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Posts Tagged ‘cousine’

L’OISEAU D’ENFER (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

L’OISEAU D’ENFER

Cet oiseau noir dans ma tête
Ne se laisse pas apprivoiser
Il est comme un nuage qui se défile
et qu’on n’attrape jamais
comme la fumée entre les doigts
et la brume sur les yeux

Et cependant je n’ose le confier à personne
et je le vois disparaître avec regret
Il s’accroche à tous les sourires
se pose sur les mains tendues
et se nourrit du sucre des paroles
sans même pousser un cri de joie

Longtemps j’ai essayé de ne pas le voir
de ne plus l’écouter quand il croasse la nuit
et qu’il déchire de ses serres
les filets de la certitude
ll est le fils de l’insomnie
et du dégoût mélancolique

Mon oiseau noir mon fidèle
la haine n’est pas ta cousine
Je te donne trois jours et trois nuits

(Philippe Soupault)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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« Les jardins de notre enfance. » (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



 

Illustration: Joan Justis    
    
« Les jardins de notre enfance. »
Voilà une phrase qui me trotte en tête depuis plusieurs jours.
On la dirait sortie d’un rêve, et peut-être en est-il ainsi.
J’ai beaucoup fréquenté les jardins au cours de mon enfance,
souvent en compagnie de ma cousine, dans un sentiment de joie indescriptible.
J’aimerais bien mourir dans un jardin entouré d’arbres et de fleurs, de parfums de fleurs.
Cette prédilection pour les jardins ne me quittera jamais.
Seul a disparu l’âge que j’avais à côté de ma cousine
et les cyclamens que nous cueillions à l’orée du bois.
C’est ce bonheur-là qui m’a permis de ne pas mourir prématurément
ni de désespérer tout à fait de cette vie.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




Le Hérisson

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,
Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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Ô misère de toute lutte pour l’éphémère ! (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

Pareil à l’aile du papillon est
notre bras qui met notre pensée en vers.
Notre enfance vaut bien l’oeillet,
notre regard l’éclair,
et le rythme qui dans notre poitrine
anime nos passions
est le rythme des ondes sur la mer,
de la chute d’un pâle flocon
ou celui du refrain
du rossignol enchanteur,
qui dure tant que dure le parfum
de sa cousine la fleur.

Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

-Âme qui s’annonce simplement et voit claire-
ment, face-à-face, la grâce pure de la lumière,
comme le bouton de rose, comme la coccinelle,
cette âme est celle qui vole dans l’infini du ciel.
l’âme ayant oublié l’admiration, souffrant
dans l’amère mélancolie aux sulfureux relents
d’envier méchamment et durement, vit claustrée
en un obscur terrier. Elle est infirme, estropiée.

Ô misère de toute lutte pour l’éphémère !

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Retouche à l’automne (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Leonid Afremov
    
retouche à l’automne

la couleur est là près de l’eau
avec ses baisers de cousin cousine

ses yeux regardent l’auberge
où jouer à papa maman
derrière les robes du feu

d’ici là
main dans la main
nous traverserons le monde sur la pointe des pieds
dans la pluie des vitraux

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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La Passante aux Yeux Bleus (Christian Jodon)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017




La Passante aux Yeux Bleus
À une petite cousine de douze ans, si vite passée…

Tes yeux sont si bleus
Que je caravelle en des océans
De vagues amères aux gouffres béants

Tes yeux sont si bleus, si bleus
Que je grosbourdonne au creux de tes fleurs
D’Endymion nutans et pois de senteurs

Tes yeux sont si bleus, si bleus, si bleus
Que je follatome happé dans le champ
De tes nébuleuses au tréfond des temps

Tes yeux sont de si jolies fleurs bleues

(Christian Jodon)

 

 

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Retouche à ta cousine (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



retouche à ta cousine

l’odeur d’ortie de la chambre des filles
laisse au miroir une ombre verte
et la pâleur des perce-neige

à terre le valet de coeur est roi des cartes
et l’endroit clos semble subir un siège
mais le temps ressemble au chat câlin lisse et tiède

(Daniel Boulanger)

 

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Le Hérisson (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



https://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/01/herisson_gourmand_.jpg

Bien que je sois très pacifique
Ce que je pique et pique et pique,

Se lamentait le hérisson.
Je n’ai pas un seul compagnon.
Je suis pareil à un buisson,
Un tout petit buisson d’épines
Qui marcherait sur des chaussons.
J’envie la taupe, ma cousine,
Douce comme un gant de velours
Emergeant soudain des labours.
Il faut toujours que tu te plaignes,
Me reproche la musaraigne.
Certes, je sais me mettre en boule
Ainsi qu’une grosse châtaigne,
Mais c’est surtout lorsque je roule
Plein de piquants, sous un buisson,
Que je pique, et pique et repique,
Moi qui suis si, si pacifique,
Se lamentait le hérisson.

(Maurice Carême)

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Fantaisie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Fantaisie

L’homme habitait un quart de pomme ;
La femme, un huitième de poire.
Leur vieille cousine Opportune
Vaquait dans une demi-prune.
Il y avait monsieur Léon
Qui débordait d’un gros citron
Et sa soeur, madame Émérence,
Qui emplissait toute une orange.
Quant à moi, chétive fillette,
Je tenais dans une noisette
Et, comme je n’étais pas grosse,
Il arrivait, les jours de fête,
Que je m’y déplace en carrosse.

(Maurice Carême)

 

 

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Les cloches (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2016


 

Les cloches

Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdument
Croyant n’être vus de personne

Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vus du haut des clochers
Et le disent à tout le monde

Demain Cyprien et Henri
Marie Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine

Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin Je pleurerai
J’en mourrai peut-être

(Guillaume Apollinaire)

Illustration

 

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