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Posts Tagged ‘credo’

Credo (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Ira Mitchell-Kirk
    
Credo

Au fond de la lumière, la joie qui me frôle;
Je sais bien qu’il n’y a pas de différence entre elle et mon âme.
Dans les flots de conscience
Issus de la même source incandescente
J’avais été oint,
sur mon front j’ai reçu les marques du triomphe
on m’a appris que je suis l’héritier de l’immortalité;
dans ce monde du multiple
je peux m’identifier avec le suprême Moi,
j’ai le droit de poursuivre la voie de l’extase !

***

Credo

The touch of joy I sense at the core of light,
I know it for ce rtain that my soul is not distinct from it.
From the same ori ginal luminous source
With the holy current of consciousness
I have been baptised,
Victory has anointed my forehead,
Intimating my heritage of immortality;
I have the right to be identified
With the supreme Self
In a marvelous world,
I have access to the way of Joy.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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NOUVEAU CREDO DU PAYSAN (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Léon-Augustin Lhermitte
    
NOUVEAU CREDO DU PAYSAN

Bon paysan -dont la sueur féconde
Les sillons clairs où se forment le vin
Et le pain blanc qui doit nourrir le monde,
En travaillant, je dois crever de faim ;
Le doux soleil, de son or salutaire,
Gonfle la grappe et les épis tremblants ;
Par devant tous les trésors de la terre,
Je dois crever de faim en travaillant !

Refrain
Je ne crois plus, dans mon âpre misère,
A tous les dieux en qui j’avais placé ma foi,
Révolution ! déesse au coeur sincère,
Justicière au bras fort, je ne crois plus qu’en toi ! (bis)

Dans mes guérets, au temps de la couvraille,
Les gros corbeaux au sinistre vol brun
Ne pillent pas tous les grains des semailles :
Leur bec vorace en laisse quelques-uns !
Malgré l’assaut d’insectes parasites,
Mes ceps sont beaux quand la vendange vient
Les exploiteurs tombent dessus bien vite
Et cette fois, il ne me reste rien !

Au dieu du ciel, aux maîtres de la terre,
J’ai réclamé le pain de chaque jour :
J’ai vu bientôt se perdre ma prière
Dans le désert des cieux vides et sourds ;
Les dirigeants de notre République
Ont étalé des lois sur mon chemin,
D’aucuns m’ont fait des discours magnifiques,
Personne, hélas ! ne m’a donné de pain !

Levant le front et redressant le torse,
Las d’implorer et de n’obtenir rien,
Je ne veux plus compter que sur ma force
Pour me défendre et reprendre mon bien.
Entendez-vous là-bas le chant des Jacques
Qui retentit derrière le coteau,
Couvrant le son des carillons de Pâques :
C’est mon Credo, c’est mon rouge Credo

(Gaston Couté)

 

 

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CREDO (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

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CREDO

L’infini

choses infimes. Une fois seulement respirer
dans la lumière de l’infini

choses infimes
qui nous entourent. Ou bien
rien ne peut échapper

au piège de cette obscurité, l’oeil
découvrira que nous sommes
seulement ce qui nous a faits moins
que nous ne sommes. Ne rien dire. Dire :
nos vies mêmes

en dépendent.

(Paul Auster)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Credo (Lucien Jacques)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Credo

Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger.

(Lucien Jacques)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

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Le secret (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration
    
Le secret

Qui étais-je avant
Que serais-je après
Ce bref parcours de vie
Encerclé de mystère ?

J’alerte
Les crédos de l’âme
Je m’attache
Aux menées de l’esprit
Je braconne
Dans les gisements du cœur
Je furète
Parmi les trames du savoir
J’avance
À l’insu des mots
Je malmène
Les dieux et les lois

Impénétrable
Demeure
Le secret.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le lamantin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
Le lamantin est un être de première main.
Il n’adhère à aucun credo.
Il ne vise aucun au-delà.
Se moque du lendemain.
Peines ou récompenses, paradis ou enfer
— tout cela l’ennuie, insondablement.
Il ne cherche pas à être respectable —
il croît en profondeur.
Il ouvre au silence.
Le lamantin s’exprime —
dans l’insoumission de son discret vertige.

Le lamantin célèbre la lenteur,
la haute justesse des ralentis internes.
Il ne croit pas
au salut par procuration.
Il parie sur
la sagesse
de son propre frémissement.
Il sait s’abandonner;
se laisse inspirer,
renonce à tout point de vue.
La conscience totale est sa seule méthode.
Le lamantin est toujours hors sujet.

Le lamantin n’a aucun principe —
sinon l’absence de tout fondement.
Il porte en lui le grand mystère.
Flotte dans l’inconcevable.
Il ne cherche pas la compétition,
mais l’accomplissement.
Il sort du temps à volonté.
C’est un saint doué d’humour.
Il n’a nul souci d’avoir raison.
N’a que faire
de la mauvaise conscience chronique.
Il préfère l’ouverture à l’amertume.
Le lamantin ne communique pas —
il communie en permanence.

Le lamantin se tient à l’embouchure,
comme un prisme de la création.
Il a le temps,
il fait la planche entre deux eaux.
Il devine
qu’il est une image possible de Dieu —
mais ne s’en soucie guère.
Un bijou facétieux
que n’épuise pas le poids du savoir.
Il sait être grave, mais avec élégance.
Il est pur accueil —
jusqu’à se faire balafrer
par les hélices des hors-bord.
Le lamantin est un Grand Commençant.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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CREDO (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

CREDO

je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure

je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous

je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse

je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical

je crois aux cassures
de fièvres aux sursauts de nuit
aux césures de nerf

je crois
qu’ il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

Illustration: Zoran Music

 

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CREDO POÉTIQUE (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

CREDO POÉTIQUE

Penser et Être sont mêmes.
(PARMÉNIDE)

Je crois dans la poésie comme dans l’être
qui se rencontre dans l’un comme dans l’autre

Pour moi la poésie est être
être en poésie

parce que être et poésie sont mêmes

Poétiser
pour être dans la poésie
ce qu’on n’est pas

Ne pas croire aux croyances

Être en poésie

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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IL Y EN AVAIT (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2017



IL Y EN AVAIT

Il y en avait qui se hâtaient
Dans l’étroit fossé des rues en dédales,
Pour aller troquer, sous des plafonds sales,
Leurs beaux jours contre du pain sale.

Il y en avait, derrière des rideaux,
Installant leur vie et ses accessoires,
Installant leur vie comme on fait son lit
Et puis écrivant leur petite histoire

Et puis exhalant leur touchant credo
Derrière des rideaux…

Il y en avait rués aux tribunes,
Il y en avait pendus aux tocsins,
Il y en avait pleurant dans les coins
Leur si peu commune infortune
Il y en avait qui attendaient …

*

Il y avait moi, parmi tout cela,
Un peu celui-ci, un peu celui-là,
Il y avait moi,
Le rêve tendu désespérément vers des archipels
Et vers telle vie :

Une vie dans le vent, toutes voiles dehors,

Chair, esprit et le coeur et les yeux, — extase ou larmes. —
Oh oui, furieusement, toutes voiles dehors :
Une vie sans rien de commun avec la mort.

(Charles Vildrac)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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La gazelle (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Elle gagne à mourir du credo
roux du jour Gracieuse un peu
naïve entre deux avènements
Proie du faucon cruel don
d’amour du nomade Dans ses
yeux clos tressés le rêve se balance
soleil dans son hamac

(Edmond Jabès)

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