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Poésie

Posts Tagged ‘cribler’

Nulle couverture (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019




    
Nulle couverture pour le voyage dans le froid de ce monde
autre que le langage,
mais le langage est un drap criblé de trous.

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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DANS LE DEMI-SOMMEIL (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 Illustration
    
DANS LE DEMI-SOMMEIL

Je veille la nuit violentée

L’air est criblé
comme une dentelle
par les coups de fusil
des hommes
renfoncés
dans les tranchées
comme les escargots dans leur coquille

Il me semble
qu’une ahanante
tourbe de cantonniers
pilonne le pavé
de pierre de lave
de mes routes
et je l’écoute
sans voir
dans le demi-sommeil

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au fond je ne demande pas l’impossible (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
Au fond je ne demande pas l’impossible:
juste que le noir, de temps à autre,
soit lavé de rose et de quelques flammes orange,
qu’une salve de lueurs bleutées
le crible par intermittence.
Que j’en puisse retenir l’éclat
avant d’arriver en bas
où le noir n’a pas son pareil
pour que tout rentre enfin dans l’ordre.
Je sais de quoi je parle :
chaque fois que j’arrive en bas,
je suis frappé de cécité,
je dois rêver pour voir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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QUATRE CANTOS (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



QUATRE CANTOS

Pourquoi verte, l’éternité ?
O douloureuse, ô ineffable
fougère encore repliée
Qui n’a senti en lui crier
les premières feuilles des arbres
ne sait rien de l’éternité.

Brune sous les javelles blondes
Pareille à la terre en été
C’est toujours le matin du monde
Quand nous saluons la beauté.

Qui me sépare de ma mort ?
un miroir où mon âme morte
a perdu le poids de son corps
Qui me sépare de ma vie ?
l’ombre à reculons qui m’épie
et me fascine en me fuyant
Qui me sépare de mon dieu ?
moi innombrable qui me prends
au piège de mes visages
Mais dans l’Ombre où je suis damné
l’Autre muet me dévisage.

Ce corps battu à mort
sur l’aire nue de l’âme
qu’espère-t-il ? le van
qui criblera ses astres.

(Pierre Emmanuel)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Minuit (Julien Delmaire)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2018



Julien Delmaire
    
Minuit dérobe
Les bijouteries
Contre ta robe
Un diamant cri

Je suis l’alcool
Térébenthine
Je suis la folle
Sur la colline

Criblé d’épines
Je suis l’alcool
L’encre de chine
Sur ton épaule

Je suis le Christ
De Kigali
Et l’améthyste
Qu’on a sali

Je suis l’enfance
Défigurée
Je suis l’offense
De l’emmuré

Syntax error
Bug intégral
Signes d’aurore
Jour minéral

Je veux l’oiseau
Lacrymogène
Aux ras des eaux
Cancérigènes

Je veux ton ventre
Dans la fumée
Mes doigts qui entrent
Pour exhumer

Un oasis
Une métaphore
Ton clitoris
Ta mandragore

Je vois l’oubli
Brisant ses chaînes
La mort partie
Avec la haine

Voici le monde
La vie bégaye
Voici la ronde
Des merveilles

Je te retrouve
Ma Géorgie
Le soleil couve
Ton sein rougi

Le temps caresse
Son vieux piano
Ta voix disperse
Les moineaux

Les nègres écument
La nostalgie
La nuit s’allume
Ma Géorgie…

(Julien Delmaire)

 

Recueil: Turbulences
Traduction:
Editions: Le temps des cerises

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Le temple (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration
    
Le temple

Les nuages déploient leurs courses au-dessus de nous
sans voir que notre vie est un travail interminable criblé
de fêtes éternelles.

Ce chemin le long de la barrière оù se penchent des fleurs d’iris
ne mène pas au temple, il est lui-même le temple.
Et ta main sur mon épaule avant que j’aie pu tourner la tête.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’argile parle à l’argile (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



L’argile parle à l’argile

Viens-t’en, petite sœur, le soleil notre père
S’en retourne à pas lents vers son lointain village.

On voit luire là-haut les carreaux de la lune,
Comme un vitrail d’église en plein ciel embué.

La rapide hirondelle en son nid se balance,
La griserie de tes paroles m’envahit.

Pareilles à nos doigts toutes les feuilles tremblent
Et l’argile s’unit plus fort avec l’argile.

Nous sommes nous aussi comme deux blocs d’argile.
Et nous savons que le blé tendre et frais nous aime.

Viens, ma chérie, que ton corps roule dans mon âme,
Le sol, dans notre chair, enfouit ses sillons

Et la noire brebis du soir se met en route.
Tombée, sa laine douce est déjà bien plus sombre.

Ta chevelure blonde a l’air d’un champ de blé
Que les rayons, venus de la lune, ont criblé.

(Attila Jozsef)


Illustration

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Où sont nos clés ? (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Paul Klee
    
Où sont nos clés ?

Nous devons à notre karma
L’indéchiffré de nos rébus.

Je suis criblé de vos questions
Comme un champ par ses graminées.

Qui sommes-nous que faisons-nous
De l’étreinte qui nous renoue ?

Que semons-nous de notre corps
Sinon l’alphabet qui nous manque ?

Sommes-nous ce que nous rêvons
Destin qui nous laisse sans but ?

Nous ne sommes rien pour ce monde
Que moitié du jour dans la nuit.

Moitié d’amour dans la misère
Des désirs qui nous ont perdus.

Seule la pierre nous ressemble
Qui sait de nous quoi révéler.

La pierre dans le lit du fleuve
Gardienne de toutes nos clés.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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Né du lent basculement du crépuscule (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration
    
Né du lent basculement du crépuscule
un frisson de vent parcourt la roselière
et crible de rouille le miroir de l’étang
où faiblit la lueur laiteuse des nénuphars
d’un fourré alors s’extirpe un oiseau noir
qui dans l’air engourdi peine à s’élever
et dont le lugubre ululement prélude
à l’imminente vacillation des présences

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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