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Poésie

Posts Tagged ‘cri’

L’écrit vainc (Achbé)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration: Achbé    
    
L’écrit vainc

Les larmes coulèrent.
Les larmes colère!
Les cris enflèrent.
Les cris enfer!
Puis l’écrit vint.

Les mots éclairent.
Les mots éclairs!
Les mots libèrent.
Les vers, l’hiver!
Puis l’écrit vainc.

(Achbé)

 

Recueil: Ma rue par Achbé
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tout coup de téléphone (Sylvain Tesson)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020




    
Tout coup de téléphone
est le cri de détresse
d’un être qui s’ennuie.

(Sylvain Tesson)

 

Recueil: Une très légère oscillation
Traduction:
Editions: Equateurs

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Nimbé par l’exigence (Diego Perez)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Tu respirais
dans le complot des passions
lueurs debout
échardés de cris.
Maintenant tu vis
ramassé dans tes phrases
dans le dernier carré
nimbé par l’exigence.

(Diego Perez)


Illustration

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Une fleur est accrochée à ma poitrine (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



Une fleur est accrochée à ma poitrine;
Qui me l’a accrochée? — Je ne sais plus.
Ma faim est insatiable
De tristesse, de passion, de mort.

Par le violoncelle, le grincement
Des portes et le tintement des verres,
Et par le cliquetis des éperons
Et le cri des trains de nuit —

Par le coup tiré à la chasse,
Par le grelot des troïkas —
Vous m’appelez, vous m’appelez,
Vous, que je n’aime pas!

Il est pourtant un délice :
J’attends celui qui le premier
Me comprendra enfin
Et tirera à bout portant.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: Zhaoming Wu

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L’entière simplicité d’un cri (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Andrej Gorenkov - Tutt'Art@ (13)

L’entière simplicité d’un cri

A qui serait dérouté par le gouffre
le poème
par les trous
les oiseaux l’érosion la boue
du ciel
donnons lui autrement que par ouï-dire
l’entière simplicité
d’un cri

(Bernard Chambaz)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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IN MEMORIAM (Aron Kushnirov)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020



Illustration

    

IN MEMORIAM

Meurs mon cri, meurs, car de toute manière
Des cieux tu ne seras même pas écouté.
Par la nuit la nouvelle lune fut pointée
Comme un couteau sur le cou de la terre.

S’étranglera bientôt soi-même le silence
Avec les aboiements exacerbés des chiens,
Mais la nuit ne cessera point ses violences
Et nul à mon aide ne vient.

Alors pour qui, pour qui tombe-t-on à présent,
Pour soi-même et pour vous faut-il demander grâce
Quand tremblantes d’effroi les étoiles se cachent
Dans les plis de fer du torrent ?

Je ne suspendrai pas ma harpe aux branches d’arbre
Mais pour tous les vents j’en jouerai,
Même en rêve déjà je n’ai plus en partage
Un pays de miel et de lait.

Un souriceau dans mon âme grignote,
Pères, aïeux, votre vieux chant s’abat
La semaine – clouant un astre sur sa porte –
Et il verrouille mon propre Shabbat.

Broyez-moi, broyez-moi, minuscules pépins,
Meules des temps passés et des temps à venir
Si seulement ainsi l’étoile du matin
Comme une pomme peut mûrir.

(Aron Kushnirov)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’INSTANT (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




L’INSTANT

Jamais, jamais plus
Cet instant, jamais
Ces lentes rides
A travers l’eau lisse,
Et jamais plus ces
Nuages blancs et gris
Dans le ciel cristallin vif
Bleu comme le cri du sterne,
Strident parmi l’air léger,
Salé par l’océan,
Adouci par les fleurs.

Ici coïncident
Les longues histoires
Des formes récurrentes
Qui se touchent en un point
Et se quittent dans l’instant,
Les vagues rapides
Du vent et de l’eau,
Le rythme plus lent
De l’usure des roches,
De l’enfoncement des terres.

Dans les lacs fertiles
Le cycle de vie
Des algues brunes
Entrecroise
Les fréquences
Des divers coquillages
Chacun avec son arc
Sa spirale singulière
Filée à partir d’un point
En ton et demi-ton
D’une octave formelle.

Ici viennent planer
Les mouettes blanches
Qui lentement tournent
Au-dessus des îles
OEillets de mer et herbe salée,
Eider et fou de Bassan,
Courlis et cormoran,
Chacun a son mode .
Personnel d’extase
Nouée dans le dessin,
Le courant incessant
De l’espèce perpétuelle,
Répétée, renouvelée
Par le vouloir de la joie
Dans des oeufs mis à l’abri
De corniches escarpées.

Le soleil qui se lève
Sur une terre, se couche
Sur une autre.
Rapidement les fleurs
Croissent et se flétrissent,
Le grand iris jaune
Déploie sa corolle
Quand les primevères se fanent,
Les volutes des fougères
Se déroulent, les moucherons
Dansent le temps d’une heure
Dans l’air du soir,
La phalène brune émerge
De sa chrysalide
Et les os de l’alouette
Tombent épars dans l’herbe.

Le soleil qui s’est levé
De la mer ce matin
Ne reviendra jamais,
Car la lumière diffuse
Qui fait briller les feuilles
Et miroite sur l’eau
Poursuivra cette nuit
Son très long voyage
Hors de l’univers.
Jamais plus ce soleil,
Ce monde, jamais plus
Cet unique témoin.

