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Poésie

Posts Tagged ‘coûter’

Nous serons Quoiqu’il en coûte (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Castanheira Amilcar
    
Nous serons
Quoiqu’il en coûte
Les bergers de nos vastes mystères

Avec pour seule boussole
L’astre sonore
Au fond du coeur

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Destination (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Destination

C’est ce feu qui rit dans tes yeux et, tant qu’il brûle,
joue froidement, doucement dans mes mains,
rougeoie à travers nos réseaux de résistance,
vire en vagues d’un bleu glacial.

Nous dérivons l’un vers l’autre dans une vague.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Au début, nous ne voulions rien ; à présent,
nous savons tous deux comme cela finit.

Nous dérivons vers quelque chose qui va
nous arriver, nous coûter cher et nous coûter des rêves.
Nous attendons, l’avons su depuis notre rencontre.
Et les mots ne sont ni durs ni tendres.

Nous écoutons. Quelque chose brûle en secret au-dedans.
Comme l’écume des vagues, nos mains se rencontrent.
Nous dérivons vers quelque chose qui va nous arriver :
un feu aussi frais que la mer, tant qu’il brûle.

***

Bestemmelse

Det er den Ild som ler i dine Ojne
og leger koldt og mildt i mine Hænder,
der gloder vores Modstandsnet igennem
og blir til isblaa B&lger, mens den brænder.

Vi driver mod hinanden i en Bolge.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi vilde ingenting, da det begyndte.
Nu ved vi begge to, hvordan det ender.

Vi driver ud mod noget som vil ske os,
og det skal blive dyrt og koste Dromme.
Vi venter, og har vidst det fra vi moches.
Og Ord er hverken haarde eller omme.

Vi lytter. Og det brænder skjult derinde.
Som Bolgeskummet modes vore Hænder.
Vi driver ud mod noget som vil ske os:
En Ild saa sval som Havet, mens den brænder.

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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Vivre (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Vivre

Vivre et ne pas seulement exister
parce que l’hirondelle apporte le printemps
Parce qu’après la pluie, le beau temps
parce qu’il faut toujours rester enfant.

Toujours vivre!
parce que le bonheur est quotidien
Parce qu’aimer fait du bien
Parce que donner ne coûte rien.

Encore Vivre!
Parce que la fleur sent bon
Parce que le gâteau sur la langue fond
Parce que nous aimons cette chanson.

Oh vivre!
Parce que la peine est passagère
parce que la rancune est meurtrière
Parce que la vengeance est amère.

Oui vivre!
parce que le pardon soulage
Parce que le sourire chasse la rage
Parce qu’oublier demande du courage.

Hum vivre!
Parce que demain rimera avec liberté
Parce que bientôt émergera la vérité.
Parce que nus avons tous droit à la gaieté.

Enfin vivre!
Parce que chaque défaite nous assagit
Parce que chaque victoire nous grandit
Parce que ce combat nous affranchit.

Vivre et ne plus seulement subsister
Parce que la vie est éternelle
Parce que l’amour est immortel
Parce que la mort est un horizon irréel.

(Bakary Bamba Junior)

 

 

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Où cours-tu ? (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Nathan Oliveira 
    
Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

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Ô toi qui dors (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Andrzej Malinowski

    

T’en coûterait-il trop de me prendre en pitié,
toi qui connais si bien mon mal ?
Heureuse es-tu, toi, ma requête et mon désir,
de ne pas connaître cette souffrance qui est mienne!
Aimer, pour toi, c’est rire, et, pour moi, c’est pleurer :
entre nous deux, Dieu jugera.
Quand le sommeil me fuit, je t’adresse ces mots
d’un coeur qui n’en peut plus d’aimer à la folie :
« Ô toi qui dors tandis que je veille à t’aimer,
ô toi qui dors, fais-moi cadeau d’un bon sommeil ! »

