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Poésie

Posts Tagged ‘courbe’

Visages (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2022




    

visages
visages
visages
tant de rivages
tant d’inconnu

en exil de quelles
histoires sous la peau
à fleur de sang à
fleur de souffle

de quels paysages
de quelles musiques oubliées ?

et sur la courbe
d’une joue s’attarde
l’écho d’une
lointaine enfance

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Nous étions la marelle (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



Nous étions la marelle et la pierre et l’enfant
Le rire et les courses le livre et la courbe et la craie
La tuile le gué la rivière les sautes du vent
Aux transparentes carènes ce maigre brûlis d’herbes

Qu’un peuplier sur l’espace un doigt sur les lèvres
A jamais taise le secret dans le rouissage du jour
Perdons-le dans la neige le sable la verdeur vivons
Comme si nous ne savions rien des fumures du labour

Sur le tour des saisons monte la poterie des collines
Des taillis de la nuit les chiens ont levé le jour
Au tableau de l’école un enfant dessine le ciel
Roule une pierre
un oiseau crie
nous avons oublié.

(Max-Pol Fouchet)

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L’INSTANT CRÉÉ (Jean-Guy Pilon)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Oleg Zhivetin  
    

L’INSTANT CRÉÉ

Pose là tes mains
Comme deux silhouettes frémissantes
Qui ne trahiront pas ta mémoire
O Belle secrète

Déjà s’ébranlent tes veines
Pour apprendre le vertige
Pour poser des charnières
Aux personnages que nous incarnons

Tu as oublié ta pesanteur
Aux rives où l’on enchaîne
Les mouettes noires
Et s’ouvrent devant ton corps
Les horizons chauds du rêve
Du rêve du monde et de la vie
Fondus et confondus
Brillants à l’appel de tes yeux A
l’infini des parfums

J’ignore la croissance du miel
Le mécanisme de l’aile
Le port où l’on nous attend toi et moi
Séparément
Je ne veux reconnaître que l’appel du jour
La courbe de ta hanche
Et la frayeur de mon corps
A l’instant de l’amour

L’arbre non plus ne voit pas son destin La
pierre oubliée au fond de la rivière Espère
reconnaître chaque courant A mon
passage

Donne-moi tes mains
O Belle secrète
Cette nuit ta mémoire éclatera

(Jean-Guy Pilon)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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MIROIRS (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2022



 

MIROIRS

Silence et retenue
Dans chacun de ses yeux
Sont le vivant miroir
Par quoi je la vois nue.

Dans ce lointain si près
De mon regard fait âme
Les cercles se rejoignent
Où son corps trait par trait

Se dessine avec ses courbes
Successives, ses points
D’orgue et cette résonance double
Des grands accords atteints.

(Franz Hellens)

Illustration: Paul Delvaux

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La guerre à peine entendue dans la voix (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



La guerre à peine entendue dans la voix et d’autres
paroles qui n’étaient rien reviennent

Ecoute qui entend et n’entend pas d’autres paroles qui
n’étaient rien

La bouche qui remue dans sa toile et dénonce à peine
entendue la guerre ou se tait.

Et les arbres de moins en moins autour de nous
qui commencions des journées

dont personne ne parlait
Tout ce qui est touché s’entend plier

et verse à la question
la vieille répétition du travail accroché à la terre

La question est alors
qui parle à se parler.

Parlait disait si nous parlions parle reviens le dos
courbé pendant que tout tombe ; est-ce loin, loin attendant son heure ?

Disait dormait son mois de cendre, solitudes, bêlements
qu’on va souffler.

Disait, disait si le temps si la terre ici ou rien, le large
et le long parlant dans l’ombre avancée où l’on parle
et dit ce n’est rien.

0n disait c’était bien ma voix
couchée à l’image des phrases
elle me désignait
parlant sans me voir
avec des taches qui se fixaient en touchant terre
c’était l’alignement obstiné où la bouche est absente

Face contre face
je devais passer par elle régulièrement
obligé d’apparaître ou de disparaître
les yeux ouverts.

