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Posts Tagged ‘cri’

Floridum mare (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Salvador Dali papillons s [800x600]

Floridum mare

La moisson débordant le plateau diapré
Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ;
Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse
Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré.

Et sous mes pieds, la mer, jusqu’au couchant pourpré,
Céruléenne ou rose ou violette ou perse
Ou blanche de moutons que le reflux disperse,
Verdoie à l’infini comme un immense pré.

Aussi les goëlands qui suivent la marée,
Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée,
Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ;

Tandis que, de la terre, une brise emmiellée
Éparpillait au gré de leur ivresse ailée
Sur l’Océan fleuri des vols de papillons.

(José-Maria de Hérédia)

Illustration: Salvador Dali

 

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L’OMBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



L’OMBRE

Aux jours où la chaleur arrêtait toute vie,
Quand le soleil, sur les labours exténués,
Pressait contre son coeur le vignoble muet,
A l’heure où des faucheurs l’armée anéantie
Écrasait l’herbe sous des corps crucifiés, —
Seul debout, en ces jours de feu et de poussière,
En face du sommeil accablé de la terre,
Assourdi par le cri des cigales sans nombre,
Je cherchais votre coeur, comme je cherchais l’ombre.

(François Mauriac)

Illustration: Catherine Thiam-Vernanchet

 

 

 

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17 ans (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



 

Giuseppe Cacciapuoti julia

17 ans
Une femme une enfant
Qui ne sait rien encore
Et découvre son corps
Que le soleil enivre
Et que la nuit délivre

17 ans
Un sourire innocent
Et le regard docile
Sous un rideau de cils
Mais une faim de loup
Et une soif de tout

17 ans
Des seins de satin blanc
Semblent narguer le vent
De leur charme insolent

17 ans
Et prendre encore le temps
Le temps de refuser
Le monde organisé
Et faire à l´heure présente
Un aujourd´hui qui chante

17 ans
Et vivre à chaque instant
Ses caprices d´enfant
Ses désirs exigeants

17 ans
J´étais adolescent
Et je le suis encore
En découvrant ton corps
Comme un fruit éclaté
Comme un cri révolté

17 ans déjà

17 ans tu n´as
Que 17 ans
Mon amour
Mon enfant

(Georges Moustaki)

Illustration: Giuseppe Cacciapuoti

 

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PRIÈRE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019




    
PRIÈRE

Lorsque je me lèverai
du tourbillon de la promiscuité
en une sphère limpide émerveillée

Lorsque ma pesanteur me sera devenue légère

Accorde-moi Seigneur le naufrage
au premier cri de cette jeune journée.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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SANS PLUS DE POIDS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Josephine Wall 
    
SANS PLUS DE POIDS

Pour un Dieu qui rirait comme un enfant,
Tant de cris de moineaux,
Tant de danses dans les branches,

Une âme se délivre de son poids,
Les prés gagnent une telle tendresse,
Une telle pudeur parmi les yeux revit,

Les mains, comme des feuilles
Dans l’air, qui s’enchantent…

Qui tremble encore, qui juge?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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CRI (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019



 

CRI

Le soir venu
Je reposais dans l’herbe monotone,
Et je pris goût
A ce désir interminable,
Cri trouble ailé
Que retient la lumière quand elle meurt.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Erich Heckel

 

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La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
– L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !
L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Pascal Renoux

 

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Peut-être devons-nous (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Peut-être devons-nous
1- 2 – 3
compter les journées de vraie joie
sur les doigts d’une main morte?
Peut-être nous faut-il transformer
4 – 5 – 6
cri – crac – cri –
les râles en rire de ventriloque?

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Le poème (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Le poème

Sans cesse
Au vif de soi
S’amorce le poème
Miroir de l’instant
Fragment du désir
Écho du cri

Creusant l’os jusqu’à la moelle
Transperçant jusqu’à l’âme l’habit
Rouvrant les portes de l’espace
Soulageant les égarements de l’esprit
Le poème
Se rue sur nos pages avides

Explorant à la fois
Toute la flamme
Et toute l’eau.

(Andrée Chedid)

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