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Poésie

Posts Tagged ‘cracher’

Ce n’est rien qu’un peu de cendre (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Tout ainsi que ces pommes
De pourpre et d’or
Que mûrissent aux bords
Où fut Sodome;

Comme ces fruits encore
Que Tantalus,
Dans les sombres palus,
Crache, et dévore;

Mon coeur, si doux à prendre
Entre tes mains,
Ouvre-le, ce n’est rien
Qu’un peu de cendre.

(Paul-Jean Toulet)


Illustration:
Ilse Dumpelfrau_Le Songe de Pierrot

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L’épaule nue (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2017



L’épaule nue

D’une épaule nue
le désir bondit
comme un léopard

s’agite sous les feuilles
mord une branche
crache une plume

et le ciel
aux palmes
s’ensanglante

La nuit très vite tombe
Est-ce l’hiver?
l’annonce des tempêtes?

Un châle masque le soleil

(Tourne les yeux
ouvre le livre!)

(Jean Joubert)

Illustration: Pascal Renoux

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COMME PAR MIRACLE (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017


 


 

Comme par miracle
Des oranges aux branches d’un oranger
Comme par miracle
Un homme s’avance
Mettant comme par miracle
Un pied devant l’autre pour marcher
Comme par miracle
Une maison de pierre blanche
Derrière lui sur la terre est posée
Comme par miracle
L’homme s’arrête au pied de l’oranger
Cueille une orange l’épluche et la mange
Jette la peau au loin et crache les pépins
Apaisant comme par miracle
Sa grande soif du matin
Comme par miracle
L’homme sourit
Regardant le soleil qui se lève
Et qui luit
Comme par miracle
Et l’homme ébloui rentre chez lui
Et retrouve comme par miracle
Sa femme endormie
Emerveillé
De la voir si jeune si belle
Et comme par miracle
Nue dans le soleil
Il la regarde
Et comme par miracle elle se réveille
Et lui sourit
Comme par miracle il la caresse
Et comme par miracle elle se laisse caresser
Alors comme par miracle
Des oiseaux de passage passent
Qui passent comme cela
Comme par miracle
Des oiseaux de passage qui s’en vont vers la mer
Volant très haut
Au-dessus de la maison de pierre
Où l’homme et la femme
Comme par miracle
Font l’amour
Des oiseaux de passage au-dessus du jardin
Où comme par miracle l’oranger berce ses oranges
Dans le vent du matin
Jetant comme par miracle son ombre sur la route
Sur la route où un prêtre s’avance
Le nez dans son bréviaire le bréviaire dans les mains
Et le prêtre marchant sur la pelure d’orange jetée par l’homme au loin
Glisse et tombe
Comme un prêtre qui glisse sur une pelure d’orange et qui tombe sur une route
Un beau matin.

(Jacques Prévert)

Illustration

 

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Feuilles d’automne (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

Feuilles d’automne où
Un hibou crache son courroux
A la lune rouge.

***

Out of autumn leaves,
An owl spits an angry hoot
At a dull-red moon

(Richard Wright)

 

 

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Ondée printanière (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



Pablo Picasso  8 [1280x768]

 

Ondée printanière,
Une vieille femme crache
Dans son mouchoir.

***

In a light spring rain
An old woman is spitting
Into a handkerchief.

(Richard Wright)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

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MOTS lNCANDESCENTS (Marie-Hélène de Moreuil)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2016




MOTS lNCANDESCENTS

Je brûle chaque jour
De me dire.
Je crache des mots incandescents.
Je chasse mes émotions
Dans mon grand toboggan.
Je monte et je descends,
Dans un puits sans fond.
je suis l’oscillographe
De mes transformations.
Je ne peux m’arrêter
D’aller pêcher des mots,
Dans mon océan
Qui m’engloutit,
Tandis que je surgis
Tel un volcan.

(Marie-Hélène de Moreuil)

Illustration: Becca Mann

 

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Chanson pour un âne mort de mon pays (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



II y a un âne qui n’a pas de parents
et qui brait tout le temps.

Il y a un charretier qui le bat
et qui crache sur ses coups.

Il y a une route que ruminent les vaches
et un trou qui est l’enfer.

Il y a aussi un arbre
et l’âne à l’envers dessous.

(Edmond Jabès)

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Mort en poésie (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Une fin comme une autre
ou une mort en poésie…

Si tu savais comme je lutte de tout mon souffle
contre la malédiction de bâtiments qui craquent
telles ces forces de naufrage qui me hantent
tel ce goût de l’être à se défaire que je crache

et quoi dire que j’endure dans toute ma charpente
ces années vides de la chaleur d’un autre corps
je ne pourrai pas toujours, l’air que je respire
est trop rare sans toi, un jour je ne pourrai plus

ce jour sera la mort d’un homme de courage inutile
venue avec un froid dur de cristaux dans ses membres
mon amour, est-ce moi plus loin que toute la neige
enlisé dans la faim, givré, yeux ouverts et brûlés

(Gaston Miron)


Illustration: John William Waterhouse

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Pauvre banlieue parisienne (Louis-Ferdinand Céline)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2016



Pauvre banlieue parisienne,
paillasson devant la ville où chacun s’essuie les pieds,
crache un bon coup,
passe,
qui songe à elle?
Personne.
Abrutie d’usines,
gavée d’épandages,
dépecée, en loques,
ce n’est plus qu’une terre sans âme,
un camp de travail maudit
où le sommeil est inutile,
la peine perdue,
terne la souffrance.
« Paris, capitale de la France! »
Quelle chanson!
Quelle publicité!
La banlieue tour autour qui crève,
qui s’en soucie?
Personne, bien-sûr!
Elle est vilaine, voilà tout!
Banlieue de hargne vaguement mijotante
d’une espèce de révolution
que personne ne pousse ni n’achève,
malade à mourir toujours et ne mourant pas.

(Louis-Ferdinand Céline)

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LE FOU DU VILLAGE (Angèle Vannier)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2016



Nicolas Eekman  fou du village 0-4 [800x600]

LE FOU DU VILLAGE

Il a le front clair
Et le cœur à nu
Il a les yeux verts
Des enfants perdus
Il m’attend là-bas
Sous un pommier doux
Les hommes de loi
Disent qu’il est fou.

Tous les Messieurs bien crachent sur son ombre
Quand il se promène au bras de l’amour
D’un amour sans poids sans voix sans atours
D’un amour volé au sein d’une tour
D’une tour du monde.

Il chante à la lune
Un air d’oiseau bleu
Chacun sa chacune
Il faut être heureux
Il aura mon corps
Quand il le voudra
Il aura mon âme
Au temps des lilas.

Tous les Messieurs bien crachent sur son ombre
Quand il se promène au bras de l’amour
D’un amour sans poids sans voix sans atours
D’un amour volé au sein d’une tour
D’une tour du monde.

Pas de mariage
Avec les maudits
Le fou du village
Est mort cette nuit
Et les vierges sages
Ont prié pour lui.

Moi j’ai son image
Au pied de mon lit.

(Angèle Vannier)

 Illustration: Nicolas Eekman  

 

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