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Poésie

Posts Tagged ‘coupe’

Le dieu de foudre (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Le dieu de foudre ne se décèle
sinon de dos nef sur l’astre faible
tanguée elle te jette en éclats
proue obscure et trouble et prophétique

poupe bâtie de chant des cordages
et de la houle l’éclair t’embrasse
selon le pur nombre du naufrage
coupe et colombe tu resplendis

(Bernard Manciet)


Illustration: Aelbert Cuyp

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La coupe vibre et chante (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



la coupe vibre et chante en son bord
au tourbillon des mouettes nocturnes
c’est à pleine gorge vaste cuisse
que l’océan accueille en sa courbe

(Bernard Manciet)


Illustration: Patrice Rivoallan

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Le souffle (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Que je dorme
M’assoupisse veille

Une chose me relie
A l’ensemble

Tant que je respire
Je ne suis coupé
De rien

Une maille à l’envers
Une maille a l’endroit

Le souffle tricote
L’univers

(Werner Lambersy)

Illustration: Francois Schlesser.

 

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Ainsi repose (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Des causes nous buvons l’enchaînement trompeur
Dans des coupes, pestilentielles stalactites,
Et nous touchons armés de crochets des grandeurs,
Qui sont, comme une mort facile, si petites.
Et l’enfant garde le silence
Quand les jonchets sont ensemble jetés —
Ainsi repose un univers immense
Dans le berceau d’une petite éternité.

(Ossip Mandelstam)

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Mille chemins, un seul but (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    

Mille chemins, un seul but

Le chasseur songe dans les bois
À des beautés sur l’herbe assises,
Et dans l’ombre il croit voir parfois
Danser des formes indécises.

Le soldat pense à ses destins
Tout en veillant sur les empires,
Et dans ses souvenirs lointains
Entrevoit de vagues sourires.

Le pâtre attend sous le ciel bleu
L’heure où son étoile paisible
Va s’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige invisible.

Regarde-les, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dans les blés d’or
Sa chanson qui contient son rêve !

Vois errer dans les champs en fleur,
Dos courbé, paupières baissées,
Le poète, cet oiseleur,
Qui cherche à prendre des pensées.

Vois sur la mer les matelots
Implorant la terre embaumée,
Lassés de l’écume des flots,
Et demandant une fumée !

Se rappelant quand le flot noir
Bat les flancs plaintifs du navire,
Les hameaux si joyeux le soir,
Les arbres pleins d’éclats de rire !

Vois le prêtre, priant pour tous,
Front pur qui sous nos fautes penche,
Songer dans le temple, à genoux
Sur les plis de sa robe blanche.

Vois s’élever sur les hauteurs
Tous ces grands penseurs que tu nommes,
Sombres esprit dominateurs,
Chênes dans la forêt des hommes.

Vois, couvant des yeux son trésor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur sans ombre encor,
Vase que remplira la vie !

Tous, dans la joie ou dans l’affront,
Portent, sans nuage et sans tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dans leur âme un mot qui se cache.

Selon les desseins du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tous varie ;
– L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !

Le mot caché ne change pas.
Dans tous les cœurs toujours le même ;
Il y chante ou gémit tout bas ;
Et ce mot, c’est le mot suprême !

C’est le mot qui peut assoupir
L’ennui du front le plus morose !
C’est le mystérieux soupir
Qu’à toute heure fait toute chose !

C’est le mot d’où les autres mots
Sortent comme d’un tronc austère,
Et qui remplit de ses rameaux
Tous les langages de la terre !

C’est le verbe, obscur ou vermeil,
Qui luit dans le reflet des fleuves,
Dans le phare, dans le soleil,
Dans la sombre lampe des veuves !

Qui se mêle au bruit des roseaux,
Au tressaillement des colombes ;
Qui jase et rit dans les berceaux,
Et qu’on sent vivre au fond des tombes !

