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Poésie

Posts Tagged ‘craquement’

Femme je t’aime (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



femme je t’aime

oui je connais
le cri
le craquement discret
des céramiques à la chaleur

âme éprise
ô comme prise
hors

et c’est entre nous
le thé
le bol et l’eau

où nous trempons les lèvres
comme si c’était un temple
qu’on ne pénètre
qu’en laissant l’autre
pénétrer

(Werner Lambersy)


Illustration: Ferdinand Hodler

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ISEUT A OUESSANT (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



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ISEUT A OUESSANT

Celle-ci qui trempe dans la glu des radiolaires
Trouve la force du foetus dans sa poche élastique
Pour joindre à la nage la carapace de l’archipel.
A chaque jour sa ration de pluie et de ténèbres.
Le chaos de la matière les craquements annulent
La peine qu’on se donne pour vivre et faire.
Ici l’ajonc la bruyère affleurent sans monotonie
Capables de fermeté et d’une usure ingénieuse.
Iseut en alerte brille de la surface de la mer.

(Paol Keineg)

Illustration

 

 

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Brûler (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2020



 

Brûler, en esprit, tous ces livres, tous ces mots
— toutes ces innombrables, subtiles, profondes,
mortelles pensées. Pour s’ouvrir à la pluie qui
tombe, traversée de moucherons, d’insectes, à
ce pays gris et vert; aux espèces diverses d’arbres,
de vert; à un craquement dans les pierres du
mur ou le bois de la porte.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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Pluie d’automne (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2019



    

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Le linge servait d’écriture (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



 

Le linge servait d’écriture
Le village étirait sa patience
entre deux arbres
Toi, tu marchais dans le craquement blanc
d’un chemin que surplombaient les vignes
Tes mots étaient plus bas, plus doux
que le ventre mauve et sucré des grappes.

***

Les mots se sont creusés
à cause des morts
malgré la langue des arbres
et de la mare rompue au silence

Maintenant ils mesurent
le simple frémissement
discernent dans la danse de l’herbe
la loi calme du vent
et cette nécessité
d’intensifier le murmure.

***

La poésie est un rapport amoureux au monde.
Ses mots tournent de manière inverse autour du soleil.

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Au creux de la nuit (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



 


    
Au creux de la nuit tout dort
parfois un semblant de souffle intermittent
une série de craquements ténus
interfèrent avec le ronron du réfrigérateur
mais dans l’obscurité profonde du couloir
persiste ce point luminescent
dont la source demeure inconnue

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Chanson de la conspiration de minuit (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Chanson de la conspiration de minuit

Ce cri de victime saignée?
Rien qu’une mouche et l’araignée.
Quel est ce pas dans l’escalier?
C’est le chat qu’on a oublié.

Et ce brouhaha dans la cave ?
Trois crapauds tiennent un conclave.
Ces craquements dans le cellier?
Travail des fûts de châtaignier.

Coup de canon, coup de tonnerre?
Pétard mouillé? Ça m’exaspère.
Rien qu’un ressort dans le sommier
Ou des braises sous le foyer.

Qui donc ferraille à la cuisine?
Quelle émeute dans ma poitrine!
C’est l’horloge et son balancier,
C’est mon coeur, mon coeur tracassier.

Mais ce tam-tam dans l’oreiller?
C’est le battement de mon pouls.
Tout s’acharne à me réveiller
Sous l’oeil froid du soleil des loups.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Richard Hess

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BRUITS DE LA CAMPAGNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
BRUITS DE LA CAMPAGNE

Le froissement des feuilles sous les pas dans les bois et sous les haies
Le craquement de la neige et de la glace pourrie dans les allées cavalières du bois et les sentiers étroits et sur chaque chaussée de rue
Le bruissement ou plutôt le bruit de ruée au bois lorsque le vent mugit à la cime des chênes comme un tonnerre
Le frou-frou d’aile des oiseaux chassés de leur nid ou volant sans qu’on les voie dans les buissons
Le sifflement que font en volant dans les bois de plus grands oiseaux tels que corneilles faucons buses etc
Le trottinement des rouges-gorges et des alouettes des bois sur les feuilles brunes et le tapotement des écureuils sur la mousse verte
La chute d’un gland sur le sol le crépitement des noisettes sur les branches des noisetiers quand elles tombent mûres
Le frrrout de l’alouette des champs qui se lève du chaume

— Quelles scènes exquises les matins de rosée quand la rosée jaillit en éclair de ses plumes brunes

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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L’ouragan (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
L’ouragan

Rauque le vent mugit, un taureau qu’on égorge!
Tout s’effondre et se brise; au fond du ciel béant
Résonnent les marteaux de quelque horrible forge,
S’effrènent les galops des esprits du néant.

Les corbeaux effarés et battus par l’averse
Tourbillonnent perdus aux creux des noirs sillons
Qui labourent le ciel et que l’éclair traverse
Avec un craquement de verdâtres rayons.

Tout un choeur inconnu semble chanter des stances,
L’ardente Volonté y clame son tourment,
Son éternel désir et ses douleurs intenses
Et l’amour qui promet et la mort qui dément.

Il s’exhale du sol une odeur sulfureuse
Ainsi que d’un trépied, mais l’oracle exilé
N’explique plus l’énigme et la raison la creuse
En vain. – Les dieux sont morts et leur secret scellé.

(Marie Dauguet)

 

 

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Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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