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LE CHEVAL ET L’ANE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE CHEVAL ET L’ANE

En ce monde il se faut l’un l’autre secourir.
Si ton voisin vient à mourir,
C’est sur toi que le fardeau tombe.

Un Ane accompagnait un Cheval peu courtois,
Celui-ci ne portant que son simple harnois,
Et le pauvre Baudet si chargé qu’il succombe.
Il pria le Cheval de l’aider quelque peu :
Autrement il mourrait devant qu’être à la ville.
« La prière, dit-il, n’en est pas incivile :
Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. »
Le Cheval refusa, fit une pétarade :
Tant qu’il vit sous le faix mourir son camarade,
Et reconnut qu’il avait tort.
Du Baudet, en cette aventure,
On lui fit porter la voiture,
Et la peau par-dessus encor.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Les mots (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017




    
Les mots Nella
et tout particulièrement les vôtres
les mots sont nourriture
Ils passent dans le silence
qui est un coeur fragile
que nous avons
tant que nous sommes en vie

Un coeur discret courtois
un vrai coeur comme l’autre
Nos paroles y descendent
pour y être lavées

Parfois il s’affole
on se demande vraiment pourquoi

Parfois il cesse de battre
et c’est que nous avons mangé
trop de mensonges bien trop de mots

De temps en temps je vais vers ce panier
je regarde dedans
il est tout plein de neige
éblouissant
et puis je m’en éloigne je n’y pense plus
C’est là

vos lettres sont là comme est l’enfance
on ne saurait la trouver
mais on sait bien qu’elle est là
partout où nous sommes
et avec elle
la nourriture
surabondante

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Mon Dieu, que j’aime à baiser les beaux yeux (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Mon Dieu, que j’aime à baiser les beaux yeux
De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche
De ses cheveux l’or fin qui s’escarmouche
Si gaiement dessus deux petits cieux !

C’est à mon gré le meilleur de son mieux
Que ce bel oeil, qui jusqu’au coeur me touche,
Dont le beau noeud d’un Scythe plus farouche
Rendrait le coeur courtois et gracieux.

Son beau poil d’or, et ses sourcils encore
De leurs beautés font vergogner l’Aurore,
Quand au matin elle embellit le jour.

Dedans son oeil une vertu demeure,
Qui va jurant par les flèches d’Amour
De me guérir ; mais je ne m’en assure.

(Pierre de Ronsard)

Illustration: James Sant

 

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