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Poésie

Posts Tagged ‘coup’

ART POÉTIQUE (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Illustration: Anne-Marie Torrisi
    
ART POÉTIQUE

Il est évident que le poète écrit
Sous le coup de l’inspiration
Mais il y a des gens à qui les coups ne font rien.

(Boris Vian)

 

Recueil: Cantilènes en gelée
Traduction:
Editions: Le Livre de poche

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Tête contre tête (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



 

Emmanuelle Not   Tete a Tete

Tête contre tête tout oublier
Jusqu’au coup d’épaule en plein coeur
La rose violente
Des amants nuls et transcendants.

(René Char)

Illustration: Emmanuelle Not

 

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LES HÉRAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



 


Illustration: ArbreaPhotos
    
LES HÉRAUTS NOIRS

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!
Des coups comme de la haine de Dieu; comme si avec eux,
le ressac de toutes les souffrances
s’enlisait dans l’âme… Je ne sais!

Ils sont rares; mais ils sont… Ils ouvrent des saignées obscures
dans le visage le plus farouche et dans le flanc le plus fort.
Ils sont peut-être les poulains de barbares attilas;
ou bien les hérauts noirs que nous envoie la Mort.

Ils sont les chutes profondes des Christs de l’âme,
d’une foi adorable que le Destin blasphème.
Ces coups sanglants sont les crépitations
d’un pain que nous laissons brûler à la porte du four.

Et l’homme… Le pauvre… Le pauvre! Il tourne les yeux, comme
quand nous appelle une tape sur l’épaule ;
il tourne ses yeux fous, et tout le vécu
s’enlise, telle une flaque de faute, dans le regard.

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Les pierres (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Les pierres

Ce matin je suis descendu
vers les pierres, oh les pierres!
Et j’ai provoqué et estampé
un pugilat de pierres.

Notre Mère, si mes pas
dans le monde font souffrir,
c’est qu’ils sont les feux
d’une aurore absurde.

Les pierres n’outragent pas; ne convoitent
rien. Elles ne demandent
que de l’amour pour tous, et demandent
même de l’amour pour le Néant.

Et si certaines d’entre elles
vont tête baissée, ou sont
contrites, c’est bien
qu’elles font quelque chose d’humain…

Mais, il y a toujours quelqu’un
pour en frapper une pour le plaisir.
Ainsi, la lune est pierre blanche
que fit voler un coup de pied…

Notre Mère, ce matin
je me suis glissé dans les lierres,
en voyant la bleue caravane
des pierres,
des pierres,
des pierres…

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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JE PLONGE EN TOI… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



JE PLONGE EN TOI…

Je plonge en toi comme un forçat
Dans les douves de sa prison :
L’eau se referme et l’enracine
De tout son ventre, mais, au bord,
Dans les fusils monte en silence
La sève noire de la mort.

Qu’importe, puisqu’il est au fond
De lui-même comme une pierre
En son ciment d’éternité,
A sa belle, à sa libre étoile,
Pour la première fois couché.

Qu’importe, puisque dans ces chambres
Où l’on se jette en haletant,
Je vis en toi le seul instant
Où les choses sont dans le monde
Ce que les font mes mains aimantes !

Dehors, la salve et la curée !
Dedans, la bête se fait homme :
Je suis nageur, je suis poumon,
Je suis la vague, je suis l’air
Qui me manquera tout à l’heure
Quand je tomberai sous les coups,
Emerveillé d’avoir vu naître
Ma propre image dans ta chair.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

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FOOTBALLEUR (Kazuko Shiraishi)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



Illustration: Tineke Storteboom
    
FOOTBALLEUR

Il est joueur de football
Tous les jours il donne des coups de pied dans un ballon
Un jour
Il a lancé l’amour haut dans le ciel
Et l’amour y est resté
Il n’est plus redescendu sur terre
Les gens pensaient, ce doit être le soleil
La lune ou une étoile nouvelle
Au fond de moi
Se trouve un ballon qui ne retombe jamais
Il reste là suspendu dans l’air
Vous pouvez voir comme il prend feu
Se mue en amour
En étoile.

***

FOOTBALL PLAYER

He’s a football player.
Kicks a ball, every day, he kicks a ball.
One day,
He kicked love up high into the sky.
It stayed there
And didn’t come down.
People thought it must be the sun,
The moon, or a new star.
Inside me,
A ball that never comes down,
Hangs suspended in the sky.
You can see it become fire,
Become love
Become a star.

***

FUßBALLSPIELER

Er ist ein Fußballspieler
Er tritt einen Ball, jeden Tag tritt er einen Ball
Eines Tages
Trat er die Liebe hoch in den Himmel
Und sie blieb dort
Sie kam nicht mehr herunter
Die Leute dachten, es sei die Sonne,
Der Mond oder ein neuer Stern
In mir
Gibt es einen Ball, der nie herunter kommt
Er bleibt hängen in der Luft
Du kannst sehen wie er entflammt
Liebe wird
Ein Stern wird

***

足球运动员

他是个足球运动员
踢一个球,每天他都踢一个球
有一天
他把爱踢上了天空
它留在那儿了
因为它没有落下来
人们认为它一定是太阳
是月亮或是一颗新星

我内心深处
永不落下的一颗球
悬挂在天空
你可以看到它变成火焰
变成爱情
正变成一颗星。

***

FUTBOLISTA

Es un jugador de fútbol
Patea una pelota, cada día patea una pelota
Un día
Pateó el amor hasta el cielo
Y se quedó allí
Sin descender hacia abajo
La gente pensó que debía ser el sol
La luna o una estrella nueva
Dentro de mí
Hay una pelota que nunca desciende
Está colgada, suspendida en el cielo
Puedes ver cómo se convierte en llamas
Se convierte en amor
Se convierte en estrella.

