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Poésie

Posts Tagged ‘cri’

Le torrent aux cris d’oiseaux (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Le torrent aux cris d’oiseaux

L’homme paresse aux fleurs tombées du cannelier:
Calme nuit de printemps dans la montagne vide.
L’effroi de l’oiseau quand la lune surgit,
L’écho de son cri au printemps des ravines.

(Wang Wei)


Illustration

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Au fond du lac terrible (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



au fond du lac terrible
au bord du lac instant
je viens chercher mon amour
dans la bouche l’hirondelle de sa mort
immobile et ravie

suspends l’amour dans ton amour
un seul cri de mon amour
brise le verre dans tous les yeux
est le seul coup d’archet
pour qui le monde eût mérité de vivre

(Martine Broda)

 

 

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SUR L’ILE AUX OISEAUX (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

first_light_beaufort_island

 

SUR L’ILE AUX OISEAUX

Né du moi confus
du corps troublé et de l’esprit dément
né des pages du savoir
jetées au vent
né du vol de la mouette rieuse
et des échos de son cri
né des images embrasées
dans le sombre océan de la nuit
né de tant de contradictions
glace brûlante et feu gelé
le blanc, le vide, le nu
c’est cela que j’ai toujours recherché

***

Out of the personal chaos
the vagaries of body and mind
out of the leaves of knowledge
cast on the wind
out of the laughing gull’s throat
and the knife-edge of its flight
out of the blaze of images
in the black sea of night
out of the many contradictions
as of burning ice and frozen fire
the white, the empty, the naked
is what I desire

(Kenneth White)

Illustration
 

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DANS LA FORET (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



DANS LA FORET

Simulant un amour humain,
Tendrement de la gorge un oiseau m’appelle.

Un oiseau criard de toutes ses forces
Rit tout seul dans la forêt.

Les langues d’herbe sont molles
Et les pas des chevaux
Sèchent aux bords des marais.

La menace lointaine
Court dans le cri lointain des chiens
Et dans le chant des mouches.

Une fleur jaune se balance,
Seule jaune de la clairière ombragée,
Et le vent en bas crie et s’enfuit
De la rade du vent.

(Pierre Morhange)


Illustration

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Avoir tout dit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



    
Avoir tout dit
et ne plus rien dire
Accéder enfin au chant
par le pur silence
T’ouvrant là
sans retenue
A l’appel d’un geai
Aux cris des cigales
Au pin jaillit de toi
te brisant les entrailles…

(François Cheng)

 

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L’ÉTANG (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’ÉTANG

Autоur de la blessure, la couronne de roseaux.
L’humidité, la corrosion,
reflète le soleil en gris.

Des araignées vont sur l’eau.
Le miracle (encore en suspens)
ne renouvelle aucune onde.

La blessure guérit-elle,
se dessèche-t-elle ?

Qui donne sa chair,
ses muscles,
soi-même, en victime ?
Toi seul ?

Qui exorcisera l’étang,
cette face de crapaud
qui te regarde fixement ?

Pour у faire épanouir ton visage,
ton jardin,
le bonheur de mille fleurs :
« considérer une vie
plein dе deuils, »
comme un cri en quête de joie.

***

DER TEICH

Um die Wunde das Schilfband.
Das Feuchte, Ätzende,
spiegelt die Sonne grau.

Spinnen gehen über das Wasser.
Das Wunder (das noch aussteht)
wiederholt keine Welle.

Heilt die Wunde,
trochnet sie aus ?

Wer gibt sein Fleisch,
seine Muskeln,
sich, das Opfer ?
Du allein ?

Wer vertreibt den Teich,
das Krötengesicht,
das dich anstarrt?

Dass darüber dein Gesicht wächst,
dein Garten,
das Glück tausender Blumen:
» zurückzublicken auf ein Leben
voller Verluste «,
wie ein Schrei nach Freude.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

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Il a fait si beau (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Paul Klee d

il a fait si beau
comme dans le tableau de Klee
tu m’as montré: nuage ni lune
d’une pureté rare
ta robe un peu nue
32 était le nombre
des oiseaux des minutes ou des cris

(Bernard Chambaz)

Illustration: Paul Klee

 

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AUTOMNE AU TEMPLE LUK WU (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

balai

AUTOMNE
AU TEMPLE LUK WU

1.
Longue marche le long de la côte
maintenant dans la brume du soir
le portail rouge

2.
Pourquoi Bouddha est-il venu de l’ouest ?
— un bol de nouilles
et ce thé couleur d’ambre

3.
Un temple dans la montagne —
le balai qui passe
le balai qui passe

4.
Vent dans les pins
la cloche du toit qui tinte
à travers la moustiquaire : la lune

5.
Départ à l’aube
après un gruau de riz —
le cri du ramier
(Ile de Lantao, mer de Chine du Sud)

*

AUTUMN
AT LUK WU TEMPLE

1.
Long miles along the coast
now in the evening mist
the red gates

2.
Why did Buddha come from the west?
— a bowl of noodles
and this amber-coloured tea

3.
A temple in the mountains —
thesound of sweeping
the sound of sweeping

4.
Wind in the pines
the roof bell tolling
through the mosquito net : the moon

5.
Leaving at dawn
after a bowl of rice gruel —
thecall of a wood pigeon
(Lantao Island, South China Sea)

(Kenneth White)

Illustration

 

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Le vendeur de murmures (Philippe Garnier)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



murmure  b

Le vendeur de murmures

Il était une fois
Le vendeur de murmures.
Il murmurait la nuit donc
à la demande
du bout des dents
en une étrange litanie
les phrases confiées la veille à son oreille
et dont il avait la prudence
professionnelle
d’inscrire les commandes
dans des carnets
toujours petits
et qu’il parfumait
tantôt à la lavande
tantôt au patchouli
C’est qu’il n’avait jamais voulu user lui
comme les vendeurs de cris
de ces vastes camions d’amplification
qui sillonnaient le pays à grand renfort de klaxons
néons
haut parleurs et enseignes
ce qu’il vendait on l’entendait à peine

(Philippe Garnier)

 

 

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La coulée blanche du temps (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



La coulée blanche du temps suggère un paysage
d’hermine. L’hiver s’est infiltré sous mes paupières
et je commence à déchiffrer son langage : un cri ample,
une ombre brusque, si bien que j’arrive aux maisons
de silence et comment les verrais-je s’écrouler ?
Je renverse le décor, je m’adosse à un arbre qui n’existe
pas, mais en quel verger me retiennent les soleils d’exil ?
L’oiseau soufré est à vrai dire une orange entre mes doigts.
Je coupe le fruit en deux. L’été se rallume d’un sang oublié.

(Jules Tordjman)

Illustration: Jan Balet

 

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