(Georges Drano)

Illustration: Erich Heckel

 

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On glisse dans la paix (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2021



 

Dai Ping Jun 3

On glisse dans la paix d’une chambre aussi bien
Que dans l’eau d’un étang, toutes deux sont sans fond.
Passé, futur, quel vent te prend soudain
Par les cheveux, te force à t’enfoncer plus loin ?
L’ombre du souvenir est un ciel étoilé
Reflété dans l’abîme. Attends au fond de l’eau
Que le matin revienne et comme le chasseur
D’un conte merveilleux prends ton arc à deux courbes.
Arrête avec ta flèche un rêve que le ciel
Du matin trop étroit ne pourrait contenir.

(Franz Hellens)

Illustration: Dai Ping Jun

 

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L’ arbre à poèmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021



L’ arbre à poèmes

-Sors de ce vieux bourbier à poésie, poète !
de sa vase gluante aux crapauds endormis.
Soulève-toi d’horreur, mais non plus
à demi, couverts de lieux communs épais,
d’images blettes.

Jarrets gonflés par ton effort, soulève-toi
des eaux croupies du Rêve. -Oui, c’est
fait. Mais pourquoi, resté-je ainsi courbé,
vaincu par mon effort ! Un peuple de
sylvains me nargue sur ces bords ?…

A leurs cris je me dresse en piétinant
d’orgueil. Que fais-je là ? Je prends
racine, je m’enfeuille, et j’entends rire
Pan au cœur de ma feuillée… Je suis
un arbre à poèmes : un poémier.

(Paul Fort)

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CHANSON DES GIFLES DU VENT (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2021



CHANSON DES GIFLES DU VENT

Combien de fois, depuis mes jeunes ans, combien de fois m’aura giflé le vent!
Au temps de ma jeunesse, c’était gifle en caresse,
au temps de mes vingt ans, comme gifle un serment,
au temps de mes trente ans, comme gifle entre amants,
quand j’eus pris l’air penché, gifle au pédant fâché,
voyez ce dos courbé, gifle au gaga-bébé,
au temps (par tous les temps gifle la faux du Temps)
au temps où Mort vous griffe, soudain la Gifle-Gifle,
la mer, en ouragan, et celle que j’attends.
– Combien de fois, depuis mes jeunes ans, combien de fois m’aura giflé le vent.

(Paul Fort)

 

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Lorsqu’un ramier s’envole (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2021



 

pigeon branche_ [1280x768]

Lorsqu’un ramier s’envole on voit la branche
Qui se redresse et quelque temps encore
Reprend sa courbe sans pouvoir
Se résoudre à quitter ce contour qui ressemble
A la courbe éternelle d’une hanche.

(Franz Hellens)

Illustration

 

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INVENTAIRE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

Carl Vilhelm Holsoe Asleep

INVENTAIRE

Aux quatre coins de moi-même,
mélancoliquement je cherche
tout ce qui me manque à l’appel!

Où, mon fluide pas
qui feuilletait pour moi les horizons
ainsi que les pages d’un livre
d’images merveilleuses ?
Où, ma main qui serrait les jours
comme un jeu coloré de cartes
dont je pouvais tirer même la bonne ?
Quel miroir me rendra
la courbe exacte du sourire ?
Quelle plume saura traduire
les cadences de quels vers ?

Veuf de tout ce qui fut,
amputé de ce qui pouvait être
et désormais ne sera plus sur cette terre,
qu’attendre donc, qu’attendre
sinon, dans la roche creusée,
le bref horizon d’une bière ?

Pourtant — grâce très grande! — il reste
le coeur : il est plein de toi :
les yeux, les joues, les lèvres, les cheveux
et la voix grave et le sourire
et cette main qui me caresse
et te transfuse peu à peu
dans mes fibres les plus secrètes,
et ton pas qui est le mien.
Puisque tu es en moi,
puisque tu es moi.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Carl Vilhelm Holsoe

 

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