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Posts Tagged ‘couronner’

Il n’y a pas d’autre manière (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



Illustration: Brigitte Perrault
    
Il n’y a pas d’autre manière d’approcher
de ta bouche : tant de soleils et de mers
brûlent pour que tu ne sois pas de neige :
corps

ancré dans l’été : les oiseaux de mer
couronnent ton visage
de leur vol : musique inachevée
que les doigts délivrent :

lumière répandue sur le dos et les hanches,
encore plus douce au creux des reins :
pour te porter à ma bouche, tant de mers
ont brûlé, tant de navires.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas d’autre manière d’approcher de ta bouche (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



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Il n’y a pas d’autre manière d’approcher
de ta bouche : tant de soleils et de mers
brûlent pour que tu ne sois pas de neige :
corps

ancré dans l’été : les oiseaux de mer
couronnent ton visage
de leur vol : musique inachevée
que les doigts délivrent :

lumière répandue sur le dos et les hanches,
encore plus douce au creux des reins :
pour te porter à ma bouche, tant de mers
ont brûlé, tant de navires.

(Eugénio de Andrade)

Illustration

 

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Dès que l’aube verdit (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



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Dès que l’aube verdit sous une ardente sève,
Au fond des bois épais je m’assieds et je rêve,

Dans l’ombre enseveli.
Je me dis : « A quoi bon la vengeance et la haine ?
Débris des jours passés, refleurissez sans peine,
Couronnez-vous d’oubli ! »

(Hippolyte Lucas)

 

 

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Si tu ne parles pas j’emplirai mon coeur de ton silence (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016



 

Si tu ne parles pas
j’emplirai mon coeur de ton silence,
acceptant ta rigueur.

O Seigneur de ma vie,
me trouverai-je devant Toi face à face?

Vie de ma vie,
j’essaierai de garder toujours mon corps pur.

Désormais je n’aurai plus nulle crainte en ce monde…
Tu m’as laissé la mort pour compagne,
je la couronnerai de ma vie.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Mejdaben

 

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Le Lis (I) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016



Splendide honneur de Mai, j’aime le Lis royal!
Sa tige est haute afin que rien ne le salisse;
Il s’exhale, la nuit, de son large calice,
Comme d’un encensoir, un parfum virginal.

Lorsque sur la nature a souri Floréal,
Il ouvre au bord des eaux sa robe blanche et lisse;
Malheur au criocère imprudent qui s’y glisse!
Il meurt, ivre d’amour. O fleur de l’Idéal!

O lis immaculé! Couronnant ta corolle,
Tes pistils d’or te font une fière auréole,
Et l’honneur pour emblème a choisi ta blancheur.

Dieu t’aimait, car il fit la Vierge à ton image,
Et mit sur la beauté de son jeune visage
Ta pudique noblesse et ta pâle fraîcheur.

(José-Maria de Heredia)

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Le Phénix (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Le Phénix

Je suis le dernier sur ta route
Le dernier printemps la dernière neige
Le dernier combat pour ne pas mourir

Et nous voici plus bas et plus haut que jamais.

Il y a de tout dans notre bûcher
Des pommes de pin des sarments
Mais aussi des fleurs plus fortes que l’eau

De la boue et de la rosée,

La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne
A nos pieds des insectes des oiseaux des hommes
Vont s’envoler

Ceux qui volent vont se poser.

Le ciel est clair la terre est sombre
Mais la fumée s’en va au ciel
La ciel a perdu tous ces feux.

La flamme est restée sur la terre

La flamme est la nuée du cour
Et toutes les branches du sang
Elle chante notre air

Elle dissipe la buée de notre hiver.

Nocturne et en horreur a flambé le chagrin
Les cendres ont fleuri en joie et en beauté
Nous tournons toujours le dos au couchant

Tout a la couleur de l’aurore.

(Paul Eluard)

 

 

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Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



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Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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La cueillette (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2016



 

La cueillette

Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,
Roses pâles d’amour qui couronnent ta tête,
S’effeuillent chaque été ?

Leurs tiges vont plier au grand vent qui s’élève.
Des pétales de rose ont chu dans le chemin.
Ô Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêve
Se faneront demain !

Mets-les dans une coupe et toutes portes doses,
Alanguis et cruels, songeant aux jours défunts,
Nous verrons l’agonie amoureuse des roses
Aux râles de parfums.

Le grand jardin est défleuri, mon égoïste,
Les papillons de jour vers d’autres fleurs ont fui,
Et seuls dorénavant viendront au jardin triste
Les papillons de nuit.

Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.
Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.
Belle, sanglote un peu… Chaque fleur qui se fane,
C’est un amour qui meurt !

(Guillaume Apollinaire)

Illustration

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SONNET D’OARISTYS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2016



SONNET D’OARISTYS

Tu me fis d’imprévus et fantasques aveux
Un soir que tu t’étais royalement parée,
Haut coiffée, et ruban ponceau dans tes cheveux
Qui couronnaient ton front de leur flamme dorée.

Tu m’avais dit  » je suis à toi si tu me veux  » ;
Et, frémissante, à mes baisers tu t’es livrée.
Sur ta gorge glacée et sur tes flancs nerveux
Les frissons de Vénus perlaient ta peau nacrée.

L’odeur de tes cheveux, la blancheur de tes dents,
Tes souples soubresauts et tes soupirs grondants,
Tes baisers inquiets de lionne joueuse

M’ont, à la fois, donné la peur et le désir
De voir finir, après l’éblouissant plaisir,
Par l’éternelle mort, la nuit tumultueuse.

(Charles Cros)

Illustration: Boris Dejoa

 

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Tu crains de confesser tes imperfections (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2015



Tu crains de confesser tes imperfections

Tu crains de confesser tes imperfections,
Tu pleures, pauvre sot, sur ta force perdue.
Je veux dix fois le jour haïr mes actions
En couronnant de fleurs ma tête entrechenue.

Muse, pour tes vrais fils aujourd’hui c’est demain !
Mais si leur coeur descend au niveau de la foule,
Ce bon vin plein d’ardeur qu’ils buvaient dans ta main
Tourne comme du lait et comme une eau s’écoule.

(Jean Moréas)

 

 

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