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ODORANT AUTOMNE MÉLODIEUX AUTOMNE (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
ODORANT AUTOMNE
MÉLODIEUX AUTOMNE

La folie des parfums

Que je les goûte et que j’en meure,
Tel un philtre aphrodisiaque,
Les parfums déments qui m’effleurent
Embrumant les nuiteux cloaques.

Que j’en comprenne le mystère
De cet étourdissant breuvage,
Effluve de Pan solitaire
Dansant par les tourbeux pacages.

O voluptés exténuantes,
Odeurs, qui sont des mains tenaces,
Des souches que l’hiver crevasse
Des champignons aux chairs gluantes.

Comme un Dieu qui m’enlacerait,
Que votre errance me possède,
Plus mythique qu’un chant d’aède
M’enseignant le divin secret.

(Marie Dauguet)

 

 

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Femme (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Femme

Nuage arrêté sur le clair d’un ciel de printemps
et qui déplume lentement sa divine tiédeur,
Nuage que crevasse la luxure violette
et où se noient — oh ! cette mer où bondissent
à la fois cataclysmes et soleils –
les auréoles rouges d’yeux
couchés sur un long sillon de volupté épaisse
comme des fleurs crucifiées par les charrues.

Plus haut éclatent deux gros orages
qui secouent leur pluie molle sur les chairs esclaves.
Nuage collé au sourire de cette étoile
qui décharné parfois son œil splendide au front de l’amour
écume qu’éveillent deux ruisseaux parfaits
dans le blanc baiser d’une union orgueilleuse.

Cela, c’est tout elle.
Elle dont les oiseaux reflètent la voix,
elle dont les fumées ont copié la chevelure,
elle dont la bouche mange aux lits des rivières
ces cailloux qui remuent des éclairs sous le soleil.

(Lucien Becker)

Illustration: Andor Novák

 

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