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Posts Tagged ‘coupole’

Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut,
J’accompagnerai mon mari chez sa belle
Puis je coucherai mon enfant,
Content, fatigué.

Et de nouveau, dans la chambre glacée
Je prierai la Mère de Dieu…
Dur, dur de vivre recluse,
Plus dur encore d’être gaie.

Si seulement rêvait en moi le rêve de feu :
J’entrerais dans l’église haute,
En pierre blanche, à cinq coupoles,
Par les sentiers dont j’ai mémoire.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Serre chaude (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Alexandre Trauner   serre

Serre chaude

O serre au milieu des forêts !
Et vos portes à jamais closes !
Et tout ce qu’il y a sous votre coupole !
Et sous mon âme en vos analogies !

Les pensées d’une princesse qui a faim,
L’ennui d’un matelot dans le désert,
Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables.
Allez aux angles les plus tièdes !
On dirait une femme évanouie un jour de moisson;
Il y a des postillons dans la cour de l’hospice;
Au loin, passe un chasseur d’élans, devenu infirmier.

Examinez au clair de lune !
(Oh rien n’y est à sa place !)
On dirait une folle devant les juges,
Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal,
Des oiseaux de nuit sur des lys,
Un glas vers midi,
(Là-bas sous ces cloches !)
Une étape de malades dans la prairie,
Une odeur d’éther un jour de soleil.

Mon Dieu ! Mon Dieu ! quand aurons-nous la pluie,
Et la neige et le vent dans la serre !

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Alexandre Trauner

 

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Me revoici parmi les miens (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



 


    
Me revoici parmi les miens,
ô mon pays tendre et pensif !
Le gros temps derrière le mont
de son gant de neige me fait signe.

La grisaille du jour maussade
va s’échevelant, et passe ;
la mélancolie du soir,
poignante, me saisit.

Sur les coupoles des églises
l’ombre gagne peu à peu.
Compagnons des plaisirs et jeux,
jamais nous ne nous reverrons !

Les années ont sombré dans l’oubli,
et qui sait où vous vous en êtes allés ?
Seule l’eau comme naguère
murmure encore sous le moulin ailé.

Que de fois dans la nuit obscure
au tintement de roseaux brisés
n’ai-je prié la terre encore fumante
pour ceux, qui ne reviendront plus.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Avant Carthage (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



 

Illustration: Marie Dominique Garnier Bossy
    
Avant Carthage

Brumes enchanteresses
laissez monter en moi le souvenir
des antiques cités

Le soleil comme un oeil brillant accroche
les brumes épaisses
déchirant la toile de l’oubli

Je vois une coupole d’or
et la silhouette au crayon bleu des toits de la ville
un port rond comme un oeuf relié à la mer
d’où s’échappent des bateaux longs

Inondant l’azur frère de l’eau
la lumière est si forte
qu’elle en brûle d’une flamme blanche
ma pauvre mémoire

Je sais pour sûr que c’est une ville
aux rues fraîches et tortueuses
mère de nos médinas

C’est pourquoi comme une pauvresse
je reste à son seuil de lignes peintes
attendant qu’elle rouvre ses portes

Brumes enchanteresses
laissez monter en moi le souvenir
des antiques cités

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je me souviens des longs tourments (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration: Evaristo
    
Je me souviens des longs tourments :
La nuit se mourait aux fenêtres;
Elle se tordait les bras, son image
Luisait dans les rayons du jour.

Cette vie, fuyant, inutile,
Blessait, brûlait et humiliait:
Et tel un spectre se dressant,
Le jour profilait les coupoles;

Sous la fenêtre, plus pressant
Se faisait le pas des passants;
Et, dans l’eau grisâtre des flaques,
La pluie faisait des ronds.

Le matin n’en finissait pas…
La question vaine taraudait,
Et rien n’a résolu l’averse
De larmes folles du printemps.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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D’un seul cœur au creux du silence (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

D’un seul cœur au creux du silence,
Dans les mêmes rayons, entre les mêmes murs,
Nous avons saisi les vagues du soleil
Là-haut, sous les coupoles sombres

(Alexandre Blok)

Découvert chez Lara ici

Illustration: David Hockney

 

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VERS DE LA BELLE DAME (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
VERS DE LA BELLE DAME
(1901-1902)

Préambule

Tout repos est vain. Le chemin est ardu.
Le soir est splendeur. Je frappe au portail.

Inflexible et sourde à mes coups répétés,
Tu répands des perles tout autour de toi.

La maison est haute, et le soir s’est figé.
L’énigme rouge sur le seuil s’est couchée.

Qui au crépuscule incendie les maisons,
Des mains de la Princesse Elle-Même élevées?

Chaque feston de bois ouvragé
Jette vers toi une flamme vermeille.

La coupole s’élance dans l’azur infini.
Les fenêtres bleues ont du rouge à leurs joues.

Dans tous les clochers, les cloches bourdonnent.
De printemps éternel ta robe est baignée.

Est-ce toi qui m’attends chaque soir au couchant?
Qui a mis le feu? Et ouvert le portail?

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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LA FLEUR DE LIS (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017




LA FLEUR DE LIS

Pétales cristallins,
coupole de lumière,
limpidité voilée,
tamisée au fil fin
— et tenue par le vent
dont frissonne la main :
au seuil du soir
la fleur de lis
en rose incandescence
éclaire le jardin.

(Christiane Barrillon)

Illustration

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La rose (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



La rose

La douceur a le nom d’une fleur —

Des jardins sphériques frissonnent
arrêtés au-dessus de la terre
un soupir détourne la tête
le visage du vent à la palissade
l’herbe se déploie bien bas
temps d’attente
sa venue éteindra les parfums
sa venue ouvrira les couleurs

les arbres font une coupole
de verte tranquillité
la rose t’appelle et se languit
de toi un papillon arraché
se déchire fil après fil
passe instant après instant
larve verte écarte
ton bouton

la douceur a le nom d’une rose —

une explosion:
surgissent de l’intérieur
des porte-étendard de pourpre

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Evgeni Gordiets

 

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Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




Parfois Dieu déforme l’homme dans son sommeil ;
l’œil est immense sur le front comme une coupole transparente,
son corps grandit comme un arbre prodigieux, des ailes battent sur son dos
mais le matin toute la terre semble un lit d’herbes dérangées.

(Jean Cayrol)

Illustration: Simon Cook

 

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