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Poésie

Posts Tagged ‘couronner’

Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Fete-mamans [800x600]

Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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L’AMOUR, AU SOIR, INSPIRE LE РOÈTE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



    

L’AMOUR, AU SOIR, INSPIRE LE РOÈTE

Au coeur de la forêt se taisent les corneilles;
Mon âme a délaissé ses plus sombres soucis,
La lune vierge envoie ses baisers indécis,
Ses caresses vermeilles,
Aux branches que couronne un millier de bourgeons.
Sur ce nouvel amour glisse ton blanc visage,
Tout se tait : prés, bois, ciel. Aucun bruit. Nul orage.

Et se taisent aussi les plus fières chansons.
Mais finiront un jour ces exquises merveilles,
Ce miracle éternel. Par de nouveaux soucis
Les coeurs seront transis.
As seront pris d’assaut comme le sont les treilles
Que la corneille coiffe. Et la lune en déclin
Mon rêve entraînera. Le combat sera triste.

Et sur ce point, j’insiste :
Il sera, je le sais, décidément mesquin.
Je suis Dieu, infime clochard. J’attends la brune…
Pour créer de mes mains une nouvelle lune.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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S’éprendre d’une inconnue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Illustration
    
S’éprendre d’une inconnue
et n’être plus que son étonnement.

Dormir avec les parasols.
La mort, c’est la lune,
ce n’est pas autre chose qu’une torche éteinte,
le dernier souffle brûlé vif.

Mais jamais nous ne fûmes si près de nous connaître,
bien que nous n’ayons pu nous consulter.

Jamais nous ne fûmes si enclins à disparaître.
Fantômes, vos noms, gravés sur la pierre du mythe,
bourdonnent, ruche punie.

Nous fûmes deux à compter l’échec.
L’étrangère couronnée d’algues
et puis aussi le sable.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Entre nos deux absences (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018




    
Entre nos deux
absences
il y a le vent
et lе sable
La plage est un profil
de noyé
couronné de coquillages
L’onde y libère
la parole
et le vent le regard

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANS LA FRONDAISON ROUGE OÙ CHANTENT LES GUITARES (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

DANS LA FRONDAISON ROUGE OÙ CHANTENT LES GUITARES

Dans la frondaison rouge où chantent les guitares,
La jaune chevelure au vent des jeunes filles
Couronne la clôture où sont les tournesols.
Une charrette d’or traverse les nuages.

Dans la paix des ombres brunes, des vieillards
Se taisent et niaisement s’étreignent.
Le chant des orphelins, si doux, célèbre vêpres.
Dans de jaunes vapeurs bourdonnent les mouches.

Les lavandières au ruisseau lavent encore.
Les linges étendus ondulent.
La fille qui longtemps me plut
Revient à travers les affres du soir.

Du haut du ciel tiède, des moineaux tombent
Dans des trous verts pleins de pourri.
Aux sens de l’affamé, mirage qui guérit,
Monte un parfum de pain et d’épices amères.

(Georg Trakl)

Illustration: Maurice Denis

 

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A vivre ta vie d’arbre (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
à Claude-Henri et Annik Rocquet

A vivre
Ta vie d’arbre
Son combat
Dans l’obscur des racines
Et dans l’élan solaire
— l’humble agenouillement
et le front couronné —
Tu nous rappelles
Qui nous sommes

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Salut printemps (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Salut printemps

la montagne est en feu
le matin l’incendie
et le plus haut sommet
un sapin le couronne

et debout sur la cime
je regarde le monde
ô monde tout fleuri
sous les fleurs je te vois

***

Frühlingsgruß

Es steht ein Berg in Feuer,
In feurigem Morgenbrand,
Und auf des Berges Spitze
Ein Tannbaum überm Land.

Und auf dem höchsten Wipfel
steh ich und schau vom Baum,
O Welt, du schöne Welt, du,
Man sieht dich vor Blüten kaum !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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PROGRAMME MATINAL (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Françoise Naudet
    
PROGRAMME MATINAL

Heures claires du lever du Soleil
auxquelles mille trompettes d’or
annoncent le divin réveil !
Salut à toi, Orbe céleste et sonore !

Dans l’angoisse de l’ignorance
de l’avenir, sachons recevoir
la barque chargée de fragrances
dont les rames sont d’ivoire.

Épicuriens ou bien rêveurs,
aimons la Vie triomphante,
toujours couronnés de fleurs,
la torche toujours flamboyante !

Puissions-nous extraire des raisins
de notre existence transitoire
les plaisirs qui animent nos destins
et les champagnes de la gloire.

Dévidons les fils d’Amour,
faisons le Bien — il est amène,
dormons ensuite sans détour,
pour toujours, à jamais. Amen.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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La fontaine (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
La fontaine

Dans la pâleur de l’air se dresse mon désir,
Fraîche rumeur sans repos sur un fond de verdure,
Telle une svelte colonne tronquée dont la grâce
Couronne le calme déjà céleste des eaux.

Bananiers et châtaigniers bordent de lisses avenues
Et emportent tout au loin mon soupir diaphane,
De chemins lumineux en nuages légers,
Du vol ralenti des colombes grises.

Au pied des statues vaincues par le temps,
Alors que je copie leur pierre dont le charme a figé
Ma tremblante sculpture de ces instants liquides,
Unique entre les choses, je meurs et toujours renais.

Ce jaillissement sans fin vient de la lointaine
Cime où tombèrent les dieux, des siècles
Passés, et son accent de paix baigne encore la vie
Qui dore faiblement le bleu de ma fougue glacée.

En moi flottent au vent les traces apaisées
De vieilles passions, de gloires et de deuils d’antan,
Ils demeurent, dans l’ombre naissante du soir,
Mystérieux face à la vaine rumeur de l’éphémère.

La magie de l’eau fige les instants :
Je suis le divin secours de la peine des hommes,
L’image de qui fuit la lumière pour l’ombre,
Le trouble de la mort devenu mélodie.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Les nuages
Traduction: Anthony Bellanger
Editions: Fata Morgana

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Il n’y a pas d’autre manière (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



Illustration: Brigitte Perrault
    
Il n’y a pas d’autre manière d’approcher
de ta bouche : tant de soleils et de mers
brûlent pour que tu ne sois pas de neige :
corps

ancré dans l’été : les oiseaux de mer
couronnent ton visage
de leur vol : musique inachevée
que les doigts délivrent :

lumière répandue sur le dos et les hanches,
encore plus douce au creux des reins :
pour te porter à ma bouche, tant de mers
ont brûlé, tant de navires.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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