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Posts Tagged ‘craie’

Retouche à l’enfance (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



 

rentree-enfants gif

retouche à l’enfance

seule étoile de craie sur la longue ardoise

(Daniel Boulanger)

 

 

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Invérifiable (Etienne Paulin)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Invérifiable

chère enfance,
avec toi je ne gagnerai pas d’argent

je veux juste le bord du trottoir
le ciment esquinté
jointure un peu poudreuse
dessins mal faits à la craie sur le goudron
riens qu’on a laissés
que le ciel use

cires suies le square est doux
ses quelques arbres parlent

(Etienne Paulin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Là
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il est riche d’un soleil (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Duy Huynh (18) [1280x768]

Il possède une cage
mais pas de rossignol
un miroir
mais pas de visage
sa maison a un seul mur

Il est riche d’une bougie éteinte
et d’une échelle sans marches

Il détient une craie pour dessiner le vide
un charbon pour dessiner le plein
et des traits pour combler ses silences

Il est riche d’un soleil réduit à un point.

(Vénus Khoury-Ghata)

Illustration: Duy Huynh

 

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Femmes (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



Claude Sauzet  (9)

 

Femmes avares gonflées de dons,
généreuses, dont les mains sont prisonnières
d’une vertu ou d’un devoir,
filles dont les cheveux sont des sillages,
voici que je deviens pour vous sans consistance.
Vous me traversez, tel un vent pressé
qui ne prend pas souci du paysage.
Votre dédain vient souligner de craie
mes cheveux blancs
et de fusain mes rides.
Me voici devenu le fantôme d’un homme,
plus malheureux qu’un chien perdu.

(Paul Fort)

Illustration: Claude Sauzet

 

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LEÇON (Mirosław Grudzień)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019




Illustration: Joseph Beuys    
    
LEÇON

ce sont si peu de mots
que j’extirpe du fond de moi
autant que de la poussière de craie
échappée du frottoir
après que le tableau
ait été frotté

il reste encore une chose
coincée dans la gorge telle une arête
qui ne veut pas sortir
au tableau noir
un vieux maître d’école écrit
un texte illisible:
ma vie

le temps s’amenuise
jusqu’à ce que retentisse la fin de la leçon
toujours moins de mots
toujours moins de craie
s’attache à vos doigts.

***

LEKCJA

tak mało słów
z siebie wyduszam
tyle co kredowego pyłu z gąbki
po starciu tablicy

ciągle coś
pozostaje
tkwi kością w gardle
nie chce wyjść

stary belfer
pisze na szkolnej tablicy
niezrozumiały tekst
moje
życie

coraz mniej czasu do dzwonka
coraz mniej słów
coraz mniej kredy
w palcach

***

LESSON

it’s so few words
that I wring out of myself,
as much as some chalk dust
out of an eraser
after the blackboard’s
been wiped clean.

Something still remains,
stuck like a bone in the throat,
will not go out.

On the school blackboard,
an old schoolmaster is writing
an unintelligible text:
my life.

It’s less and less time
until the lesson end rings,
fewer and fewer words
less and less chalk
in fingers.

***

AULA

São tão poucas as palavras
que de mim extraio
quanto o pó de giz
de um apagador
após limpa
a lousa.

Contudo, algo permanece preso
como um osso na garganta
que não se liberta

Na lousa negra da escola,
um velho professor escreve
um texto ininteligível:
a minha vida

Há cada vez menos tempo
até ao toque do fim da aula,
cada vez menos e menos palavras
cada vez menos giz
nos dedos.

***

LECCIÓN

son tan pocas palabras
que me deslizo
como el leve polvo de la tiza
fuera del borrador
cuando la pizarra
ha sido borrada.

Algo queda aún
adherido como un hueso a la garganta
que no saldrá

en la pizarra de la escuela
un viejo maestro escribe
un texto ininteligible:
mi vida

es cada vez más corta
hasta que suene la sirena al final de la lección
menos y menos palabras
cada vez menos tiza
en sus dedos

***

LEZIONE

sono poche appena le parole
che scrivo di me stesso,
tante quanto la polvere di gesso
che esce dal cancellino
dopo che la lavagna
è stata pulita.

qualcosa ancora rimane,
ficcata in gola come una spina,
che non vuole andare giù

sulla lavagna della scuola,
un anziano maestro sta scrivendo
un testo incomprensibile:
la mia vita.

sempre meno è il tempo
prima che la campanella suoni,
e sempre di meno sono le parole
ancora meno il gesso
sulle dita.

***

LEKTION

Es sind so wenige Worte
die ich aus mir heraus zwänge
so viel wie etwas Kreidestaub
aus dem Lappen
nachdem er die Tafel
abgewischt hat
etwas bleibt stecken
wie ein Knochen im Hals
will heraus
auf der Tafel
schreibt ein alter Schulmeister
einen unverständlichen Text:
mein Leben
es bleibt immer weniger Zeit
bis es klingelt zum Ende der Lektion
immer weniger Worte
immer weniger Kreide
bleiben in den Fingern.

***

LES

het zijn zo weinig woorden
die ik uit mij wring
zo veel als wat krijtstof
uit een bordenwisser
na het bord
schoon te hebben geveegd
iets blijft nog achter
zit vast als een graat in de keel
wil er niet uit
op het schoolbord
schrijft een oude schoolmeester
een onleesbare tekst:
mijn leven
er is steeds minder tijd
tot het einde van de les rinkelt
steeds minder woorden
steeds minder krijt
nablijft aan de vingers

***

УРОК

тaк немного слов
из себя выдавливаю
нaстолькo что пыли мела от губки
после стирания доски

всё еще что-то остается
кaк кость поперёк горлa
не хочет выйти
на классной доске
старый учитель пишет
непoнятный текст:
моя жизнь
всё менее времени до звонка
всё менее слов
всё менее мела
в пальцах

(Mirosław Grudzień)

 

Recueil: ITHACA 577
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Polonais original / Anglais Stanley Barkan / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Espagnol Rafa Carcelén / Italien Luca Benassi / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Mirosław Grudzień – Germain Droogenbroodt / Russe Miroslav Grudzen – Malgorzata Zuretsk
Editions: POINT

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LA BOÎTE À COLORIER (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



 

boîte à colorier

LA BOÎTE À COLORIER

Je dessine une maison
Aussi jaune que le jaune
Sur une page d’herbe
Aussi verte que le vert
Je change d’oeil et de plume
Une fenêtre s’allume
C’est le soir dehors aussi
L’herbe s’est un peu noircie
Changé de main et de craie
Je suis derrière la haie
Tu viens d’entrouvrir la porte
Qui dessine de la sorte ?
Mais personne ne répond
Tu trouves que l’air est bon
Tu fais trois pas et tu frôles
La haie avec ton épaule
Je me meurs au bord des mots
Qui feraient tout disparaître
L’herbe l’air et la fenêtre
Et ce silence trop beau

Mais parmi les yeux du ciel
Ceux de l’herbe et de la haie
Tu viens de trouver mes yeux
La maison déjà vacille
Dans son petit matin jaune
Et le soleil éparpille
Dans son or l’herbe et la craie
C’est la lampe qui me pille
Les beaux mots que je mettrais
A parler de mille choses
Tout en gardant le secret
Du ciel vert et de l’herbe rose
Et de trois pas dans le soir
Que je pose sans rien voir
Au bord des mots et des choses

(Gilles Vigneault)

 

 

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C’est écrit à la craie de la vie (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



 

coeur craie

c’est écrit à la craie de la vie
sur le tableau noir de la mort.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Pataugé, épié, pépié (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



 

abysses

Pataugé, épié, pépié
appris à écrire sur l’ardoise
avec la craie d’une mer ancienne
Si je pouvais lancer mes tentacules
au plus profond…
et que palpite une invisible lueur

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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Je parle (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration    
    
Je parle

Je parle
non je nage dans le sang
non je marche sur les toits
non je siffle dans la mer
non je joue de la raison
c’est la neige qui m’enroule
c’est la glace qui me griffe
des lueurs et des lumières
non je souffle sur mes manches
tant de craie qui nous salit
tant de bleu qui m’envahit
non je dors dans la prairie
non je branche des rêves
non je parle
devant des têtes qui s’alignent
devant du sable qui m’écoute
qui me file entre les doigts
des galets qui ont compris
des filets qui s’en balancent
devant la mer qui me regarde
oui je parle
je souffle du vent je siffle du chant
six étoiles qui sommeillent
j’ouvre ma cosse adieu les graines
c’est l’heure
rangez vos livres.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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SILEX (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



SILEX

Quartz d’ombre ou de nuit, incrusté dans la paix
des mers. Tumeur des craies serties de tes silices
noires. Tu es cri opaque du temps, serre
close des ères où tu entas
le bras novice des Ancêtres.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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