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LES VEINES DU TEMPS (Maria Mistrioti)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Georgis Mistriotis
    
LES VEINES DU TEMPS

Parfois je pense
que les trains de nuit ne sont jamais passés
ces trains qui négligeaient les petites villes
les signaux désespérés
des veilleurs de nuit aux dos courbés.
Je pense
que jamais nous n’avons voyagé ensemble
de l’Ionie vers Croton, vers Tarente.
De l’autre côté de la destruction de paysages de rêve,
de l’autre côté des couleurs plastique
de l’autre côté des sentiers brisés
je t’attends.

(Maria Mistrioti)

 

Recueil: Ithaca 593
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions: POINTS

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La coupe vibre et chante (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



la coupe vibre et chante en son bord
au tourbillon des mouettes nocturnes
c’est à pleine gorge vaste cuisse
que l’océan accueille en sa courbe

(Bernard Manciet)


Illustration: Patrice Rivoallan

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Les gardiens (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



Que sagement le rectangle
gouverne nos villes
et nos vies

qu’il protège nos songes
des cercles où s’égare
le ciel

aux courbes appartiennent
nos épouses et c’est bien

dehors les gardiens
du gel pur de nos pensées

arpentent aveuglés
les terrasses de nos sens

(Werner Lambersy)


Illustration

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Seul le désir est resté jeune (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



 

Seul le désir est resté jeune
Sans réfléchir
Ni au comment ni au pourquoi

Mais il descend de plus en plus
Dans la mine
Du corps où épuiser à coups de
Pic le filon d’anthracite

Dont la salamandre des chairs
A tant besoin

Comme aux confins
De l’espace ces constellations
Dont nous n’avons plus
Que la lumière froide

Et la courbe pure de l’horizon

(Werner Lambersy)

Illustration: Dina Goldstein

 

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Seul le désir est resté jeune (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Seul le désir est resté jeune
Sans réfléchir
Ni au comment ni au pourquoi

Mais il descend de plus en plus
Dans la mine
Du corps où épuiser à coups de
Pic le filon d’anthracite

Dont la salamandre des chairs
A tant besoin

Comme aux confins
De l’espace ces constellations
Dont nous n’avons plus
Que la lumière froide

Et la courbe pure de l’horizon

(Werner Lambersy)

Illustration: Claude Verlinde

 

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COORDONNÉES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



Odd Nerdrum_m

COORDONNÉES

Nous nous rechercherons
Jusqu’à la fin du monde
Las de n’avoir jamais été
Au bon moment
Sur le quai qu’il fallait
Et d’avoir parcouru
Les villes de la terre
Et les saisons de l’homme
Mais nous avons forcé
Les yeux à regarder
Et l’esprit à se tendre
Par acquit de conscience
Car nous savons très bien
Que rien ne sert de rien
Une fois établie
La courbe de nos vies
Si désespérément
Parallèles.

(Gilles Vigneault)

Illustration: Odd Nerdrum

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QUAND (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



QUAND

Quand peu avant midi
Le soleil est sur la prairie,

Que la chaleur,
Disent les pâquerettes, est bonne
Au niveau de la fleur
Au niveau des racines,

Que le pré est ouvert
A des champs, des landes,
Des chemins, du ciel,

Qu’il y a :
C’est un chant comme c’est du silence,

Que toutes les choses
Ont le temps de se regarder,

Le brin d’herbe
A les dimensions du monde.

II
Quand beaucoup de choses
Au soleil s’acceptent,

Quand on n’a pas envie
De quitter le pré, le talus,

Quand on se sent de connivence
Avec tous les verts,

Avec la barrière et plus loin
Les toits du hameau,

On peut être tenté de se dire
Que la sphère est partout
En train de s’accomplir.

III
Quand la plage vers le soir
Est de la couleur de la mer,

Que la mer
N’est que le prolongement de la plage,

Quand il n’y a de sûr
Que ce gris qui n’est même pas gris,

Ce plan horizontal et, au-dessus de lui,
Le vague hémisphère translucide,

Il faut sortir
De cette espèce d’éternité.

IV
Quand on torture quelque part
Un corps qui ne peut pas
Crier plus fort que lui,

Rien ne le dit.
Le sol

Est comme un autre jour,
L’air aussi, les feuillages,
Les courbes, les couleurs
Et l’aboiement d’un chien
Aux confins de la Beauce.

Mais il est vrai
Que l’on torture tous les jours
Depuis toujours,

Que l’habitude est prise,
Que c’est enregistré
Sans grandes variations.

(Eugène Guillevic)

 

 

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VAGUE EST LE PONT (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2020



Phyllis Mae Richardson Fisher  covered-bridge-phyllis-mae-richardson-fisher

 

VAGUE EST LE PONT

Vague est le pont qui passe à demain de naguère
Et du milieu de l’âge on est des deux côtés
Le mur ne fait pas l’ombre et n’est pas la lumière
Qu’on appelait l’hiver qu’on nommera l’été

Il n’est pierre de moi qui dorme quand tu danses
Chacune est une oreille et chacune te voit
Ton immobilité me tient lieu de silence
Et chacun de tes mots tombe à l’envers de moi

Je dis à mots petits de grands espaces d’âge
Qui font en leur milieu croire qu’il est midi
J’ai peur d’être le pont qui prend pour son voyage
Le voyage de l’eau entre ses bras surpris

Il va neiger tantôt d’une neige si calme
Sur des rives de moi où j’hésite à courir
Que je m’attache à tout ce qui me semble halte
Sur la courbe attelée aux chevaux de mourir

(Gilles Vigneault)

Illustration: Phyllis Mae Richardson Fisher

 

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VOL D’OISEAU DANS LA MATINEE (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Pic-vert

VOL D’OISEAU DANS LA MATINEE

La courbe que trace en l’air
La navette du pivert
D’arbre en arbre semble tendre
Des guirlandes d’azur tendre.

(Francis Jammes)

Illustration

 

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Comme nous elles naissent opaques (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020



Comme nous
elles naissent opaques
et d’un matériau commun
pour arriver parfois au diamant
et taillées par un art amoureux
retrouver les éclats
d’une étoile
dont nous sommes restés
les
orphelins obscurs et douloureux

Comme nous
elles sont constituées surtout
de vide
et dorment d’un sommeil animal
autant que végétal
mais sans doute moins inquiet
et plus profond

Comme nous
elles possèdent des membres
des poumons et des paupières
quelles agitent moins souvent
moins brutalement
et avec une extrême discrétion

Elles se parfument
mais d’essences plus subtiles
où entrent des rappels d’alambics
immémoriaux et soufrés

Elles aiment les caresses
et s’usent volontiers
vers des courbes et des rondeurs
familières de nuques et de hanches

Elles se montrent gourmandes
mais d’épices
dont les ardeurs montent plus haut
plus loin dans les vertiges
de la durée
et les sargasses cosmiques
de la création
dans les frayères glauques
des premières vapeurs
des gésines gazeuses du néant

(Werner Lambersy)

Illustration

 

 

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