Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘courant’

LE VENT DU TEMPS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    

LE VENT DU TEMPS

Le temps est une tempête : les jours déferlent,
Les tombes profondes s’ouvrent d’une heure à l’autre,
Un courant balaie les rues et les maisons
Trop vite pour qu’on puisse y accoster.
Les villes font naufrage la nuit
Et nous sommes abandonnés, noyés dans cette aube vide.
Aucune terre n’est navigable, aucun oiseau visible.
Et sur les rivages, après la tempête gisent
Les débris du bonheur et de nos êtres passés,
Chambres et maisons mortes, coquillages étouffés.

***

THE WIND OF TIME

Time blows a tempest — how the days run high,
Deep graves are open between hour and hour,
A current sweeps the streets and houses by
Too fast to board them. Cities are wrecked by night
And we left drowning in Ihis empty dawn.
No land is seaworthy, no bird in sight.

And on the shores, after the tempes! lie
Fragments of past delight, and of pas! selves,
Dead rooms and houses, with the strangled shells.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CHUTE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018



Illustration: Jacob-Peter Gowi
    
LA CHUTE

C’est la chute, la chute éternelle
d’eau, de pierre, d’oiseaux blessés, le coeur blessé,
la cascade de la délivrance. Les anges tombent
comme des amants de l’azur, séparés,
et meurent de cette même mort qui nous achève tous.

Tombant dix millions d’années, nous nous jetons
dans les bras accueillants du temps;
notre vol nuptial doit finir dans la mort,
délivrance toujours recommencée
tandis que le mystique acharné„ retient son souffle.

La surface aux aguets de la mer vivante
toujours intacte, offre le sourire de l’amour,
là où le sang vivant se noie dans son extase,
régi par la nature qui fait bouger les montagnes,
se croyant délivré quand il est le moins libre.

Allons-nous sombrer, sombrer ensemble dans l’abîme?
Ici, sur le pic, neige et vent nous invitent
à tomber dans leurs gouffres.
La voie est tracée, inconnaissable la fin,
la mer nous emportera là où mènent courants et marées.

***

THE FALL

It is the fall, the eternal fall of water,
of rock, of wounded birds, and the wounded heart,
Me waterfall of freedom. Angels fall
like loyers from the azure, separate,
and die by that saine death that ends us ail.

Falling ten million years, we fling ourselves
again info the inviting arms of time;
our nuptial flight must end again in death
that serves for freedom time and lime again
while the hard labouring mystic holds his breath.

The watching surface of the living sea
ever intact, :miles with the face of love,
where living blood drowns in its ecstasy,
impelled by nature that can mountains move,
feeling most freedom when it least is free.

Shall we go down, shall ive go down together?
here on the mountain top, the wind and snow
urge us to fall, and go the way they go.
The way is clear, the end we shall not know,
the sea will carry us where tides run and currents flow.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’éternelle présence (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




AMIS, qui dites
« Il faut que vous écriviez de nouveaux poèmes »,
Qu’attendez-vous de moi?
Je me suis bien éloignée
Des sources et des courants,
Les lieux sauvages
Maintenant seulement des noms
De souvenir: que reste-t-il?
Lampe, table, plume, main
Et l’éternelle présence
Uniquement et toujours la même.

***

FRIENDS, Who say
`You must write poems again’,
What do you expect of me?
I have gone far away
From the springs and the streams,
The wild places
Now only names
Of memory: what remains?
Lamp, table, pen, hand
And the ever-presence
Only and always the same.

(Kathleen Raine)

Illustration: Sheila Yackley

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Du temps jadis revenu (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




Du temps jadis revenu
Tu semblais mon moi perdu :
Quel besoin de jeux d’amants
Pour des enfants penchés sur le courant,
Tête claire contre tête dorée ?

***

From long ago returned,
As my lost self you seemed:
Of lover’s play what need
For children gazing in a stream
Bright head by golden head?

(Kathleen Raine)

Illustration: Jeffrey T. Larson

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des marées de comètes (Norge)(Georges Mogin

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Des marées de comètes
dans les filets d’un grand magnétisme
le courant de Dieu lui-même.

Les mouvements
les échanges
les forces des univers.
A chaque pas le ciel
me manque sous le pied
mais je lis les signaux de mes ravissements
ô Dieu
ô toi la seule solitude
qui ait la forme de mes joies.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Triste et solitaire (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



 

herbe flottante 5

Triste et solitaire
je suis une herbe flottante
A la racine coupée.
Si un courant m’entraîne
je crois que je le suivrai.

(Ono no Komachi)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Hautes heures de la nuit (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



    

Hautes heures de la nuit.
Je me tais sous les mots
comme le Gave coule
silencieux sous le bruit
qui reste au ras de l’eau.
La poésie dépose
ses bateaux en papier
sur le courant obscur.
Elle joue à l’écart
sans troubler l’attente
du Verbe en nos vies.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y avait rien dans la rivière (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Paul Chabas
    
Il n’y avait rien dans la rivière.
Mais dès que j’y suis entrée au bain,
elle s’est peuplée de merveilleuses choses.

J’ai vu deux rondes coupes de marbre
avec de longues longues herbes jaunes
que le courant n’agitait pas.

J’ai vu une roche blanche
et polie par l’eau pure,
et moussue d’une mousse jaune.

Et, sous la roche, il y avait une fleur.
Dès que je l’ai touchée,
l’amour est rentré en moi

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parfois nous sentons (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration: Ryszard Tyszkiewicz
    
Parfois nous sentons
que toute la pensée est un seul courant
qui pousse la roue
d’un unique moulin

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il faut explorer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
il faut explorer par une étreinte détachée du corps,
les courants sans image du total abandon

(Roberto Juarroz)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :