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Poésie

Posts Tagged ‘course’

Mais déjà (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Mais déjà l’infini
n’est qu’une matinée de plus
un présage
la course du soleil
derrière le coquillage étonné
d’un rideau.

(Christian Viguié)

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VU DANS UN MIROIR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
VU DANS UN MIROIR

Derrière l’arbre, la maison, les étoiles,
Il y a la présence que je ne peux voir
Autrement que maison, arbre ou étoiles.

Arbre, maison, étoiles
S’étendent à l’infini à l’intérieur d’eux-mêmes
Dans le mystère du monde

Où tournent les roues de la Puissance dont bat le pouls
Issu de rien, issu de la nuit,
Feuilles, pierres et feux,

L’arbre de fête vivant autour duquel la danse
— Chromosomes, noyaux d’atomes —
Trace un dédale de branches et de feuilles,

La maison de pierre, dressée, qui s’est désagrégée
Dans le torrent en fusion quand fut précipité
Hors du chaos ce vaste monde,

Et les soleils dont l’embrasement fait renaître
Ou s’achever la course que l’arbre, la maison et le monde traversent,

Maintenus par l’Être que je ne peux connaître
Sous une autre forme que les „toiles, les pierres et les arbres
Dans le miroir de la nature, dans les yeux de la nature.

***

SEEN IN A GLASS

Behind the tree, behind the bouse, behind the stars
Is the presence that I cannot see
Otherwise than as bouse and stars and tree.

Tree, bouse and stars
Extend to infinie within themselves
Into the mystery of the world

Where whirl the wheels of power whose pulses beat
Out of nothing, out of night,
Leaves, Stones and fares,

The living tree whose maypole dance
Of chromosome and nucleus
Traces the ma

The standing bouse of Stone that poured
In malien torrent when was hurled
Out of chaos this great world,

And suns whose kindling begins anew
Or ends the course that tree, bouse, world nove through,

Upheld by being that I cannot know
In other foret than stars and stones and trees
Assume in nature’ s glass in nature’s eyes.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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La vieille traction (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



traction

 

La vieille traction noire et morte
au fond du champ:
j’en ai fait des virées avec,
des casses, des courses folles, des dragues,
tu me l’avais prêtée
pour tout le temps qu’il me plaisait;
dommage que
les quatre roues fussent
rectangulaires et en aggloméré

PARCE QUE SINON

(Jean-Pascal Dubost)

Illustration

 

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SCANTATE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018



 

Zdzislaw Beksinski  Lo1_500

SCANTATE

je ne sais d’où je viens
je ne sais où je vais
j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
comme un danseur de vide
cherchant le sang des choses
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde

j’avance au beau milieu
de la vie de la mort
je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
j’écris contre le bruit
de la douleur du monde
encore un souffle d’or
dans la course au soleil

je ne sais où j’ai vu
cette pluie d’insomnie
je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
encore un souffle d’or
dans la course au soleil
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres

je mets ma vie en jeu
je mets ma nuit en feu
réclamant sans répit
ce qui laisse sans voix
un grand vent étoilé
qui secoue les vertèbres
je le reconnais bien
c’est l’infini parlant

(Zéno Bianu)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

 

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Janvier (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

Mathieu Triolet Oiseau mort sur la neige (2013)

Janvier

Songes-tu parfois, bien-aimée,
Assise près du foyer clair,
Lorsque sous la porte fermée
Gémit la bise de l’hiver,

Qu’après cette automne clémente,
Les oiseaux, cher peuple étourdi,
Trop tard, par un jour de tourmente,
Ont pris leur vol vers le Midi ;

Que leurs ailes, blanches de givre,
Sont lasses d’avoir voyagé ;
Que sur le long chemin à suivre
Il a neigé, neigé, neigé ;

Et que, perdus dans la rafale,
Ils sont là, transis et sans voix,
Eux dont la chanson triomphale
Charmait nos courses dans les bois ?

Hélas ! comme il faut qu’il en meure
De ces émigrés grelottants !
Y songes-tu ? Moi, je les pleure,
Nos chanteurs du dernier printemps.

Tu parles, ce soir où tu m’aimes,
Des oiseaux du prochain Avril ;
Mais ce ne seront plus les mêmes,
Et ton amour attendra-t-il ?

(François Coppée)

Illustration: Mathieu Triolet

 

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Rêverie (Auguste Lacaussade)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



 

Erika Hopper -

Rêverie

Dis-moi, mobile étoile aux ailes de lumière,
Qui poursuis dans l’azur ton vol mystérieux,
Où va ta course ? est-il un but à ta carrière ?
Cloras-tu quelque part tes ailes dans les cieux ?

Dis-moi, lune pensive, ô pâle voyageuse !
Cheminant aux déserts du firmament lacté,
Dans quelle profondeur obscure ou lumineuse,
O lune ! cherches-tu le repos souhaité ?

Dis-moi, vent fatigué qui vas à l’aventure,
Comme un déshérité sans foyer ni repos,
Est-il un nid secret au fond de la nature,
Est-il un nid pour toi dans l’arbre ou sur les flots ?

Dis-moi, mer tourmentée au murmure sauvage,
Qui te plains à la nuit, qui te plains au soleil,
Par delà l’horizon est-il quelque rivage
Où tu doives trouver ton lit et le sommeil ?

Et toi, cœur inquiet, plus agité que l’onde,
Plus errant que la brise et qu’un rien fait gémir,
Est-il un lieu béni, dans l’un ou l’autre monde,
Où tu puisses, mon cœur, oublier et dormir ?

(Auguste Lacaussade)

Illustration: Erica Hopper

 

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Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
«Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu, quand
nous ne lirons plus les grands récits. »
Cette fausse prophétie s’est logée dans ma mémoire,
parce que nous jouons souvent à nous faire peur,
et parce que certaines phrases refusent de tomber dans l’oubli.
Je les lance ici à la volée, comme des cendres
qu’on disperse au-dessus de la page blanche.

Phrases inachevées ou sans début, ce sont mes étoiles
filantes, qui traversent en plein jour le ciel de la pensée.
Je forme un voeu quand je les aperçois :
le voeu de ne pas les abandonner aux ténèbres,
ni de me laisser entraîner dans leur course à l’abîme.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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NAISSANCE DE LA MER (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Ana Cruz cc

NAISSANCE DE LA MER

Au terme de ma course,
je me laisse tomber.
La terre vient à moi
comme une récompense.

La terre sur ma joue,
la terre sous mes paumes,
et je puis m’élargir
à lui cacher le ciel.

Un vaste écho de vagues
monte gonflé d’odeurs
et roule ses galets
à travers ma fatigue.

Un torrent taciturne
qui s’enfle sous les herbes
et prend la voix de l’homme
dont je porte le nom.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

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UNE VOIX (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



UNE VOIX

Elle parlait à l’enfant et sa parole vibrait d’un son fermé.
Quelle légende disait-elle en frôlant ce corps ?

Peut-être celle du torrent qui se fige dans sa course.

Ou celle du coquillage qui a perdu l’oreille de la mer.

Elle parlait d’au-delà les monts et lui, de son regard
intérieur, écoutait :

« J’épouserai ton souffle, j’habiterai ton coeur. »

On entendit le vent galoper. On vit monter la tige
du froid. La mort vint par ce chemin.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jacqueline Roberts

 

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Je n’aime plus (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018


 


Ana Cruz z20

 

Je n’aime plus

Je n’aime plus
les femmes qui passent
leurs blessures s’entrelacent
sur une barre de fer.

Je n’aime plus le soir et ses promesses
ses matins qui me laissent
humain.

Je n’aime plus la forme de mon ombre
la force du nombre
et ce rêve
ricain.

Je ne m’aime plus immobile
sur l’eau calme
leurs sébiles
m’empêchent
de flotter.

Je n’aime plus faire mes courses
les poubelles s’agressent
au sortir de la caisse
d’anciens cadres
s’échinent.

(Balbino)

Illustration: Ana Cruz

 

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