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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Nous n’en finirons pas d’explorer (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

rose en feu

Nous n’en finirons pas d’explorer

Nous n’en finirons pas d’explorer
Et le terme de notre quête sera d’arriver là où nous étions partis
Et de connaître ce lieu pour la toute première fois.
A travers la porte inconnue, oubliée
Quand le dernier morceau de terre à découvrir sera celui de la genèse
A la source du plus long fleuve
La voix de la cascade dérobée et les enfants perchés dans le pommier
Non connus car non cherchés
Mais perçus, à demi perçus dans le silence
Entre deux vagues de la mer.
Vite, ici, maintenant, toujours-
Un état de simplicité totale
(Ne coûtant rien de moins que tout)
Et tout ira bien
Absolument tout
Lorsque les langues des flammes seront incorporées
A la couronne noueuse du feu
Et que le feu et la rose
Ne feront plus qu’un

***

We shall not cease from exploration
And the end of all our exploring
Will be to arrive where we started
And know the place for the first time.
Through the unknown, unremembered gate
When the last of earth left to discover
Is that which was the beginning;
At the source of the longest river
The voice of the hidden waterfall
And the children in the apple-tree
Not known, because not looked for
But heard, half-heard, in the stillness
Between two waves of the sea.
Quick now, here, now, always—
A condition of complete simplicity
(Costing not less than everything)
And all shall be well and
All manner of thing shall be well
When the tongues of flame are in-folded
Into the crowned knot of fire
And the fire and the rose are one.

(Thomas Stearns Eliot)

Trouvé chez Lara ici

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C’EST BIEN VRAI (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018



 

Illustration: Edvard Munch
    
C’EST BIEN VRAI

Ah, qu’il me coûte de peine
à t’aimer comme je t’aime!

Amoureux, l’air me fait mal,
mon coeur
et mon chapeau même.

Qui donc voudra m’acheter
ce galon tressé de soie
cette tristesse de fil
blanc à faire des mouchoirs ?

Ah, qu’il me coûte de peine
à t’aimer comme je t’aime!

(Federico Garcia Lorca)

 

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Le vieux tilleul du chemin (Gustave Nadaud)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Quand de ses branches élancées
Les mille fleurs parfument l’air,
Par nous elles sont ramassées;
Les remèdes coûtent si cher!
Nous n’avons pas dans le village
De savant qui parle en latin;
Le médecin qui nous soulage,
C’est le vieux tilleul du chemin.

(Gustave Nadaud)

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S’enivrer au milieu des fleurs (Tsoui-Min-Tong)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Illustration: Edouard Manet
    
S’enivrer au milieu des fleurs

Une année, encore une année
dont le printemps s’écoule ;
En cent années à peine se voit-il
un homme de cent ans.
Combien de fois nous sera-t-il donné,
comme aujourd’hui,
de nous enivrer au milieu des fleurs ?
Ce vin coûterait son pesant d’or
qu’il n’en faudrait pas regretter le prix.

(Tsoui-Min-Tong)

 

 

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LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017



 

 

LES PERSÉCUTIONS DE L’AMOUR

Tant d’autres, que ton charme enivre,
Amour, implorent ta faveur !
Permets au poète de vivre
En paix, solitaire et rêveur.

Pourquoi du bonheur que je goûte
M’envier les calmes appas?
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Toi qui laisses, après tes fièvres,
Bien plus de larmes dans nos yeux
Que de sourires sur nos lèvres,
Je t’oubliais, j’étais joyeux.

Quels maux ton inconstance coûte !
Tu fais désirer le trépas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas.

Va, va soumettre à ton empire
Ceux dont le coeur n’a pas souffert,
La vierge qui brode et soupire,
L’écolier au livre entr’ouvert ;

Leur âme t’appartiendra toute,
Ils suivront ardemment tes pas.
Qui te ramène sur ma route,
Amour? Je ne te cherchais pas!

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Charles Frederic Ulrich

 

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