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Poésie

Posts Tagged ‘couvercle’

Mon sang repose dans la boite du coeur (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



mon sang
repose
dans la boite du coeur,
mon mur
dans la boite du corps,
mon corps
dans la boîte du lit,
mon lit
dans la boite de la chambre,
et ainsi de suite
jusqu’à la boite du néant
qui commande le couvercle
de toutes les autres.
Et pour le soulever
il me faudra me hisser
de boite en boite jusqu’à lui.
Mais une fois atteint
aurai-je encore envie de le décoller
ou de me lancer au contraire
à nouveau dans le vide ?

(Gérard Le Gouic)

Illustration: Tanni Koens

 

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Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

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Qu’un puits recèle de mystères! (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Qu’un puits recèle de mystères!
voisine venue d’un autre univers
nul n’a jamais vu les bords
Sinon ce couvercle de verre –
Par où contempler à loisir
La face d’un abîme

(Emily Dickinson)

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Retouche à l’instant (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2016



Retouche à l’instant

l’éphémère posé sur l’étang
au coeur de cercles qui s’épuisent
devient la poignée de couvercle du monde

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

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Si grand était son amour pour elle (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Si grand était son amour pour elle
qu’il aurait suffi à faire sauter le couvercle de son cercueil
– si la fleur qu’elle y avait déposée
n’avait pas été si lourde.

(Paul Celan)

Illustration

 

 

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Le chevalier et sa dame (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



Le chevalier et sa dame
pétrifiés mais heureux
sur un couvercle de sarcophage
qui s’envole hors du temps.

(Tomas Tranströmer)

Illustrations

 

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Retour (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2015



Retour

Avec un cabas
de syllabes
entre les dents

avec un projet
ancien
qui déborde
du couvercle

avec un noyau
vieux
d’où point
un feuillage

avec un envol
depuis des siècles
retenu
sous les aisselles

je débarque

Sauront-ils mes pas
mes oiseaux
mes chevaux

si longtemps
clandestins
dans des tiroirs
dans des poches

respirer
l’air
libre?

***

Regresso

Com um cabaz
de silabas
nos dentes

com um projecto
antigo
a transbordar
da tampa

com um caroço
velho
a querer deitar
folhagem

com um voo
hà séculos
retido
nos sovacos

desembarco

Saberâo meus passos
meus pâssaros
meus cavalos

clandestinos
ha tempo
em bolsos
e gavetas

respirar
o ar
livre?

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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ESTAMPES DE LA MER (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



ESTAMPES DE LA MER

La mer
veut soulever
son couvercle.

Des géants de corail
poussent
avec leur dos.

Et dans les grottes d’or
les sirènes répètent
une chanson pour endormir
l’eau.

Vous voyez leurs gosiers
et leurs écailles ?

Devant la mer
prenez vos lances.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Gaston Bussière

 

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Retouche à l’instant (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2015


Insecte---Gerris--Punaise-d-eau--001

l’éphémère posé sur l’étang
au coeur de cercles qui s’épuisent
devient la poignée de couvercle du monde

(Daniel Boulanger)

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Soleil ! sors de ton trou (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2015



Trouver les mots pour appeler le soleil

Et moi qui m’étais cru poète,
je ne savais pas trouver les mots pour appeler le soleil. Je lui disais :
Soleil ! sors de ton trou,
casse le couvercle,
frappe les brouillards,
mange la nuit, dissous le noir, montre-toi,
montre-nous le monde,
montre-nous au monde,
parle, Soleil, sors de ton trou,
parle, montre que tu es, montre qui tu es !

C’était trop maladroit. Je jetais du bois au feu et j’essayais un autre ton.
Sors donc de là, si tu peux !
Montre-toi, si tu l’oses !
Mais tu as bien trop peur de l’ombre,
tu crèves de peur dans ton trou, petit trou toi-même, petite absence ronde!

Je n’avais pas plus de succès. Après avoir donné au feu quelques planches d’une vieille armoire, je reprenais:
Viens, Soleil, la table est servie pour toi.
Tous les arbres, toutes les herbes,
toutes les bêtes et tous les hommes,
toutes les mers et tous les fleuves
attendent que tu viennes les saisir de tes bras brûlants,
les élever jusqu’à ta gueule, dévorante bouche du ciel ;
viens boire et manger,
la table est servie de l’Est à l’Ouest.

C’était aussi peu efficace. Bientôt, il n’y eut plus rien à brûler dans la salle.
J’allai chercher la literie qui était dans la soupente et la donnai peu à peu aux flammes.
Soleil,
toi le plus vieux, toi le plus jeune,
toi le plus sage et le plus fou,
toi qui n’es jamais diminué, jamais partagé,
toujours seul, et pourtant contenu tout entier dans chaque oeil vivant,
toi le plus grand qui peux emplir l’espace,
toi le plus petit, qui passes par le trou d’une aiguille,
toi le plus libre, que rien n’atteint, mais aussi le plus enchaîné à la loi,
toi
qui ne peux pas
ne pas te lever tout à l’heure

(René Daumal)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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