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Posts Tagged ‘creuse’

Le linge servait d’écriture (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



 

Le linge servait d’écriture
Le village étirait sa patience
entre deux arbres
Toi, tu marchais dans le craquement blanc
d’un chemin que surplombaient les vignes
Tes mots étaient plus bas, plus doux
que le ventre mauve et sucré des grappes.

***

Les mots se sont creusés
à cause des morts
malgré la langue des arbres
et de la mare rompue au silence

Maintenant ils mesurent
le simple frémissement
discernent dans la danse de l’herbe
la loi calme du vent
et cette nécessité
d’intensifier le murmure.

***

La poésie est un rapport amoureux au monde.
Ses mots tournent de manière inverse autour du soleil.

(Christian Viguié)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Le puits (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le puits

Plus est creusé profond le puits
plus fraiche l’eau vive y demeure.
Si très loin de tes yeux je vis
ton amour m’en devient meilleur.

(Armand Lanoux)

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Echo (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




De la creuse sphère d’espace
Echo
D’une voix solitaire
Qui crie, mon amour, mon amour :
Je ne sais
Si j’ai parlé ou entendu
Le mot
Qui emplit tout silence.

***

From the hollow sphere of space
Echo
Of a lonely voice
That cries, my love, my love :
I do not know
Whether I spoke or heard
The word
That fills all silence.

(Kathleen Raine)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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Et puis, voici l’eau creuse (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Et puis, voici l’eau creuse, l’eau profonde où les
amours blondes et fleuries ont sombré dans la mort
grandiose en marbre noir. Le saule étend sur l’eau
profonde ses griffes de tigre, ses racines déchaussées. Il
mourra debout, comme un homme doit mourir,
comme un tigre doit mourir, guettant la fleur stérile, le
nénuphar immobile qui chante sur l’eau profonde. Il
est fort. Il retient dans ses serres la laine décharnée du
temps, la cruauté vivace et sans visage, mon destin.

(Maurice Blanchard)

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POSTLUDIUM (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



POSTLUDIUM

Je racle comme une drague sur le fond de la terre.
Ne s’accrochent que des choses dont je n’ai nul besoin.
Indignation lassée, résignation ardente.
Les bourreaux emportent les rochers. Dieu écrit sur le
sable.

Chambres calmes.
Les meubles sont prêts à l’envol dans la clarté lunaire.
Doucement j’entre en moi
par une forêt d’armures creuses.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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LES FLEURS (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



LES FLEURS

Les fleurs se flétriraient
deviendraient silex
crapauds désenchantés
ténèbres
et ne risqueraient plus
leurs nouveau-nés à l’aube
si creusés
ne se penchaient vers elles
les hommes.

(Gabrielle Marquet)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

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Dans la noire impasse (José Marti)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

hibou  url

Dans la noire impasse
Où j’erre dans les ténèbres,
Je lève les yeux et je vois
L’église, dressée, dans un angle.

Faut-il croire à un mystère ?
A une révélation, à une puissance ?
Faut-il, à genoux,
Se prosterner ? Que croire ?

La nuit tremble, sur la treille
La chenille mord le bourgeon ;
Elle grince, appelant l’automne,
La creuse et brune cigale.

Deux grincements : attentif au duo,
Je lève les yeux et je vois
Que l’église de la promenade
A la forme d’un hibou.

(José Marti)

Illustration

 

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MOURIR ENSEMBLE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Valentine Hugo

MOURIR ENSEMBLE

Ici dans ce lit
Creusé par l’amour
Pour qu’il puisse contenir le corps de l’amour
Qu’il soit comme un lit et comme une tombe

Ici je te ferai mourir, tu me feras mourir
Dans un profond baiser mortel

Ils viendront forcer la porte et nous trouver
Ils ne pourront pas relever les corps
Ils ne pourront pas ouvrir nos visages.

(Georges Themelis)

Illustration: Valentine Hugo

 

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Passer (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



passer

on trouve encore
dans le café de l’avenue
le bois et le cuivre
dont s’exalte un travail du moi
puis l’écart entre un homme
attablé derrière la vitre
et son regard
creusé par on ne sait quoi
fait oublier la durée belle

(Hédi Kaddour)


Illustration

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L’odeur de délices (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Vincent van Gogh
    
L’odeur de délices

L’odeur de délices
S’évapore et glisse
Des bois qui pourrissent,

Odeur ténébreuse
Des glèbes tourbeuses
Que l’averse creuse,

Parfum lourd d’extase
Qui lent s’extravase
Des prés pleins de vase.

Secret qu’on épelle,
Rousse odeur d’aisselle,
Planez comme une aile.

Folle odeur d’étreinte
Qu’octobre suinte,
Je bois ton absinthe

Emdolorissante;
Dans ma chair fermente,
Odeur éloquente.

Désir, Désir, est-ce,
Subtile rudesse,
Ton geste qui blesse?

Divines blandices,
Odeur de délices
Des bois qui pourrissent,

Jusqu’à la torture
J’aime ta brûlure,
Volupté obscure.

(Marie Dauguet)

 

 

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