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Posts Tagged ‘couper’

Dure Limite (Téléphone)(Jean-louis Aubert)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 

 
    
Dure Limite

Est-ce l’envie?
Ou est-ce ton corps?
Est-ce notre vie
Qui fait que ça dure encore?

Est-ce ton bonheur?
Où est-ce mon honneur
qui me tient prisonnier
ou qui me fait geôlier?

Est-ce l’habitude,
Toujours la même attitude,
le vide de chaque jour,
Ou le manque d’amour?

Est-ce l’amour,

Étrange amour ?
Est-ce la douceur
de tes caresses mon cœur?

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Mur, tessons de bouteilles
Grilles et chiens qui veillent
Chacun sur ses gardes, qui monte la garde
Les frontières, échecs d’hier
Les autres terres, tous nos cimetières

Une dure limite, un mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr

Dure limite, mur d’amour
Dure limite, amour pas mûr
Pas mûr, pas mûr {2x}

Et le mur de Berlin n’a pas,
n’a pas de fin
Non le mur de Berlin,
t’en as un, j’en ai un
Il coupe la terre en deux,
comme une grosse pomme
Il coupe ta tête en deux,
comme la première pomme un peu
Il coupe ta tête en deux
et te fait femme ou homme,
si tu veux
Puis il serpente entre deux terres
et te fait faire toutes les guerres,
toutes les guerres

Une dure limite, un mur d’amour
Une dure limite
Moeurs d’amour, mœurs d’amour
Une dure, dure, dure limite {3x}
Dure limite

(Téléphone)(Jean-louis Aubert)

 

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Entre le ciel et l’eau (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    

Entre le ciel et l’eau
Vole, vif et léger, l’oiseau.
Au-dessous est le gouffre; au-dessus, l’infini;
En face, le vent froid,
Coupant comme un couteau;
Derrière lui, la terre au loin,
Appelle la joyeuse étoile
Vers un tout autre but,
Le but, c’est un songe gravé
Dans le coeur de l’oiseau.

*

Des clartés sans nom apparaissent
Et des ténèbres
Attendent que tu les traverses,
Comète, avec ta traîne de rayons.
Elles sont assoiffées, les ténèbres,
Elles t’étreignent.

*

Le temps est là de retourner aux choses
D’où un jour tu pris ton essor.

(Mihai Beniuc)

 

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Si l’olive se souvient de son planteur (Mahmoud Darwich)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2020




    
Si l’olive se souvient de son planteur
Son huile se transformera en larmes
Oh ! sagesse des ancêtres, notre corps
pour vous deviendra un habit de protection.
On va éplucher les épines par nos cils
et on va couper la tristesse
et l’enlever de notre terre.
L’olivier conservera sa couleur verte à jamais
et rentrera dans la terre comme une arme

(Mahmoud Darwich)

 

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Chanson POÉSIE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
Chanson POÉSIE

Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.

Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.

Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots ;

Les hirondelles sont parties.
Bonjour, hiver ! bonsoir, ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui mourez, faites du feu.

Les hirondelles sont parties.
Givre la nuit, bise le jour.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui vivez, faites l’amour.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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NE COUPEZ PAS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
NE COUPEZ PAS

Quand je me téléphone
un autre me répond
Il n’est là pour personne
et me dit toujours non

Il comprend de travers
mon adresse mon nom
Il répète à l’envers
toutes mes commissions

Bête comme un écho
qui s’embrouille parmi
le halo de ses mots
ne comprend qu’à demi

Bête comme une voix
qui résonne résonne
dans un désert tout froid
il raccroche et je sonne

Allô Allô c’est moi
qui est à l’appareil
Mais c’est un autre moi
pareil et pas pareil

Un autre me répond
un autre ou bien personne.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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POUR LES MAUVAIS JOURS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020



    

POUR LES MAUVAIS JOURS

Courage mon garçon
courage polisson

Nous battrons la semelle
et le briquet

Nous couperons la ficelle
et le sifflet

Nous tiendrons la chandelle
et le bon bout

Courage polisson
Courage mon garçon

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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PIERRE PONCE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
PIERRE PONCE

Ouvrez donc les mains
Regardez vos mains
Du sang sur vos mains
Fermez bien vos mains

On verra tout de même vos mains
on coupera sûrement vos mains
on enterrera bientôt vos mains
on n’oubliera jamais vos mains

Le destin est encore en vos mains
l’avenir est aussi en vos mains
ouvrez donc toutes grandes vos mains
vos mains propres vos propres mains

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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IL FAUT BIEN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
IL FAUT BIEN

Il faut bien donner du coeur au ventre
ce n’est pas le plus gai
mais que les enfants s’amusent
Il faut bien prendre son courage à deux mains
en mains propres
et que la jeunesse se passe
Tout est perdu fors l’honneur
l’amour et l’eau claire
Il faut bien dormir sur les deux oreilles
les poings fermés
couper les cheveux en quatre
bras et jambes
se mettre martel en tête
et dans le mille
Il faut bien vivre de l’air du temps
celui qu’on tue
crier dans le désert avec les loups
ceux qui ont faim
Faut-il donc mourir de belle mort
et aussi échapper belle
Ne rien perdre pour attendre
de pied ferme

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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LES DEUX BIEN-AIMES ET LE VALET DE LA MORT (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



LES DEUX BIEN-AIMES ET LE VALET DE LA MORT

Si tu t’occupes encore des ombres
Viens me chercher car je n’en peux plus
Fais-moi glisser comme tu veux
Car je suis changé en ombre
Et je ne peux m’arracher.
Arrache-moi sans Lui faire de mal
Tu es délicat, coupe délicatement
Et détale
Qu’Elle tombe et meure
Et que j’erre autre part.

(Pierre Morhange)

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Berceuse (Rouben Mélik)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2020




    
Berceuse

Mon enfant dort avec les fleurs
Elle a sa ville à décorer
Elle a son rêve à protéger
Prenez sa main
Elle a ses fleurs à partager

Mon enfant dort prenez sa main
Elle a pendu à un soleil
Un ruban rose et un nuage

Une enfant dort avec les fleurs
Sur l’oreiller de la misère
Elle a son rêve à découper
À petit jeu
Prenez sa main

Elle a construit au coin du feu
Une maison pour abriter
Toute la terre

Mon enfant dort avec les fleurs
Je coupe et lie à une fleur
Une autre fleur pour mon enfant
Elle a un parc à dessiner
Et sur l’étang
Une fleur prend soleil
De la mort à la vie

(Rouben Mélik)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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