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Poésie

Posts Tagged ‘couvert’

Dans le jardin du père (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Dans le jardin du père
sur le bord de la Meuse
il y avait
des jours de fête
il y avait
un cerisier
qui était tout
couvert d’amour.

(Henry Bauchau)

 

 

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L’ÉTONNÉ (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2019



Illustration: Thomas-Alexander Harrison
    
L’ÉTONNÉ

Tout est si neuf autour de lui
qu’il en est assourdi
rêvant à la nuit sans âge
autour d’une seule brève fleur

Barque sur la rosée
miracle d’équilibre
dans la goutte d’eau l’océan

Rêve du rêve lové dans l’oeuf
d’une plage sans fin
d’une eau sans fond

Tout ce bleu à travers le corps
fonds couverts de lune
rochers couverts d’eau
qu’à trembler ainsi le monde est beau!

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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SOUS L’ARBRE OÙ LE SOLEIL COUCHANT… (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



    

SOUS L’ARBRE OÙ LE SOLEIL COUCHANT…

Sous l’arbre où le soleil couchant s’ennuite,
Assis sous le couvert des nuages tombants,
Le poète, surgi de la souffrance de son siècle,
S’allie à l’arc-en-ciel,
Y met sa flèche, premier homme.
Il mâche en herbes grandes
Des nuances que les saisons oublient
Et qui font la vie.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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La Carte du Royaume des Précieuses (Charles Sorel)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



La Carte du Royaume des Précieuses

On s’embarque sur la Rivière de Confidence
pour arriver au Port de Chuchoter.

De là on passe par Adorable, par Divine, et par Ma Chère,
qui sont trois villes sur le grand chemin de Façonnerie
qui est la capitale du Royaume.

A une lieue de cette ville est un château bien fortifié
qu’on appelle Galanterie.
Ce Château est très noble,
ayant pour dépendances plusieurs fiefs,
comme Feux cachés, Sentiments tendres et passionnés
et Amitiés amoureuses.

Il y a auprès deux grandes plaines de Coquetterie,
qui sont toutes couvertes d’un côté par les Montagnes de Minauderie
et de l’autre par celles de Pruderie.

Derrière tout cela est le lac d’Abandon,
qui est l’extrémité du Royaume.

(Charles Sorel)

voir ici: Carte DE Tendre (et pas « du ».. Tendre est un Pays.. un BEAU Pays!)  de Madeleine de Scudéry (15/11/1607  02/06/1701)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Tendre
http://www.miscellanees.com/t/tendre01.htm

 

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Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Hans Baldung Grien (8)

Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté,
Le beau fruit qui enivre
D’orgueil, et je vis !
Je l’ai goûté de mes lèvres
Le fruit délicieux de vertige infini.
Mon âme chante, mes yeux s’ouvrent,
Je suis égale à Dieu !

Un autre monde de beauté
S’étend devant mes rêves ;
De toutes choses sur la terre se lèvent
De nouvelles clartés.
Ah ! tout n’était qu’illusion humaine,
Et songes décevants !
Pour la première fois je vois et je comprends,
Comme Dieu même.

Ah ! qu’en la paix de l’Eden il repose,
L’arbre miraculeux de lumière et de vie,
Où je devais trouver la mort !
Pas un frisson dans ses feuilles ravies.
Avec quel sourire de calme bonheur,
Il respire l’air empourpré du soir !
Et voici qu’à la place où furent ces fruits d’or,
Les rameaux innocents se sont couverts de roses.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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LES BIJOUX (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
LES BIJOUX

Un diadème d’or ajouré couronne mon front étroit et blanc.
Cinq chaînettes d’or, qui font le tour de mes joues et de mon menton,
se suspendent aux cheveux par deux larges agrafes.

Sur mes bras qu’envierait Iris, treize bracelets d’argent s’étagent . Qu’ils sont lourds !
Mais ce sont des armes; et je sais une ennemie qui en a souffert.

Je suis vraiment toute couverte d’or. Mes seins sont cuirassés de deux pectoraux d’or.
Les images des dieux ne sont pas toutes aussi riches que je le suis.

Et je porte sur ma robe épaisse une ceinture lamée d’argent.
Tu pourras y lire ce vers :
« Aime-moi éternellement; mais ne sois pas affligé si je te trompe trois fois par jour. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Edmond Jabès 4

J’ai quitté une terre qui n’était pas la mienne,
pour une autre, qui non plus, ne l’est pas.
Je me suis réfugié dans un vocable d’encre, ayant le livre pour espace,
parole de nulle part, étant celle obscure du désert.
Je ne me suis pas couvert la nuit.
Je ne me suis point protégé du soleil.
J’ai marché nu.
D’où je venais n’avait plus de sens.
Où j’allais n’inquiétait personne.
Du vent, vous dis-je, du vent.
Et un peu de sable dans le vent.

(Edmond Jabès)

 

 

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Érable vermoulu (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



    
Érable vermoulu, et tout couvert de givre
pourquoi faire le gros dos sous la tourmente blanche ?

Qu’as-tu vu ? Qu’as-tu entendu ?
Ainsi, loin du village tu voulus faire un tour

et sorti sur la route, comme un vigile ivre
tu plonges dans une congère, et souffres de gelures.

— Bon, voilà-t’y pas encore une chose qui cloche !
je n’arriverai jamais, après notre bamboche.

J’ai croisé une saulaie… la sapinière m’a séduit…
Dans la tourmente je leur ai fredonné mes arias de l’été.

Cet érable, me disais-je, il est tout comme moi, sauf que
je suis plein de verdeur et nullement vermoulu.

Lors perdant la boule, et toute honte bue,
j’étreignis le bouleau comme la femme d’autrui.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Ô mon terroir abandonné, (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Ô mon terroir abandonné,
Ô mon pays désert.
Le foin n’est pas coupé,
bois et monastère.

Les isbas sont de guingois,
il n’en reste plus que trois
et les faisceaux de l’aube
font mousser les toits.

Sous le couvert du chaume,
des rognures de chevrons ;
le vent asperge de soleil
une moisissure bleuâtre.

Aux fenêtres, les corbeaux
tambourinent de leurs ailes,
le merisier, comme le blizzard,
fait signe de la manche.

Ton vécu, ta vie dans la brande
n’est-elle déjà que légende ?
Que chuchote l’herbe folle
quand vient le soir, au passant ?

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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