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Poésie

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Il s’éleva un cri vers minuit (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021




Il s’éleva un cri vers minuit
– cela venait du désert

(Friedrich Nietsche)

Illustration

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L’alouette (Linda Bastide)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



L’alouette

Flèche d’argent lancée en plein coeur du soleil,
entre le jour naissant et la nuit qui se meurt,
le samouraï de l’arc-en-ciel
pousse son cri de vainqueur.

(Linda Bastide)

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PARIS (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



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PARIS

O vaisseau endormi
qui m’attend
loin de moi,ô Paris
mon honneur et ma fête
mon secret réchauffé
dans tes yeux

O ma Seine arrimée
dans les eaux printanières
O charniers innocents
de mémoire, ô ma vie
trépassée qui verdoies,
plus comblée que tes jours
quand ils luirent

O la neige en mon âme
et mes fleurs, ô manteau
pour briller dans l’hiver
de mon âge
mes blessures
sont couleur de ton ciel

O Paris tes arènes
pour combattre mes bêtes
mes taureaux blanchissant
par la nuit et ma mort
piétinée et mon sang
qui surgit dans leurs yeux
et mon rire

O Paris tes ponts-neufs
pour passer mes abîmes
tes deux îles mes yeux
oscillant sur le flux
les fenêtres du soir
mes attentes lointaines
et les portes d’hôtel
mes entrées du mystère

O Montmartre ta proue
et tes tours pour hausser
mes refus les rosaces
pour mirer la beauté
et les Halles au matin
et les cris du jardin
la tendresse du jour

O Paris,mon amande
bleue amère,
ma réserve songeuse
jusqu’au pierres
de ton sein
mes douces graminées
tes marchands de couleurs
arbres de ma voix vive
et ton ciel pourrissant,
ô mon baume enchanté…

(André Frénaud)

Illustration: ArbreaPhotos

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J’attends le coup de cloche (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



j’attends le coup de cloche
où jetant un cri
j’entrerai dans l’ombre

(Georges Bataille)

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San Babila (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



 

bouquet

San Babila

Il entraîne, le vent du soir,
Accrochées à leurs parasols de couleur
Les petites bouquetières
Qui gaiement poussent des cris dans les mailles.
Comme des hirondelles aux gouttières
Elles resteront suspendues dans l’air,
Les vendeuses de dahlias,
Maintenant que le vent du soir
Gonfle leurs parasols comme des montgolfières.

***

San Babila

Trascina íl vento della sera
Attaccate agli ombrelli a colore
Le piccole fioraie
Che strillano gaie nelle maglie.
Come rondini alle grondaie
Resteranno sospese nell’aria
Le venditrici di dalie
Ora che il vento della sera
Gonfla gli ombrelli a mongolfiera.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration

 

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LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Parlons (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



Parlons

Parlons de cette vie qu’on nous livre
De ce globe parmi tant d’astres
De cette rotation qui nous entraîne
De cette gravitation qui nous retient

Parlons du jour si brièvement nôtre
De chemins flétris de cris perpétués
De visages en tous lieux
Et en toutes saisons

Parlons de tant de soufre
De tant de souffles
De tant d’envol
De trop d’enfoncements.

(Andrée Chedid)


Illustration: Edvard Munch

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LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE! (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



LE VENT, LE VENT TRISTE DE L’AUTOMNE!

Avec le cri qui sort d’une gorge d’enfant,
Le vent de par les bois, funèbre et triomphant,
Le vent va, le vent court dans l’écorce qu’il fend
Mêlant son bruit lointain au bruit d’un olifant.

Puis voici qu’il s’apaise, endormant ses furies
Comme au temps où jouant dans les nuits attendries
Son violon berçait nos roses rêveries,
Choses qui parfumiez les ramures fleuries !

Comme lui, comme lui qui fatal s’élevant
Et gronde et rage et qui se tait aussi souvent,
O femme, ton amour est parallèle au Vent :

Avant de nous entrer dans l’âme, il nous effleure;
Une fois pénétré pour nous briser, vient l’heure
Où sur l’épars débris de nos coeurs d’homme, il pleure !

(Emile Nelligan)


Illustration: Da Svetlana Dimont

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PREMIER JOUR (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021




    
PREMIER JOUR

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l’enfant dans la vie.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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La théorie du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
La théorie du cheval — la frise des femmes.
Les animaux qui auscultent le silence de la nuit,
une adolescente empêtrée dans une toile d’araignée,
un cri mourant dans le silence le plus froid.

L’explosion des épaules, le poing de ce regard,
la torsion de ce corps dans la fureur de l’amour,
l’explosion des mots comme le sperme dans la vulve,
la douceur satinée qui émane d’une lumière.

La nuit amoureuse jusqu’à la fin de la nuit.
Il n’existe pas de spectacle pour la vision intime.
Les corps les plus doux s’allument comme des lampes
et se baignent dans l’huile heureuse de l’absolu.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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