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Poésie

Posts Tagged ‘couronner’

VERS LA NUIT (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020



    

VERS LA NUIT

Il est tard et déjà
dans l’ombre et dans le vent
un cri monte avec la nuit
Je n’attends personne
plus personne
pas même un souvenir
L’heure est passée depuis longtemps
mais ce cri que le vent porte
et chasse devant lui
vient de plus loin
de plus haut qu’un rêve
Je n’attends personne
et voici la nuit
couronnée de feux
de tous les yeux des morts
silencieux
Et tout ce qui devait disparaître
tout ce qui était perdu
il faut le retrouver encore
plus haut qu’un rêve
vers la nuit

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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MATIN D’AVRIL (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2020



Illustration
    
MATIN D’AVRIL

Matin d’avril couronné de nuages,
Frileux matin d’un printemps sommeilleux ;
Mon jardin ivre a brodé des feuillages
Et les jonquilles ont des airs malicieux.

Matin d’avril, emmitouflé de brume,
Havre secret au souffle des forêts ;
L’oiseau s’en va dans un frisson de plumes
Et le ruisseau épelle un chant discret.

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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LE DESASTRE (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



Illustration: Taras Chevtchenko
    
LE DESASTRE

Mon cher dieu, le désastre est de retour !
Tout était serein, tout était si calme ;
Nous avions commencé à briser
Nos chaînes d’esclaves.
Tout s’est arrêté ! .. Il a coulé
Le sang du peuple ! Les bandits couronnés
Comme des chiens se battant pour un os,
S’étripent à nouveau.

***

Мій Боже милий, знову лихо!..

Мій Боже милий, знову лихо!..
Було так любо, було тихо;
Ми заходились розкувать
Своїм невольникам кайдани.
Аж гульк !.. Ізнову потекла
Мужицька кров! Кати вінчані,
Мов пси голодні за маслак,
Гризуться знову.

***

O DESASTRE

Meu querido deus, o desastre está de volta!
Tudo era sereno, tudo estava tão calmo;
Nós tínhamos começado a quebrar
Nossas correntes de escravos.
Tudo parou! .. Ele afundou
O sangue do povo! Os bandidos coroados
Como cães lutando por um osso,
Eles estão lutando novamente.

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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HYMNE AUX BLONDES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



HYMNE AUX BLONDES

Voici les blondes qui sortent du fourré,
elles mourront un jour
mais bien avant pourriront
les liserons dont elles se couronnent ;
l’une piqua son bras à l’épine
et suce le sang de sa blessure,
mais qui ne trouverait
sur le corps du plus fin grain
la trace de mille blessures légères
et l’infime brisure dans la ramure d’un sein.
Blondes, il faudrait vous coucher
dans le lit asséché des rivières
avec de grosses roses et des fleurs de genêt
et puis vous entourer d’abeilles
ayant perdu leur dard dans l’assouvissement des vengeances.

(Jean Follain)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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QUE FAIS-TU DANS CETTE VILLE ? (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Que fais-tu
Dans cette ville
Avec moi
Avec eux ?
Tu es trop belle

Sous leur rempart
Dans leurs portes
Nous nous cachons
Beauté amère
Tu es le vent et l’écume et l’odeur inouïe de la mer

Tu couronnes les rues et les flamboiements
Et tous ceux-là qui se remuent la ville
Et s’ils montent en foule
Tu es leur couronne

Entre le soleil qui les écrase
Et eux c’est toi la lumière
Tu es le sable doux aux pieds
Et qu’on oublie tu es le sable

Le regard des enfants
La beauté des jeunes filles
Sont affluents
De ta beauté d’orage et de torrent

Le désir te fait dôme
Le désir est le chemin des hommes
Tu y passes

La haine des femmes
Qui veulent te détruire
S’ouvre devant la proue de ta beauté
Oui tu les fends
Sur elles tu marches et tu avances
Ce qui les ronge est l’innocence
De ta beauté incessante

En rue
Tu es
Un diamant
Et nul n’ose y toucher
S’y brûler

Chez moi
Ton secret est meilleur
Ah ! s’ils savaient que tu te réserves
Ils te tueraient dans la rue
Et je te cache dans une étoffe
Modeste et trompeuse.

(Pierre Morhange)


Illustration: Leonid Afremov

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La Dégustratrice (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
La Dégustratrice
Pérou Chimu

Oiseau-mouche et votre bouche est une fleur,
et le récipient où l’on puise est aussi transformé en fleur ;
et la main rivalise avec l’oiseau entre les fleurs
surtout quand c’est une jeune fille vêtue de plumes qui vous manie, couronnée de fleurs,
qui fait déguster son jeune époux et le transforme en oiseau-mouche tandis qu’elle se transforme en fleur.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Salut printemps (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Salut printemps

la montagne est en feu
le matin l’incendie
et le plus haut sommet
un sapin le couronne

et debout sur la cime
je regarde le monde
ô monde tout fleuri
sous les fleurs je te vois

***

Frühlingsgruß

Es steht ein Berg in Feuer,
In feurigem Morgenbrand,
Und auf des Berges Spitze
Ein Tannbaum überm Land.

Und auf dem höchsten Wipfel
steh ich und schau vom Baum,
O Welt, du schöne Welt, du,
Man sieht dich vor Blüten kaum !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Tu es belle, ma mère (René Char)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Fete-mamans [800x600]

Tu es belle, ma mère,
Comme un pain de froment.
Et, dans tes yeux d’enfant,
Le monde tient à l’aise.

Ta chanson est pareille
Au bouleau argenté
Que le matin couronne
D’un murmure d’abeilles.

Tu sens bon la lavande,
La cannelle et le lait ;
Ton cœur candide et frais
Parfume la maison.

Et l’automne est si doux
Autour de tes cheveux
Que les derniers coucous
Viennent te dire adieu.

(René Char)

 Illustration

 

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UN OISEAU (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




Illustration: Marc Chagall
    
UN OISEAU

Un oiseau, l’œil du poète
s’en empare promptement
puis le lâche dans sa tête,
ivre, libre, éblouissant.

Qu’il chante, qu’il ponde, qu’il
picore, mélancolique,
d’invisibles grains de mil
dans les prés de la musique,

quand il regagne sa haie,
jamais cet oiseau n’oublie
les heures qu’il a passées
voltigeant dans la féerie

où les rochers nourrissaient
leurs enfants de diamant,
où chaque nuage ornait
d’une fleur le ciel dormant.

On trouvera l’oiseau mort
avant les froids de l’automne,
le plaisir était trop fort,
c’est la mort qui le couronne.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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OMBRES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2018



Ana Cruz afc

 

OMBRES

Ô mon aimé la mort couronne la vie
Et je ne sais nous voir
Ni tout à fait sans l’une
Ni tout à fait en l’autre

Sur l’eau du fleuve
Nos ombres ont pâli
Ah qu’elles étaient légères
Et comme on y croyait

Nous passons nous glissons
Images englouties
Bien avant la pierre sourde
Et tout ce qui n’est pas.

(Andrée Chedid)

Illustration: Ana Cruz

 

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