnes,
Aux baleines géantes capables de nager –
A travers les mers les plus vastes ;
Des insectes et animaux qui vivent –
Dans les déserts les plus chauds et les plus froids ;
Aux créatures qui vivent et prospèrent –
Prospèrent au plus profond de l’océan.
Et puis réfléchir et comprendre –
Que la beauté et la variété –
Les splendeurs de la nature et sa diversité,
N’est pas limitée seulement aux vivants
A l’incroyable beauté et la diversité
De la vie de plantes et des animaux.
Oui, que les merveilles de Mère Nature –
Sa diversité et sa beauté infinies –
Est reflétée dans un unique grain de sable ;
Et que de minuscules cristaux qui étincèlent –
De teintes de toutes les couleurs,
Et des flocons de neige doux et complexes –
A la grandeur des montagnes puissantes,
Et à la vaste étendue des océans ;
Oui vraiment, aux planètes et aux étoiles innombrables,
Oui, à l’univers illimité au-delà.
Et puis je continue –
Continue ma promenade quotidienne,
Me promène dans les vertes collines,
Dans les calmes collines vertes et –
Le long des ruisseaux frais et clairs,
Dans les vallées profondes et boisées –
Je continue de m’émerveiller
De m’émerveiller des merveilles –
des merveilles illimitées de la nature.
De la diversité dans limite des beautés de la nature,
Et
De la fascinante beauté de la diversité de la nature.

***

Wondering

Wondering – wondering about –
Wondering about the wonders –
The wonders all around me ;
Wondering while just wandering.
Wandering – wandering alone –
Wandering ail alone –
Alone among the hills ;
The green hiils and wooded valleys.
Moved by the beauty –
The amazing beauty –
Nature’s splendour and beauty ;
Beauty in every aspect of nature.
Enchanted – enchanted by –
Enchanted and fascinated by –
The immense diversity ;
Diversity in every aspect of nature.
From a single blade of grass ;
The exquisite beauty of flowers ;
To the forests of giant trees ;
From die multitude of tiny insects ;
And die host of other creatures ;
To the herds of mighty elephants.
From the birds that can fly –
Over the highest mountains ;
To giant whales that can swim –
Across the widest sea ;
From insects and animais that dwell –
In the hottest and coldest desserts ;
To creatures that live and thrive –
Thrive at the ocean’s depth !
And then to reflect and to realize –
That the beautv and variety –
Nature’s splendour and diversity ;
Is not limited just to the living ;
To the incredible beauty and diversity –
In plant and animal life.
Yes ; that Mother Natures wonders –
her infinite diversity and beauty –
Is reflected in a single grain of sand ;
And minute crystals that sparkle –
With the hues of every colour ;
And soft, intricate snowflakes –
To the grandeur of the mighty mountains ;
And the vast expanse of the oceans ;
Indeed ; to the planets and numberless stars ;
Yes ; to the limitless universe beyond.
And then as I continue –
Continue with my daily wandering ;
To wander in the green hills ;
The tranquil, green hills and –
Besides cool, clear brooks ;
In the deep, wooded valleys ;
I also continue to wonder –
Wonder at the wonders –
The boundless wonders of nature.
The limitless diversity in natures beauty ;
And –
The amazing beauty in nature’s diversity.

(Lhasang Tsering)

 

Recueil: Wondering
Traduction: Michèle Duclos
Editions:

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DÉDICACE A L’INCONNUE DE LA SEINE (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



DÉDICACE A L’INCONNUE DE LA SEINE

Dormeuse aux lèvres de soleil,
Dormeuse au sourire d’eau calme
Où dérivent de lents nuages,
Oh ! sous ta paupière close
La rosée de ton regard,
Ma fileuse d’aurores douces,
Ma dormeuse nue dans la robe
Profonde et soyeuse des fleuves
Je murmure ton nom de songe à ton oreille,
Je te parle des grands vaisseaux qui appareillent,
Je t’offre les joyaux qui brûlent dans les vagues
Ou que l’écume heureuse roule
Sur les plages de mon enfance,
Je caresse les tourterelles qui roucoulent
Aux tièdes nids de tes aisselles,
Tu souris et tu ne t’éveilles
De ton grand sommeil enchanté.
Il fait bon, si bon dans ton rêve,
O mon enfant, ma si tendre inconnue
Silencieuse, ô ma décapitée.

