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Poésie

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Crâne crâne ville tortueuse (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

skull-city

Crâne crâne ville tortueuse
dans l’allée principale les becs de gaz crevèrent
La lucidité chante son chant de diamant sauvage
sur la mousse des tempêtes

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Écrire un poème classieux (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Josée Tripodi… Emission France Culture
    
Écrire un poème
Classieux

Avec des mots bien en bouche
Crème et caviar
Des bulles de bon aloi
Qui ne crèvent pas

Des verbes hauts
Comme la tour d’Argent

Des articles de bon ton
Qu’on ne soldera pas

Écrire ou ne pas écrire

Encore une question
À la vie

À la mort

(Josée Tripodi)

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Toutes ces absences (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Toutes ces absences
qui ont uni leur faisceau en une pointe unique
qui m’a crevé l’esprit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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UN IMMENSE DÉSESPOIR (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

Edvard Munch - Melancholía,   00

UN IMMENSE DÉSESPOIR

Un immense désespoir
Noir
M’atteint
Désormais, je ne pourrais
M’égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j’ai fait d’efforts
Dans l’Idéal m’a mis hors
La Loi ?

Satan, lorsque tu tombas
Bas,
Au moins
Tu payais tes voeux cruels,
Ton crime avait d’immortels
Témoins.

Moi, je n’ai jamais troublé,
Blé,
L’espoir
Que tu donnes aux semeurs
Cependant, puni, je meurs
Ce soir.

J’ai fait à quelque animal
Mal
Avec
Une badine en chemin,
Il se vengera demain
Du bec.

Il me crèvera les yeux
Mieux
Que vous
Avec l’épingle à chapeau
Femmes, au contact de peau
Si doux.

(Charles Cros)

Illustration: Edvard Munch

 

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Je me souviens (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Jean-Marie Manson
    
Je me souviens de vos plissées oreilles
Je me souviens de vos décharnées mains
Je me souviens de vos jaunis cheveux
Je me souviens de vos cassés et tristes reins

Tous les deux nous avons larges vingt ans pleins
Ma femme je te regarde avec des yeux de cent ans
Mais mes yeux se révoltent la digue des ans crève

Et je ne peux plus croire
À tes plissées oreilles
À tes décharnées mains
À tes jaunis cheveux
Aux tristes cassés reins

Puisqu’ils bougent si blancs flot de baisers germés
Aux creux de nos lits chauds sur le temps refermés.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La Lettre (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

La Lettre

Et mon temps devient fête
Et j’attends… et je guette…

Et entre deux facteurs
Je ronronne en mon coeur
Ecris-moi… ou je crève…

Et mon temps devient lent
Chaque jour est un an…

Et entre deux questions
Je m’instille un poison
Ecris-moi. Ou je crève…

Et mon temps devient laid
Triste, lourd et inquiet…

Et en dedans de moi
Je gueule à pleine voix
Ecris-moi ! ou je crève !

Et mon temps devient gris
Et je m’y perds d’ennui…

Et entre deux sanglots
Je supplie sans un mot
Ecris-moi…! ou je crève

Et mon temps devient fiel
S’y meurtrit mon appel

Et d’espoir en dépit
Bouche cousue je dis
Ecris-moi… (ou je crève…)

Et mon temps devient sec
Je ne suis qu’ongles, bec…

Et mon temps devient fou
Comme un rêve debout…

Et mon temps devient… rien
Et mon temps devient leurre…
Et entre deux facteurs…

Ecris-moi ou je crève…
Ecris-moi ou je crève…
Ecris-moi ou je crève…!

(Esther Granek)

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L’Ordre (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



L’Ordre

Je mets beaucoup d’ordre dans mes idées.
Ça ne va pas tout seul.
Il y a des idées qui ne supportent pas l’ordre et qui préfèrent crever.
A la fin, j’ai beaucoup d’ordre et presque plus d’idées.

(Norge)

 

découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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Mais la couleur (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Illustration: Catherine RÉAULT-CROSNIER
    

mais la couleur flambe
comme crie un cri
vous crève les yeux

effet d’apparence
qui tire vengeance
de son épaisseur

à triche conscience
toute la présence
devient du regard

plus de certitude
quant à la nature
de l’identité

le vocabulaire
un linge brûlé
au bord du chemin

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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LES PIEDS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


LES PIEDS

Un pied dans la tombe, soit.
Mais l’autre pied vertement planté sur le rocher bleu.
Ah, quel pied.
Ainsi les saisons gloussaient, les fleuves filaient doux.
Le pied dans la tombe attendait toujours ;
le pied sur le roc veillait sur un homme
et les héritiers crevaient de chagrin.
Le pied sur le roc adorait le vin, l’amour et l’argent.
Les chevaux riaient, les vignes chantaient
et la rose aux dents chantait et riait.
Le pied dans la tombe attendait toujours.
il attend encore.

(Norge)


Illustration: Jean Verame

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PEINES PERDUES (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
PEINES PERDUES

Hélas! pourquoi ces pleurs dans mes yeux que j’essuie,
Et pourquoi ces soupirs dans ma gorge crevant?
Je ne puis rappeler le passé décevant,
Ni ranimer le feu dans l’âtre plein de suie.

L’amour s’est envolé, la flamme s’est enfuie.
A quoi bon soupirer, pleurer, en y rêvant,
Comme un hautbois plaintif qui se nourrit de vent,
Comme un vieux toit rompu qui se repaît de pluie?

Ah ! pauvre cœur troublé de regrets, de remords,
Tes soupirs rendront-ils le souffle aux oiseaux morts
Et tes pleurs feront-ils s’épanouir des roses?

Au fond de ta douleur tu peux les laisser choir;
Soupirs et pleurs, tout est stérile. Tu n’arroses
Qu’un linceul; et pas même, encore!… ton mouchoir.

« Homme aux yeux cruels, prends garde !
Tu nous écrases! Regarde
Nos cadavres sous tes pas.
Tu pleures et tu t’irrites.
Nous sommes les marguerites.
Pitié! Mais tu n’entends pas.

— Si, je vous entends, menteuses.
peuple d’entremetteuses,
Sois-tu donc anéanti!
Mourez sous mes mains brutales
C’est en comptant vos pétales
Que ma maîtresse a menti. »

(Jean Richepin)

 

 

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