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Poésie

Posts Tagged ‘cramponné’

Chant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

neige  [1280x768]

Chant

Tu es à jamais avril
pour moi
l’éternel indécis

forsythia blonde
jeune fille aux jambes
bien droites

à qui dans mon
ignorance
j’apprenais

à lire les poèmes
mes bras
autour de ton cou

nous nous sommes cramponnés l’un à l’autre
péril
leusement

plus qu’une jeune
fille
ne devrait savoir

un coup de gel
brûla
des fleurs jaunes

au printemps
de
l’année

***

Song

you are forever April
to me
the eternally unready

forsythia a blonde
straight
fegged girl

whom I myself
ignorant
as I was taught

to read the poems
my arms
about you neck

we clung together
peril
ously

more than a young
girl
should know

a burst of frost
nipped
yellow flowers

in the spring
of
the year

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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La gerbe (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Jean François Millet
    
La gerbe

Je ressemble au bouleau humide sous la pluie,
Au frêne desséché que drape au bord de l’eau
Le salissant brouillard de ses voiles de suie;
Mon âme a la couleur verte d’un vieux tombeau.

Je suis le naufragé cramponné au radeau
Que la vague, linceul, de ses longs pans essuie;
Mon coeur que le labeur trop lourd de vivre ennuie,
Comme un galérien courbé sous un fardeau,

Succombe et se révolte en la fadeur des choses.
Et me voici, fantôme assis sur un tombeau,
Groupant entre mes doigts, dernier bouquet de roses,

La gerbe de mes désirs morts. – O noirs corbeaux,
Parmi le ciel flétri promenant vos ténèbres,
Autour de ma pensée, errez, troupes funèbres!

(Marie Dauguet)

 

 

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RÊVE D’HIVER (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016




RÊVE D’HIVER

Ce foisonnement estival,
ce petit tourbillon de mouches
dans une pièce hivernale…
La pensée est une opaque
matière tressaillante,
dans le bourdonnement,
elle dort barricadée
dans les lois de l’heure
comme un poulpe cramponné
à son rêve d’hiver,
parfois elle ouvre un oeil,
si soleil et braise brillent vaguement,
mais elle ne voit pas.

***

SOGNO D’INVERNO

Questo rigurgito estivo
mulinello di mosche
in una stanza invernale…
Il pensiero è un’opaca
materia trasalita
al ronzio
egli dorme rinchiuso
tra le leggi del momento
come un polipo aggrappato
al suo sogno d’inverno
apre un occhio talvolta
se sole e brace balùginano
ma non vede.

(Bartolo Cattafi)

Illustration: André Nadal

 

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Signes d’infini à l’infini (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015



Mouillé,
il tourne sur le parking désert,
cramponné à son chariot vide.
A coups de talon,
il trace des huit,
signes d’infini à l’infini.

(Bernard Montini)

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