***

THE MOMENT

Never, never again
This moment, never
These slow ripples
Across smooth water,
Never again these
Clouds white and grey
In sky sharp crystalline
Blue as the tern’s cry
Shrill in light air
Salt from the ocean,
Sweet from flowers.

Here coincide
The long histories
Of forms recurrent
That meet at a point
And part in a moment,
The rapid waves
Of wind and water
And slower rhythm
Of rock weathering
And land sinking.

In teeming pools
The life cycle
Of brown weed
Is intersecting
The frequencies
Of diverse shells
Each with its variant
Arc or spiral
Spun from a point
In tone and semitone
Of formal octave.

Here come soaring
White gulls
Leisurely wheeling
In air over islands
Sea pinks and salt grass,
Gannet and eider,
Curlew and cormorant
Each a differing
Pattern of ecstasy
Recurring at nodes
In an on-flowing current,
The perpetual species,
Repeated, renewed
By the will of joy
In eggs lodged safe
On perilous ledges.

The sun that rises
Upon one earth
Sets on another.
Swiftly the flowers
Are waxing and waning,
The tall yellow iris
Unfolds its corolla
As primroses wither,
Scrolls of fern
Unroll and midges
Dance for an hour
In the evening air,
The brown moth
From its pupa emerges
And the lark’s bones
Fall apart in the grass.

The sun that rose
From the sea this morning
Will never return,
For the broadcast light
That brightens the leaves
And glances on water
Will travel tonight
On its long journey
Out of the universe,
Never this sun,
This world, and never
Again this watcher.

(Kathleen Raine)

Illustration: Andrew Judd

 

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PARLONS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



PARLONS

Parlons de cette vie qu’on nous livre
De ce globe parmi tant d’astres
De cette rotation qui nous entraîne
De cette gravitation qui nous retient

Parlons du jour si brièvement nôtre
De chemins flétris de cris perpétués
De visages en tous lieux
Et en toutes saisons

Parlons de tant de soufre
De tant de souffles
De tant d’envol
De trop d’enfoncements.

(Andrée Chedid)


Illustration: Béatrice Ferrero

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Dans les brisants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Dans les brisants,
Dans les cris des goélands,
Dans l’écume qui retombe en eau,
Dans la marée qui commence à monter,
Dans le goémon qui s’accroche aux rochers,

Je me convie.
Je m’y retrouve.

(Guillevic)


Illustration

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Nous sommes les vagues profondes (Joseph Autran)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



 

George Dmitriev  ro1_500George Dmitriev  ro1_500

Prélude aux « Poèmes de la Mer »

Nous sommes les vagues profondes
Où les yeux plongent vainement ;
Nous sommes les flots et les ondes
Qui déroulent autour des mondes
Leur manteau d’azur écumant !

Une âme immense en nous respire,
Elle soulève notre sein ;
Soue l’aquilon, sous le zéphyre,
Nous sommes la plus vaste lyre
Qui chante un hymne au trois fois Saint.

Amoncelés par les orages,
Rendus au calme, tour à tour,
Nous exhalons des cris sauvages
Qui vont bientôt sur les rivages
S’achever en soupirs d’amour.

C’est nous qui portons sur nos cimes
Les messagers des nations,
Vaisseaux de bronze aux mâts sublimes,
Aussi légers pour nos abîmes
Que l’humble nid des alcyons.

Sur ces vaisseaux si Dieu nous lance,
Terribles nous fondons sur eux ;
Puis nous promenons en silence
La barque frêle qui balance
Un couple d’enfants amoureux !

C’est nous qui d’une rive à l’autre
Emportons les audacieux ;
Le marchand, le guerrier, l’apôtre,
N’ont qu’une route, c’est la nôtre,
Pour changer de terre et de cieux.

Nos profondeurs, Dieu les consacre
À son mystérieux travail ;
Dans nos limons pleins d’un sel âcre,
Il répand à deux mains la nacre,
L’ambre, la perle et le corail.

Pelouses, réseaux de feuillages,
Arbres géants d’hôtes remplis,
Monstres hideux, beaux coquillages,
La vie est partout sur nos plages,
La vie est partout dans nos lits.

Nous vous aimons, bois et charmilles,
Qui sur nous versez vos parfums !
Nous vous aimons, humbles familles,
Dont sur nos bords les chastes filles
Attendent leurs fiancés bruns !

Vaisseaux couverts de blanches toiles,
Reflets des villes et des monts,
Jours de printemps purs et sans voiles,
Nuits d’été, riches en étoiles,
Nous vous aimons ! nous vous aimons !

Mais nos amours sont inquiètes,
Et nous vous préférons souvent
Le ciel noir, le vol des tempêtes,
Et le chant des pâles mouettes
Que berce et qu’emporte le vent.

Nous aimons voir l’éclair dans l’ombre
Que déchirent ses javelots,
Et l’effroi du vaisseau qui sombre
En jetant à la grève sombre
Le dernier cri des matelots !

Nous sommes les vagues profondes
Où les yeux plongent vainement ;
Nous sommes les flots et les ondes
Qui déroulent autour des mondes
Leur manteau d’azur écumant.

(Joseph Autran)

Illustration: George Dmitriev

 

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