Toi qui circules dans ma vie
Comme une source dans la terre,
Et je connais ta voix amie,
Fleur de printemps parmi l’hiver,
Toi qui me lies et me délivres
De mes murs et de mes décombres,
Magicienne qui ravives
Mon ciel des couleurs de l’enfance,
Belle de jour, belle de nuit,
Soleil de tous mes paysages,
Navire près de mes rivages,
Ile proche dans mes naufrages,
Refuge en mes déserts de neige,
Azur sur tous mes continents,
Comment, comment te nommerai-je
Sans que tu meures de ton nom ?

(Paul-Alexis Robic)

Illustration

 

 

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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SAINT THOMAS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017




    
SAINT THOMAS

Poète ! René Guy Cadou ?
Mais montrez-moi trace des clous !

Montrez l’eau vive où il s’abreuve
Montrez rabots et planches neuves !

Montrez-le-moi sur le sentier
Larron avec le fer aux pieds !

Le toucherais l’écouterais
D’un doigt posé dedans la plaie

Reconnaîtrais qu’il s’agit bien
D’un Dieu déchu ou d’un vaurien

Montrez-le-moi de but en blanc
Agenouillé comme un enfant

Dans la maison couleur de pomme
Devant la femme ou devant l’Homme

Bègue à moitié navré transi
Montrez-le-moi quand il écrit

Ces mots à tort et à travers
Pareils aux vagues de la mer.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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A l’enterrement d’une feuille morte (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

A l’enterrement d’une feuille morte
Deux escargots s’en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes

Ils s’en vont dans le noir
Un très beau soir d’automne
Hélas quand ils arrivent
C’est déjà le printemps

Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés

Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir

Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L’autocar pour Paris

Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C’est moi qui vous le dis

Ça noircit le blanc de l’oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C’est triste et pas joli

Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes

Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l’été

Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C’est un très joli soir
Un joli soir d’été

Et les deux escargots
S’en retournent chez eux
Ils s’en vont très émus
Ils s’en vont très heureux

Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

(Jacques Prévert)

 

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Liberté couleur des feuilles (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017



 Illustration: Wladyslaw Slewinski
    
Liberté couleur des feuilles

Liberté couleur des feuilles
Liberté la belle joue
Jeune fille qui dénoue
Tes cheveux blonds sur le seuil

Flamme neige épaule nue
Arc-en-ciel de la rosée
Haut visage pavoisé
De cent regards inconnus

La plus pauvre du village
La plus belle sous les coups
Toi qui fais chanter les fous
Et qui fait pleurer les sages

Liberté je t’ai nommée
Pour que nous vivions ensemble
Tu me vêts et tu ressembles
Au portrait de mon aimée

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Farouchement nomade (Nicole Brossard)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



    

farouchement nomade: la vie
ses noms rares cordés dans l’imaginaire comme
des savons de toutes les couleurs, tout en odeur
et fine extase
selon qu’une horloge ou vivace lumière
déplace le pensées

(Nicole Brossard)

 

Recueil: Cahier de roses & de civilisation
Traduction:
Editions: d’Art le Sabord

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Les Couleurs (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017



Les Couleurs

ELOIGNEZ de mes yeux les flamboiements barbares
Du Rouge, cri de sang que jettent les fanfares.

Eteignez la splendeur du Jaune, cri de l’or,
Où le soleil persiste et ressurgit encor.

Ecartez le sourire invincible du Rose,
Qui jaillit de la fleur ingénument déclose,

Et le regard serein et limpide du Bleu, —
Car mon âme est, ce soir, triste comme un adieu.

Elle adore le charme atténué du Mauve,
Pareil aux songes purs qui parfument l’alcôve,

Et la mysticité du profond Violet,
Plus grave qu’un chant d’orgue et plus doux qu’un reflet.

Versez-lui l’eau du Vert, qui calme le supplice
Des paupières, fraîcheur des yeux de Béatrice.

Entourez-la du rêve et de la paix du Gris,
Crépuscule de l’âme et des chauves-souris.

Le Brun des bois anciens, favorable à l’étude,
Sait encadrer mon silence et ma solitude.

Venez ensevelir mon ancien désespoir
Sous la neige du Blanc et dans la nuit du Noir.

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

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Retouche à Dieu (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017




    
retouche à Dieu

Celui que je cherche ne se peut rencontrer
mais je suis allé vers lui dans toutes les directions
fleurissant les carrefours
accompagné parfois quelque temps
par des êtres qui me faisaient croire
que j’avais enfin trouvé
le visage
qui donne des couleurs à la nuit

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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