Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cravache’

APRÈS TANT D’OMBRE (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



APRÈS TANT D’OMBRE

Après tant d’ombre
Ton front d’écorce

Je tourne au ciel
Ma chevauchée de pierres
D’un seul trait de cravache

Ton front résiste à peine
Car je vois au travers
Jusqu’à l’oeil de mémoire

(Jean-Louis Depierris)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai cueilli des fleurs minérales (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



sodium [800x600]

J’ai cueilli des fleurs minérales
au bord des bassins des geysers
pour alimenter mes vergers
alchimiques en greffons drus
afin d’obtenir les agrumes
dont se délectent les dragons
veillant autour de mes trésors
convoités par les gens en place
que leurs espions ont alertés

J’ai cueilli des cendres vivantes
au bord des fusées retombées
des feux d’artifice en l’honneur
des dernières libérations
pour fumer les terreaux safran
des prés où joueront les enfants
des griffons nés dans les cavernes
que m’ont léguées les anciens maîtres
pour y mûrir mes talismans

J’ai cueilli les interminables
minutes des accouchements
au bord des scènes et des vies
pour en tisser l’allongement
des cases du calendrier
en plages d’immortalité
à l’abri de toutes les taxes
l’or des ans le citron des vagues
pour ouvrir les geôles du temps

J’ai cueilli des flux d’étincelles
au bord d’alambics électriques
dans les discrets laboratoires
où s’élabore l’élixir
qui dissoudra canons et tanks
épaulettes cravaches morgue
dans les piscines des gymnases
où s’exerceront les dauphins
pour explorer les autres règnes

J’ai cueilli les éclairs d’été
au bord des forêts et banquises
pour creuser dans les nuits des pôles
des galeries en draperies
s’enroulant autour de l’essieu
de notre planète et donnant
sur des trous noirs ou bien couleur
de la raie du sodium pour rendre
Vénus habitable et Pluton

(Michel Butor)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A une beauté rencontrée en chemin (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




Illustration: Ogata Gekko
    
A une beauté rencontrée en chemin

Le cheval blanc, altier, foule les fleurs tombées
Ma cravache pendante frôle le carrosse aux cinq-nuages
De la dame. Soulevant le rideau de perles, d’un sourire
Elle montre, au loin, la maison rouge : « C’est là. »

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La porte est entrouverte (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



La porte est entrouverte.
Les tilleuls frémissent…
Oubliés sur la table :
Une cravache, un gant.

La lampe fait un cercle de clarté.
Il y a des bruits que j’entends.
Pourquoi es-tu parti?
Je ne comprends pas.

Demain matin la lumière
Sera pleine de joie.
Cette vie est brève.
Sois sage, mon coeur.

Tu es à bout de force,
Tu bats plus sourdement.
Tu sais, je l’ai lu quelque part:
Les âmes sont immortelles.

(Anna Akhmatova)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le tombeau (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Le tombeau

(extraits)

Un long pied nu sur ma bouche
Un long pied contre le cœur
Tu es ma soif, ma fièvre

pied de whisky
pied de vin
pied fou de terrasser

Ô ma cravache ma douleur
talon très haut me terrassant
je pleure de ne pas mourir

Ô soif
inapaisable soif
désert sans issue

Sous l’aile bourrasque de mort où je crie
aveugle, à deux genoux
et les orbites vides

Couloirs où je ris d’une nuit insensée
couloirs où je ris dans le claquement des portes
où j’adore une flèche
et j’éclate en sanglots

Le coup de clairon de la mort
mugit dans mon oreille
Au delà de ma mort
un jour
la terre tourne dans le ciel

Je suis mort et les ténèbres
altèrent
le sans finir avec le jour
L’univers m’est fermé

En lui je reste aveugle
accordé au néant
Le néant n’est que moi-même
L’univers n’est que ma tombe

Le soleil n’est que la mort
Mes yeux sont l’aveugle foudre
mon cœur est le ciel où l’orage éclate

En moi-même
au fond d’un abîme
l’immense univers
est la mort

Je suis la fièvre
le désir
je suis la soif

la joie qui retire la robe
et le vin qui fait rire
de n’avoir plus de robe

Dans un bol de gin
une nuit de fête
les étoiles tombent du ciel

Je lampe la foudre à longs traits
Je vais rire aux éclats
la foudre dans le cœur

(Georges Bataille)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne suis pas bison et je me sens ruminant (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2015



Je ne suis pas bison
Et je me sens ruminant.

Je ne suis pas goéland
Et je me sens voler.

Je ne suis pas charbon
Et je me sens brûler.

Je ne suis pas caillou
Et je me sens durer.

Je ne suis pas pourceau
Et je me sens grogner.

Je ne suis pas Pégase
Et je me sens errer.

Je ne suis pas cravache
Et je me sens frapper.

Je ne suis pas écolier
Et je me sens apprendre.

Je ne suis pas archer
Et je me sens tirer.

Je ne suis pas prélat
Et je me sens bénir.

Je ne suis pas gardien
Et je me sens veiller.

(Eugène Guillevic)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :