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Poésie

Posts Tagged ‘créature’

DON DE L’HUMBLE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Catherine Fortin

    
DON DE L’HUMBLE

Le désert se lamente : tu m’apportes tant d’eau, pauvre créature que je suis,
Que puis-je t’offrir en échange ? Je ne possède rien !

Le nuage répond : Ô désert, je ne te demande rien,
Tu m’accordes le plaisir de te laisser un don.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Quand la peur m’envahit (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Rockwell Kent 19 [1280x768]

Quand la peur m’envahit que je puis cesser d’être avant
que ma plume n’ait tout glané de mon cerveau fécond, avant
que de hautes piles de livres en beaux caractères ne gardent
comme d’opulents greniers le grain pleinement mûri ; quand
je contemple, sur la face étoilée de la nuit, les énormes
symboles ennuagés d’un céleste poème, et songe que peut-être
ne vivrai-je pas assez pour dessiner leurs ombres d’une
main guidée par l’inspiration magique ; et quand je sens, belle
créature éphémère ! que jamais plus je ne te regarderai, jamais
plus ne savourerai la puissance féerique du don total
d’amour, — alors, sur le rivage du monde immense, je reste
solitaire et médite, — au point qu’amour et gloire s’abîment
jusqu’au néant.

(John Keats)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Tout poème n’est qu’un balbutiement (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Il y a des choses qui occupent tellement leur place
qu’elles parviennent à se déplacer elles-mêmes
et repoussent tout alentour,
comme d’invraisemblables créatures qui débordent de leur peau
et ne peuvent se réabsorber.

Ainsi parfois la poésie ne me laisse pas écrire.
L’écriture reste alors écrasée
comme la pâture sous un gros animal.
Et il n’est possible de recueillir que peu de paroles
piétinées dans l’herbe.

Mais tout poème n’est qu’un balbutiement
sous le balbutiement sans fin des étoiles.

(Roberto Juarroz)

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PAS ASSEZ DÉSESPÉRÉ (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration: David Alfaro Siqueiros
    
PAS ASSEZ DÉSESPÉRÉ

Il n’a pas vécu la souffrance humaine;
Il n’a pas su
Qu’avec Dieu sans Dieu
Nous sommes également des créatures bafouées.

Il est calme, il lui manque l’épreuve et la nuit
Et les mille aventures dans les ténèbres.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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ANTIENNE POUR RAPPELER LES CREATURES PERDUES (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




ANTIENNE POUR RAPPELER LES CREATURES PERDUES

Revenez, revenez,
Oiseaux sauvages, revenez!
Alouette vers l’herbe,
Roitelet vers la haie,
Corneilles au faîte des arbres,
Hirondelles sur le toit,
Aigle vers son nid,
Corbeau vers sa pierre,
Oiseaux, tous, revenez !

Revenez, revenez,
Les égarés, revenez,
Lapin au terrier,
Renard à la tanière,
Souris sous les lambris,
Rat au grenier,
Bétail à l’étable,
Chien au foyer,
Animaux, tous, revenez !

Revenez, revenez,
Les errants, revenez,
Cormoran au rocher,
Mouettes loin de l’orage,
Bateau vers le port,
Sains et saufs revenez!

Enfants, revenez
Le soir, revenez,
Garçons et filles,
Des routes revenez,
Loin de la pluie,
Fils, revenez,
De l’obscurité qui grandit,
Adolescents, revenez !

Revenez, revenez,
Toutes les âmes, revenez,
Morts au cimetière,
Vivants vers les lampes,
Vieillards près du feu,
Filles loin du crépuscule,
Nouveaux-nés vers le sein
Et le coeur vers son havre,
Tous les perdus, revenez !

***

SPELL TO BRING LOST CREATURES HOME

Home, home,
Wild birds home!
Lark to the grass,
Wren to the hedge,
Rooks to the tree-tops,
Swallow to the eaves,
Eagle to its crag
And raven to its stone,
All birds home!

Home, home,
Strayed ones home,
Rabbit to burrow
Fox to earth,
Mouse to the wainscot,
Rat to the barn,
Cattle to the byre,
Dog to the hearth,
All beasts home!

Home, home,
Wanderers home,
Cormorant to rock
Gulls from the storm,
Boat to the harbour
Safe sail home!

Children home,
At evening home,
Boys and girls
From the roads come home,
Out of the rain
Sons come home,
From the gathering dusk,
Young ones home!

Home, home,
All souls home,
Dead to the graveyard,
Living to the lamplight,
Old to the fireside,
Girls from the twilight,
Babe to the breast
And heart to its haven
Lost ones home!

(Kathleen Raine)

Illustration: Adèle Steyn

 

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Si mon amour pouvait franchir le soi désert (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.

Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.

***

I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.

Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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L’amour est ce voyage (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
L’amour est ce voyage inutile, mais suave,
de l’autre côté du miroir.
Tant de créatures dans ma soif et dans mon verre vide.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Il est des créatures (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Il est des créatures dont le regard
Est si altier qu’il soutient le soleil.
D’autres, que fait souffrir trop de lumière,
Ne sortent de leur antre que vers le soir.

Et d’autres, les insensées, qui ont désir
De jouir de la flamme, puisqu’elle brille.
Celles-là, c’est son autre vertu qui les consume.

Hélas, je suis de cet essaim fugace.
Car je ne puis affronter la lumière
De cette dame, et non plus ne sais faire
Un écran des lieux sombres, des crépuscules.

En dépit de mes yeux meurtris et pleins de larmes,
Je n’ai de vie qu’à chercher à la voir,
Et je sais que je cours à ce qui me brûle.

***

Son animali al mondo de si altera
vista che ‘ncontra ‘l sol pur si difende;
altri, perb che ‘l gran lume gli offende,
non escon fuor se non verso la sera;

et altri, col desio folle che spera
gioir forse nel foco, perché splende,
provan l’altra verni, quella che ‘ncende:
lasso, e ‘l mio loco è ‘n questa ultima schera.

Ch’i’ non son forte ad aspectar la luce
di questa donna, et non so fare schermi
di luoghi tenebrosi, o d’ore tarde:

perb con gli occhi lagrimosi e ‘nfermi
mio destino a vederla mi conduce;
et so ben ch’i’ vo dietro a quel che m’arde.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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Tu te tournes vers les créatures (Paroles Soufies)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



 

Tu te tournes vers les créatures
Tant que tu ne vois pas Le Créateur,
Mais si tu Le vois, ce sont les créatures
Qui se tournent vers toi.

(Paroles Soufies)

 

 

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Elle était devenue plus qu’une compagne (Akira Mizubayashi)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018




    
Elle était devenue plus qu’une compagne, plus qu’une amie,
un être pour lequel on se fait du souci jusqu’à en être malade,
une créature pour laquelle l’emploi d’un mot comme animal ou bête
n’était pas convenable, ni tolérable.

(Akira Mizubayashi)

 

Recueil: Mélodie : Chronique d’une passion
Traduction:
Editions: Gallimard

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