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Poésie

Posts Tagged ‘cour’

Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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TOMBES DE SOLDATS (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TOMBES DE SOLDATS

Près des tombes vertes de lierre
Des soldats tués à la guerre,
Des enfants jouent au cimetière.

Des enfants aux sabres de bois
Jouent naïvement aux soldats
Et font les morts couchés en tas.

Sans un regard pour ces guerriers,
Des moutons broutent dans le pré
Comme toujours ils ont brouté.

L’heure sonne, lente à la tour.
Un chien aboie dans une cour.
Un paysan, au loin, laboure.

(Maurice Carême)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

 

 

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La Vieille Lise (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2022




    

La Vieille Lise

Quelquefois, le soir, quand on est assis
et qu’il commence à faire nuit,
la vieille Lise
se met à parler du temps passé.

Elle dit:
« On était plus heureux qu’aujourd’hui,
pour sûr, on ne sait pas pourquoi;
on travaillait peut-être davantage,
mais on savait mieux s’amuser;
ça vient des temps qui sont changés,
ce qui est passé est passé. »

Elle reste un moment sans parler,
tout le monde fait silence.

« Quand la moisson était finie,
tard vers la nuit tombante on rentrait;
les filles étaient perchées au fin haut du char,
les hommes suivaient,
on chantait
toutes les chansons qu’on savait.
On avait fait un vrai repas de noces;
il y avait du rôti, du poulet,
les gens étaient assis jusque sur le pas de la porte.
Et encore que le vin n’était pas ménagé
et pour rire, on sait rire, et, quand on a mangé,
ah! ces histoires qu’on se raconte !
Les vieux d’autrefois aimaient à parler.
La jeunesse dans la cour
brûlait la dernière gerbe.
On faisait un grand feu et on dansait autour.

Même qu’une fois pour rire
ils m’ont pris mon chapeau,
ils l’ont mis dans le feu.
C’était un chapeau tout neuf,
tout garni de grands rubans roses.
Et, comme j’avais l’air fâchée:
« Ne vous fâchez pas, ça porte bonheur. »
Et la ronde était commencée,
et 1a ronde tournait plus fort
pendant que mon chapeau brûlait. »

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Ô premiers jours de printemps (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2022




    
Ô premiers jours de printemps
jouant dans la cour d’école
entre deux classes de vent!

(Philippe Jaccottet)

Recueil: L’encre serait de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’enfant joue dans la cour (Yves Bergeret)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2021




L’enfant joue dans la cour,
au son des cris les murs s’écartent
au bruit des jeux, au son des cris
s’ouvrent les fenêtres, vont les murs
et l’enfant sur le sol plie l’ordre
des deuils et des pleurs, déplie la mer,
l’écume blanche qui ruisselle entre les fenêtres
puis monte la pente sombre des murs
vers l’étage d’où nous le regardons.
Sur le front de l’enfant
prend élan
une voûte de caverne ou de palais
où résonnent les cris de la cour
et tes pas et mes pas d’hier;
puis ses cils sont nos mains dans l’écume blanche
qui ruisselle suspendue dans les airs.

(Yves Bergeret)

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Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

 

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De Haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office ;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez-moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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JE RENTRE TARD, LA NUIT, À LA MAISON (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




Illustration: Roger Vieillard
    
JE RENTRE TARD, LA NUIT, À LA MAISON

A la nuit tombée,
je rentre par le sentier
où rôdent les tigres.
La montagne est noire,
le village endormi,
la Grande Ourse
se penche vers le fleuve.
Au-dessus de ma tête
l’éclat de Vénus
illumine le ciel.
Dans la cour,
la chandelle à la main,
je fouille des yeux
les arbustes ténébreux.
De la gorge montagneuse,
monte le cri effrayé
d’un singe.
Vieillard aux cheveux blancs,
je danse et je chante,
appuyé sur ma canne
je veille toute la nuit.
Et pourquoi pas ?

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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SOLEIL COUCHANT (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOLEIL COUCHANT

Les rayons obliques du soleil
scintillent sur les perles des rideaux.
Les fleurs du printemps resplendissent sur les rives.
Un parfum enivrant.
monte des jardins,
le long du fleuve.
Sur les chalands immobiles
s’allument les feux
pour le repas du soir.
Les moineaux piailleurs
bataillent farouchement
dans les branches.
Une nuée d’insectes a envahi la cour.
Qui a inventé ce vin trouble ?
Un seul verre suffit
à dissiper mille chagrins !

(Du Fu)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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l’Hêtre (Ronald Knox)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2021




    
Il était un jeune homme qui dit
« Dieu doit trouver insolite
de penser qu’un hêtre
doit continuer d’être
quand la cour est déserte. »

Réponse:
« Monsieur, votre étonnement m’étonne,
je suis toujours dans la cour.
Et c’est pourquoi le hêtre
continuera d’être
puisqu’il est observé par Votre bien dévoué,
Dieu.

***

There was a young man who said
« God Must find it exceedingly odd
To think that the tree
Should continue to be
When there’s no one about in the quad. »

Reply:
« Dear Sir: Your astonishment’s odd;
I am always about in the quad.
And that’s why the tree
Will continue to be
Since observed by, Yours faithfully,
God.”

(Ronald Knox)

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LES MATINS SONT DES MAINS… (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



    

LES MATINS SONT DES MAINS…

Les matins sont des mains creusées comme les vagues
Des bassins d’autrefois

Nos bateaux y faisaient de fabuleux voyages
Qui ne s’achèvent pas

Les visages ouverts par les dents du soleil
Viennent entre deux eaux sourire à la poussière

Des voix sous la fenêtre épèlent une histoire
Personnages de mes féeries

Avec l’odeur de vertige du foin qu’on rentre
Dans la grange remplie de mort

Des enfants dans la cour
Miettes de poignards croisés dans les vertèbres

Alors des larmes gonflent les paupières du jour
Et les paroles s’usent
À effacer la différence.

(Georges Jean)

Les Mots du ressac, 1975

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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