***

VOETBALLER

Hij is een voetballer
Hij schopt op een bal, iedere dag schopt hij op een bal
Op een dag
Schopte hij de liefde hoog in de lucht
En ze bleef er
Ze kwam niet meer naar beneden
De mensen dachten, het moet de zon zijn
De maan of een nieuwe ster
Binnen in mij
Is er een bal die nooit neerkomt
Hij blijft daar hangen in de lucht
Je kan zien hoe hij opvlamt
Liefde wordt
Ster wordt.

***

CALCIATORE

È un calciatore.
dà calci a un pallone, ogni giorno.
Una volta,
spedì con un calico l’amore su fino al cielo.
Rimasi lì
e non tornò più giù.
La gente pensava dovesse essere il sole,
la luna, o una nuova stella.
Dentro di me,
c’è una palla che non scende mai giù,
rimane lì, sopesa nel cielo.
puoi vederla diventare fuoco,
diventare amore
diventare una stella.

***

JOGADOR

Existe um jogador de futebol
Que a cada dia chuta uma bola
Um dia
Chutou o amor para o espaço
E ficou ali
Sem descer mais
As pessoas pensaram que deveria ser o sol a lua ou uma estrela nova

Dentro de mim
Existe uma bola que nunca desce
Está pendurada, suspensa no ar
Podes ver como se converte em chama
Convertida no amor
Convertida em estrela.

(Kazuko Shiraishi)

 

Recueil: ITHACA 587
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois Zhou Dao Mo / Espagnol John Solt – Germain Droogenbroodt – Rafa Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia /Editions: POINTS

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L’Oreille cassée (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019




    
L’Oreille cassée
Le vivant, le vrai

Nos visages ravagés de rides se souviennent des sillons de larmes
et notre colonne vertébrale se voûte sous le poids des tristesses passées.

Un corps vivant ne reste pas longtemps vierge et lisse;
la santé, la joie de vivre n’excluent pas les coups ;

bien au contraire, nous n’existons que de souffrances vaillantes contre l’adversité ;
les bons organismes présentent une tête burinée, un corps las et courageux,
une puissance dévastée, mais toujours debout.

Avant le premier coup de corne,
comment savoir si le torero se conduit avec courage ?

Il n’y a de vrai vivant que déchiré.
Les cicatrices renforcent.

Il n’y a de vérité que falsifiée.
Le faux plaide pour le vrai.

Il n’y a de bonté que tentée.

Quelle vertu sans tribulations ?
Il n’y a de bon système que cassé.
Si tout marche, rien ne marchera.

Chaque épreuve me précipite au devant de ce fétiche :
il n’y a de vrai dieu que blessé.

(Michel Serres)

 

Recueil: Hergé mon ami
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Dix mille ans enveloppant un caillou (Anne de Staël)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




    
Dix mille ans enveloppant un caillou
Ne le recouvrent pas
la seconde est coup de pierre
Sa paume : la terre
De dos à la face du mot

Le caillou
L’ouvrir : être ce dont il est le centre
la fêlure, le filin
Éclair muet

(Anne de Staël)

Recueil: Le cahier océanique
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Que faire avec ce qui est flétri ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Que faire avec ce qui est flétri ?
Le cacher, l’enterrer
ou le placer comme une fleur
entre les feuilles d’un livre ?

Ce qui est flétri préfère rester en nous,
tomber, se réfugier ici
jusqu’à se changer en poussière.
Alors cela fait déjà partie de nous
et accompagne notre flétrissement.

Et nous, sur qui tomberons-nous ?
Où poursuivre notre dérive vers la poussière ?
Y a-t-il pour nous garder un autre endroit
où la poussière fleurirait
derrière tant d’ombre ?

Il suffit, qui sait, d’un endroit moins furtif
où un rayon de soleil éclaire la poussière.
Il se peut que toute flétrissure
n’attende seulement
que ce coup de lumière.

***

¿ Qué hacer con lo marchito?
¿ Esconderlo, enterrarlo
o ponerlo como una flor
entre las hojas de un libro?

Lo marchito prefiere estar en nosotros,
caer, refugiarse aquí,
basta que se convierta en polvo.
Entonces ya forma parte de nosotros
y nos acompaña a marchitarnos.

Y nosotros ¿en quién caeremos?
¿ Dónde proseguir nuestra deriva hacia el polvo?
¿ Habrá otro lugar para guardarnos,
donde el polvo florezca
detrás de tanta sombra?

Tal vez baste un sitio menos furtivo
donde un rayo de sol alumbre el polvo.
Quizá todo lo marchito
espere únicamente
ese golpe de luz.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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