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Poésie

Posts Tagged ‘courant’

Au milieu du pont (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



Parvenu à l’arche sonore,
il cessa de marcher
au milieu du pont.
Il fut tout de suite
le courant.

(René Char)

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Le courant emporte la lune (l’empereur Yang)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



La rivière de ce soir est lisse et calme,
Les fleurs du printemps s’épanouissent.
Le courant emporte la lune,
La marée ramène les étoiles.

(l’empereur Yang)

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ATTACHEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Josephine Wall
    
ATTACHEMENT

Je vis de si peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :
Même celle d’une miette pousse
Mon esprit à se lamenter.

Telle l’une des rives du ruisseau, en vain,
Je tâche de m’accrocher à ses courants,
Une par une, les vaguelettes disparaissent
En cognant contre ma poitrine,
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte :

Si, à Tes pieds, je savais soumettre
Tout ce que je perds et tout ce qui me reste,
Il n’y aurait pas d’usure, tout existerait
Magnanime en Toi.

En Toi brillent tant de soleils et de lunes,
Nul atome ni molécule ne s’y égare :
Tous mes trésors de babioles perdues
Ne trouvent-ils pas refuge à Tes pieds ?
Je vis de tellement peu qu’ainsi,
Une perte vaut une perte.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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LE COURANT INFINI (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

LE COURANT INFINI

Je le recueille en moi, à mon heure,
entre les deux rives
de mon âme et de son image infinie ;
je le recueille en moi, pur,
comme si, en lui, le temps obscur et long des hommes
n’eût jamais été que claire éternité.

***

LA CORRIENTE INFINITA

En mí la cojo yo, desde mi hora,
entre las dos orillas
de mi alma y su imajen infinita;
en mí la cojo, pura,
como si, en ella, el largo tiempo oscuro de los hombres
no hubiera sido más que clara eternidad.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Bill Viola

 

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À partir d’un certain point (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019



Illustration: Eliane Marque
    
À partir d’un certain point,
recueillir d’autres détails n’importe plus.
Toute information accable ou trouble.
Tout signe est destiné à s’invalider
dans l’inévitable rencontre
avec le signe contraire.

A partir d’un certain point,
seule compte la transposition de réalité
qui défait les signes,
rompt les sceaux arrogants
et ouvre les vannes
des courants imbriqués obscurément.

Alors toute donnée nouvelle
entrave la réalité,
divise l’énergie du fond,
affaiblit la pensée.

Une fleur ne s’actualise pas.
Personne n’a décrit une rose.
Une fleur est le poids de sa vision.

L’être est toujours
le contraire de ses données.
Ou la conflagration qui les détruit.

***

A partir de cierto punto,
no interesa recoger más detalles.
Ya toda información abruma o confunde.
El destino de todo signo es invalidarse
en el encuentro inevitable
con el signo contrario.

A partir de cierto punto,
sólo importa la transposición de realidad
que deshace los signos,
rompe los sellos prepotentes
y abre las compuertas
de los caudales oscuramente imbricados.

Entonces todo dato nuevo
traba la realidad,
divide la energía del fondo,
debilita el pensamiento.

Una flor no se actualiza.
Nadie ha descripto una rosa.
Una flor es el peso de su vision.

El ser es siempre
lo opuesto a sus datos.
O la conflagración que los destruye.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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L’exercice qui te sauve (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



    
L’exercice qui te sauve :
Te tenir comme un arbre,
Ancré dans les courants,
Consentant aux averses,
Être fleuve sans rives
Ou bien homme debout
Qui marche dans sa nuit,
Sans lieu, sans autre sol
Que le bel aujourd’hui,
Conscient que tout naufrage
Recèle des trésors,
Oublieux de ses failles,
Ne gardant que l’élan,
La clarté des passages,
Invitant chaque oiseau
À demeurer chez lui.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Si d’aventure le souffle Un jour vient à manquer (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si d’aventure le souffle
Un jour vient à manquer,
Choisis une rivière.
Peuple-la de grands arbres
Épris de vent, de lumière.

Arpente ses sentiers,
Ses sous-bois, ses halages !
Compose avec ses infinis,
Ses méandres, ses silences.
Déchiffre ses inconnus,
Cherche son nom secret,
Ne te retiens pas d’avancer.

Trouve-toi des compagnons de route,
Des passants du soleil
Qui savent s’arrêter,
Prendre leur temps,
Puis te laisser aller.

Ne compte pas tes pas,
N’arrête pas les heures,
Fais confiance aux courants,
Laisse-toi respirer.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Notre stature touche au ciel (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


michel-ange

Nous n’apprenons notre hauteur
Que lorsqu’on nous demande de nous lever
Et si nous sommes alors assez nous-mêmes
Notre stature touche au ciel –

L’Héroïsme que nous déclamons
Deviendrait courant
Si nous ne truquions pas nos Mesures
Par peur d’être Royaux –

***

We never know how high we are
Till we are asked to rise
And then if we are true to plan
Our stature touch the skies –

The Heroism we recite
Would be a normal thing
Did not ourselves the Cubits warp
For fear to be a King –

(Emily Dickinson)

Illustration: Michel-Ange

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LE VENT DU TEMPS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    

LE VENT DU TEMPS

Le temps est une tempête : les jours déferlent,
Les tombes profondes s’ouvrent d’une heure à l’autre,
Un courant balaie les rues et les maisons
Trop vite pour qu’on puisse y accoster.
Les villes font naufrage la nuit
Et nous sommes abandonnés, noyés dans cette aube vide.
Aucune terre n’est navigable, aucun oiseau visible.
Et sur les rivages, après la tempête gisent
Les débris du bonheur et de nos êtres passés,
Chambres et maisons mortes, coquillages étouffés.

***

THE WIND OF TIME

Time blows a tempest — how the days run high,
Deep graves are open between hour and hour,
A current sweeps the streets and houses by
Too fast to board them. Cities are wrecked by night
And we left drowning in Ihis empty dawn.
No land is seaworthy, no bird in sight.

And on the shores, after the tempes! lie
Fragments of past delight, and of pas! selves,
Dead rooms and houses, with the strangled shells.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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