Qui fait éclore dans les bois
Les feuilles, les souffles, les ailes,
La clémence au cœur des grands rois,
Le sourire aux lèvres des belles !

C’est le nœud des prés et des eaux !
C’est le charme qui se compose
Du plus tendre cri des oiseaux,
Du plus doux parfum de la rose !

C’est l’hymne que le gouffre amer
Chante en poussant au port des voiles !
C’est le mystère de la mer,
Et c’est le secret des étoiles !

Ce mot, fondement éternel
De la seconde des deux Romes,
C’est Foi dans la langue du ciel,
Amour dans la langue des hommes !

Aimer, c’est avoir dans les mains
Un fil pour toutes les épreuves,
Un flambeau pour tous les chemins,
Une coupe pour tous les fleuves !

Aimer, c’est comprendre les cieux.
C’est mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille !

C’est se chauffer à ce qui bout !
C’est pencher son âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Ainsi, ma douce bien-aimée,

Tu mêles ton cœur et tes sens,
Dans la retraite où tu m’accueilles,
Aux dialogues ravissants
Des flots, des astres et des feuilles !

La vitre laisse voir le jour ;
Malgré nos brumes et nos doutes,
Ô mon ange ! à travers l’amour
Les vérités paraissent toutes !

L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laissent voir le ciel derrière eux,
Et sont transparents l’un pour l’autre.

Ils ont en eux, comme un lac noir
Reflète un astre en son eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineuse figure !

Aimons ! prions ! les bois sont verts,
L’été resplendit sur la mousse,
Les germes vivent entr’ouverts,
L’onde s’épanche et l’herbe pousse !

Que la foule, bien loin de nous
Suive ses routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !

L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Ah ! l’idylle encore une fois (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020


 


(c) Walker Art Gallery; Supplied by The Public Catalogue Foundation

 

Ah ! l’idylle encore une fois
qui remonte du fond des prés
avec ses bergers naïfs

pour rien qu’une coupe embuée
où la bouche ne peut pas boire
pour rien qu’une grappe fraîche
brillant plus haut que Vénus!

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Maurice Greiffenhagen

 

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Poème d’adieu (Du Mu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



    
Poème d’adieu

Une grande passion ressemble à l’indifférence
Devant la coupe nul sourire ne vient aux lèvres
C’est la bougie qui brille les affres des adieux :
Jusqu’au jour, pour nous, elle verse des larmes

(Du Mu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Salut (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Salut

Rien, cette écume, vierge vers
A ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
A n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Victor-Louis Mottez

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LE POTIER (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

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LE POTIER

On dit : c’est un faiseur de jolies choses
Qui cueille des sourires charmants
Tout le long de sa route
Avec des roses,
Des lilas et des muscats;
On dit : c’est un amuseur seulement,
Un ciseleur de vers délicats;
On dit tout cela sans doute,
Mais sait-on si le potier songeant,
Qu’on voit penché sur son tour
Avec le burin, les émaux et les vernis,
Ne s’attarde pas à orner avec amour
La précieuse coupe d’argent
Pour distraire son coeur d’une peine infinie ?

(Tristan Klingsor)

Illustration: Stephen Darlington

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8 septembre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



8 septembre

Aujourd’hui, notre temps a été coupe pleine,
aujourd’hui, notre temps a été vague immense,
aujourd’hui, terre entière.

Aujourd’hui la mer, houle furieuse,
nous a portés si haut dans un baiser
que nous avons tremblé
sous l’éclair fulgurant
et l’un à l’autre liés, nous sommes descendus
au fond des eaux sans desserrer l’étreinte.

Aujourd’hui nos corps ont grandi, grandi,
ils sont arrivé jusqu’au bout du monde
et ils ont roulé, fusionné :
goutte unique
de cire ou météore.

Entre nous – toi et moi – une porte nouvelle
s’est ouverte où quelqu’un, encore sans visage,
nous attendait.

(Pablo Neruda)


Illustration: Giorgio de Chirico

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