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Poésie

Posts Tagged ‘coutumier’

LE DON DE JOIE (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
LE DON DE JOIE

Qui trouve au bord du dénuement
sur les remparts de sa faim
une larme discrète
l’amère saveur du chaos
qui du fond de sa solitude
tire un visage attentif
une fontaine coutumière
et parle sans souci de ses propres embûches
celui-là sait que Dieu s’installe dans le corps
pour une éternité première
et rien ne peut plus le distraire
de cette voix qui s’est tue
au centre de l’épi.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Les temps légers (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Illustration   
    
Les temps légers

Cette année-là
le ciel devenait bleu pour un rien
le soleil jamais ne demandait l’heure
et nous avions tous les jours rendez-vous à quatre heures
avec une mésange noire extrêmement légère

Dire merci au rire était coutumier
La brise appelait la clématite par son nom
Personne ne se pressait et le ruisseau lui-même
ne courait pas plus vite que la libellule

Cette année-là
la terre te voulait du bien
C’est vieux tout ça

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’était novembre (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Ivan Renkov
    
C’était novembre

C’était novembre de tous les vacillements
Le crépuscule n’allumait plus les lampes coutumières
Les mains tendues pour arracher un peu de leur lueur à l’obscurité ramassaient des battements d’ailes
La mère ouvrait les bûches froides avec ses ciseaux comme ventre de volaille pour les farcir de crépitements
on essorait du même geste le seuil et le linge
on s’inventait des voisins grandiloquents avec des feux volubiles
on leur inventait des visages et une vaisselle au tintement solennel
stupeur lorsqu’ils déclinaient leurs noms gavés de pierres et le cimetière comme point de ralliement

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Où vont les arbres ?
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

Ce qui s’inscrit sous les paupières de la passion,
qui saura m’en révéler la source ?

Une forme légère, et pourtant très certaine, moule son chemin en moi.
Elle chatoie, est-ce mon âme, et me tend, avide soudain du dévoilement
et du centre, sa musique qui résonne jusqu’en la plus secrète de mes ramures.

À travers elle, c’est le coeur de mes demeures coutumières que je vois,
et ce qui me guide n’est plus seulement cette ardente nudité de la chair
mais une marque inscrite qui dit : aucune porte ne se ferme,

Ô donnez-moi la grâce d’être toujours dans cette touche de la félicité.
Et ainsi se cherche le nom au creux d’un visage qui serait la lumière.
Et l’on ne voit dans son absence que flamme accrue de l’ombre.
Et l’on pressent, éblouie, sa forme parfaite.

Savoir où fixer son regard.
Ordonner cette quête,
quitter le tourbillon
de lumière et de nuit
qui nous enferme.

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Pierre (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



 


    
Pierre, pierre sous ma main
Dans ta vigueur coutumière,
Pleine de mille lumières
Sous un opaque maintien,
Bouge enfin, je te regarde,
Et même si longuement
Que j’en suis sans mouvement,
Montre ce que tu sais faire,
Montre que tu peux me voir,
Tu me caches ton pouvoir,
Faux petit os de la terre,
Ne te souviens-tu de rien,
Au fond de toi cherche bien :
Tu pleurais dans les ténèbres.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VILAIN GAS ! (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LE VILAIN GAS !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui dansez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Au temps des contes de grand’mères,
C’était un rustaud si laid,
Si laid, si pauvre, et si bête
Que, pour danser dans les fêtes,
Nulle fille n’en voulait !

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez par couples roses,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Ses vingt ans murmuraient des choses
Et son cœur n’était point sourd.
Il en eut telle souffrance
Qu’il mourut, un soir de danses,
Au son des crincrins d’amour.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui savez les baisers tendres,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Le vieux sonneur alla descendre
Son méchant corps au tombeau.
Mais du froid cercueil de planches
Son cœur, au temps des pervenches,
Monta vers l’amour nouveau.

Ohé ! Là-bas,
Vous qui passez, les gais dimanches,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !

Son âme prit corps de pervenche…
Et, comme une fille allait
Vers les danses coutumières,
Cueillit la fleur printanière
Pour la mettre à son corset…

Ohé ! Là-bas,
Vous qui tournez en rondes claires,
Écoutez ça : c’était un pauvre gâs !…

(Gaston Couté)

 

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Je n’ai pas à relire (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2015


ecrivain-suraud

… traversant l’enveloppe coutumière,
une fois qu’elle se fait jour, je n’ai pas à relire.

(André du Bouchet)

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Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux (Christian Bachelin)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2015



Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux
D’une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d’une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l’écho
D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli
Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d’un regard
L’intemporel devait s’enraciner ici
A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays.

(Christian Bachelin)

Illustration: http://epire.fr/galerie3.html

 

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