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Posts Tagged ‘couple’

Que c’est triste Venise (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Que c’est triste Venise

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
On cherche encore des mots
Mais l’ennui les emporte
On voudrait bien pleurer
Mais on ne le peut plus

Que c’est triste Venise
Lorsque les barcaroles
Ne viennent souligner que les silences creux
Et que le coeur se serre
En voyant les gondoles
Abriter le bonheur des couples amoureux

Que c’est triste Venise
Au temps des amours mortes
Que c’est triste Venise
Quand on ne s’aime plus
Les musées, les églises
Ouvrent en vain leurs portes
Inutile beauté
Devant nos yeux déçus

Que c’est triste Venise
Le soir sur la lagune
Quand on cherche une main
Que l’on ne vous tend pas

Et que l’on ironise
Devant le clair de lune
Pour tenter d’oublier
Ce que l’on ne se dit pas

Adieu tous les pigeons
Qui nous ont fait escorte
Adieu Pont des Soupirs
Adieu rêves perdus

C’est trop triste Venise
Au temps des amours mortes
C’est trop triste Venise
Quand on ne s’aime plus

(Charles Aznavour)

 

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La Boîte aux Lettres (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



La Boîte aux Lettres

Jamais le facteur ne s’arrête
– sauf quelquefois pour un journal –
A la hauteur de ce portail
Où s’accroche une boîte aux lettres.

Or, ce matin – un samedi –
La boîte s’ouvre sur un nid,
Sur le bec jaune des petits,
Sur l’entonnoir de leur gosier;

Deux mésanges viennent d’écrire
Et c’est sur la pointe du pied
Que le vieux couple pourra lire
Les sept lettres de son courrier.

(Pierre Menanteau)


Illustration

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Ses yeux dépassent en éclat (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Rolf Armstrong
    
Ses yeux dépassent en éclat les lueurs rayonnantes

Qui dorent l’ondée passagère ,
Qui étincellent sur les ruisseaux de cristal,

Et réjouissent chaque fleur rafraîchie.

Ses lèvres sont plus brillantes que les cerises,

Elles ont reçu une teinte plus riche;
Elles charment notre vue émerveillée

Et donnent la tentation d’y poser les nôtres :
Son sourire est comme le soir paisible

Quand les couples ailés font l’amour,
Et que les petits agneaux, folâtres et sauvages,

S’ébattent en bandes joueuses.

(Robert Burns)

 

 

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Suspension (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Suspension

La parole mène à la main
premier chemin du corps
qui bien vite
ramène tout aux lèvres

Pour une vie pour une nuit
dans la zone grise du non-dit
dans les énigmes des couples
une histoire sans mot
se vit en secret
et retourne au silence
comme la vie de tant de gens

En guise de revanche
inventer un lieu
sans distance
sans espace
et sans temps
dans l’épaisseur des mots
et celle des secrets

(Bernard Pozier)


Illustration: Will Cotton

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LE LAC (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



LE LAC

Remémore, mon coeur, devant l’onde qui fuit
De ce lac solennel, sous l’or de la vesprée,
Ce couple malheureux dont la barque éplorée
Y vint sombrer avec leur amour, une nuit.

Comme tout alentour se tourmente et sanglote !
Le vent verse les pleurs des astres aux roseaux,
Le lys s’y mire ainsi que l’azur plein d’oiseaux,
Comme pour y chercher une image qui flotte.

Mais rien n’en a surgi depuis le soir fatal
Où les amants sont morts enlaçant leurs deux vies,
Et les eaux en silence aux grêves d’or suivies
Disent qu’ils dorment bien sous leur calme cristal.

Ainsi la vie humaine est un grand lac qui dort
Plein sous le masque froid des ondes déployées,
De blonds rêves déçus, d’illusions noyées,
Où l’Espoir vainement mire ses astres d’or.

(Emile Nelligan)


Illustration

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Traverser le vide? (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Traverser le vide?

Innocent,
Tu veux rire!

Tu as dit déjà
Qu’il est toujours partout.

Simplement,
Tu as parfois le sentiment

Qu’il est lui-même
Affecté de vacance,
Ici ou là.

Et c’est sans doute
Quand véritablement

Vous formez un couple
A l’unisson.

(Guillevic)


Illustration: Jérôme Guilbot

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Du mystère qui gît dans la terre et la mer (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



Du mystère qui gît dans la terre et la mer
Et qui plane à travers les espaces des airs.
La caresse des voix, le contact des regards,
Les doigts entremêlés dans un tremblant échange,
La chaleur de deux corps qui se font un rempart,
Qui montent l’un vers l’autre hors des tombes de fange,
Qui s’enlacent, cherchant parmi leur nudité
En deux êtres fondus l’impossible unité,
Voilà tout ce qui reste aux tristes voyageurs,
Au couple que n’a pas rompu l’ange vengeur.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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Sur le jeune rivage (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
sur le jeune rivage,
un couple d’hirondelles
réinvente l’amour.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Serait-ce donc cela… (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Serait-ce donc cela…

Serait-ce donc cela la fleur de l’amitié
Le geste de douceur la larme sur la joue
Et puis cette tendresse infinie et donnée
Par delà ces chemins qui nous mènent vers où

Nous avons commencé de nous mettre en voyage
Vers l’autre que l’on aime ainsi que frère ou sœur
Ô ces conversations et le doux babillage
Où la voix des amis nous offre le bonheur

Indicible et suave en ses ravissements
Serait-il donc possible de croire en l’amour
En déployant une aile altière et tout grand

Étendue au-dessus des heures et des jours
Lesquels ressembleraient au rythme des amants
S’accompagnant en couple avec un pas si lent

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Ici-bas (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Ici-bas

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours…

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours…

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours…

(René-François Sully Prudhomme)

 Illustration: Jean-Marie Manson

 

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