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Poésie

Posts Tagged ‘couper’

POURQUOI? (Zisho Weinper)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020



Illustration: Guy Swyngedau
    
POURQUOI?

Chacun de nous parfois est une branche
Que le vent fait frémir,
Parfois on est un peu d’écume
Qui passe aveuglément
Sur l’abîme des mers,

Mais dans son rêve
Chacun de nous est un navire
Qui avance et se bat
Furieux, aveugle, avec le vent.

En duel le jour et la nuit
Ici nous coupons une corde,
Là nous rejetons un regard
Et très souvent nous arrachons
Dans notre jardin une rose
Que nous-mêmes nous piétinons.

Tel est l’ordre
Maintenant des jours et des nuits
On vous crie: c’est permis,
Il doit en être ainsi
Mais bien souvent nous pleurons de douleur
Pourquoi doit-il en être ainsi ?

(Zisho Weinper)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si un jour la douleur t’a coupé les ailes (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Si un jour

la douleur t’a coupé les ailes
caresse les épaules
de l’éperdue clouée à terre

(Bernard Montini)


Illustration: Antoon Van Dyck

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L’ONCLE ITZE (Moshe Kulbak)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
L’ONCLE ITZE

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

Dans un village arrive
Avec aiguille et fil,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits.

Accroupi sur la table
L’oncle, hébété, découd,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout.

Rapiécé le village
Vers un autre il s’en fut,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu.

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

(Moshe Kulbak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Odeurs vertes (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019


tomate

Herbes coupées,
queues de tomates,
odeurs vertes

(Anne Tardy)

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Pour finir (Norge)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Pour finir

Le savez-vous, chez ce peuple d’oiseaux,
La mode fut qu’on se coupât les ailes;
Pourquoi de l’aile, on ne volait plus guère,
On mangeait trop et l’on marchait si peu
Que pour finir on se coupa les pattes.
Quant à chanter, le fait devint si rare
Que pour finir, on se coupa la gorge.

(Norge)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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HIRONDELLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2019



Illustration: Christophe Monnin  
    
HIRONDELLE

Ta mère, quand elle t’écrivait
T’appelait hirondelle
Tu étais bonheur en l’espace
Délivrée d’elle, et pourtant
Comme prise dans ses cheveux
Unie au vent
Tes ailes coupant la lumière
Tu te cognais parfois à la vitre du ciel
Décourageant tes rêves
Ton vol de soie froissée
Annonçait la joie
Hirondelle, l’as-tu jamais su
Seule, tu faisais le printemps…

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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ÉTRANGERS (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Wilhelm Hammershoi
    
ÉTRANGERS

Voilà, comme un enfant, qu’il tombe sur son coeur,
Solitude et douleur – et de ses yeux l’implore,
Et son sang assoiffé boit comme d’une amphore
À ses deux sources d’or la vivante liqueur,

Et sa saveur de lait – puis, poignard, il se tend
Pour ouvrir son doux corps, le fendre comme foudre,
S’éteindre dans sa sève en cendres, se dissoudre
En elle, au séminal abîme se jetant.

Ils sont assis avec les étoiles, le soir
À table. Tous les deux partagent le pain noir
Et le couteau entre eux sur la table s’étale.

Mais l’un l’autre étrangers se dérobent leurs yeux
Comme si le couteau, coupant en deux leur noeud,
Les avait séparés tels les bords de la table.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Doré (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019




    
Doré
comme un pain frais
croustillant à souhait

l’amour
c’est craquant.

Et sous la croûte odorante
la mie est fondante.

Je vais m’en couper une tranche
la tartiner
de beurre et de confiture
et croquer à belles dents
pour bien commencer
la journée.

(Bernard Friot)

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Être coupé de Lui (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



 

Aaron Westerberg ak

Être coupé de Lui
Transforme l’unique seconde en un millier de jours

Et par souffrance et affres
Une seule nuit se prolonge en un millier d’années

Cependant que s’écrient ceux qu’illumine l’Union :
«Le Jour du Couronnement, ah ! qu’il vienne !»

Quand, révélant la Cour de l’Union,
Le rideau est à la fin levé

Et que la distance qui de l’Ami nous éloignait
Se disloque et part en pièces au battement du tambour

Tambour de mort
Tambour de la séparation

(Râbi’a)

Illustration: Aaron Westerberg

 

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« Vous n’êtes jamais venue? » (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Trois fois déjà il m’a coupé les cheveux
ce coiffeur qui me demande
« Vous n’êtes jamais venue? » tandis que je m’assois

(Tawara Machi)

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