Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cribler’

Le merisier et le poirier (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Illustration
    
Le merisier et le poirier m’ont pris pour cible,
Sans un raté leur force friable me crible.

Les étoiles et grappes, les grappes et étoiles :
Double pouvoir ? La vérité, dans quels pétales ?

Cet éclat, cette ardeur, est-ce l’air qui se venge
De l’air, succombant sous les coups de plommées blanches ?

Et la double senteur, ô douceur invivable,
Qui est joute et attrait — mélangée, séparable…

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le temple (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration
    
Le temple

Les nuages déploient leurs courses au-dessus de nous
sans voir que notre vie est un travail interminable criblé
de fêtes éternelles.

Ce chemin le long de la barrière оù se penchent des fleurs d’iris
ne mène pas au temple, il est lui-même le temple.
Et ta main sur mon épaule avant que j’aie pu tourner la tête.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’argile parle à l’argile (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



L’argile parle à l’argile

Viens-t’en, petite sœur, le soleil notre père
S’en retourne à pas lents vers son lointain village.

On voit luire là-haut les carreaux de la lune,
Comme un vitrail d’église en plein ciel embué.

La rapide hirondelle en son nid se balance,
La griserie de tes paroles m’envahit.

Pareilles à nos doigts toutes les feuilles tremblent
Et l’argile s’unit plus fort avec l’argile.

Nous sommes nous aussi comme deux blocs d’argile.
Et nous savons que le blé tendre et frais nous aime.

Viens, ma chérie, que ton corps roule dans mon âme,
Le sol, dans notre chair, enfouit ses sillons

Et la noire brebis du soir se met en route.
Tombée, sa laine douce est déjà bien plus sombre.

Ta chevelure blonde a l’air d’un champ de blé
Que les rayons, venus de la lune, ont criblé.

(Attila Jozsef)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Où sont nos clés ? (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Paul Klee
    
Où sont nos clés ?

Nous devons à notre karma
L’indéchiffré de nos rébus.

Je suis criblé de vos questions
Comme un champ par ses graminées.

Qui sommes-nous que faisons-nous
De l’étreinte qui nous renoue ?

Que semons-nous de notre corps
Sinon l’alphabet qui nous manque ?

Sommes-nous ce que nous rêvons
Destin qui nous laisse sans but ?

Nous ne sommes rien pour ce monde
Que moitié du jour dans la nuit.

Moitié d’amour dans la misère
Des désirs qui nous ont perdus.

Seule la pierre nous ressemble
Qui sait de nous quoi révéler.

La pierre dans le lit du fleuve
Gardienne de toutes nos clés.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Né du lent basculement du crépuscule (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



Illustration
    
Né du lent basculement du crépuscule
un frisson de vent parcourt la roselière
et crible de rouille le miroir de l’étang
où faiblit la lueur laiteuse des nénuphars
d’un fourré alors s’extirpe un oiseau noir
qui dans l’air engourdi peine à s’élever
et dont le lugubre ululement prélude
à l’imminente vacillation des présences

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Seigneur l’enfer est la trame de mes journées! (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Seigneur l’enfer est la trame de mes journées!
Mon souffle, mon regard, mon ombre sur les ombres,
mon pas, tout m’est enfer. Le plus tranquille azur
colle à ma chair, me brille et me plombe en moi-même,
la plus aimante pluie me crible de feux noirs,
le plus doux vent m’emplit de l’odeur crue des flammes.
Et pourtant moi — l’Enfer — je vis en Toi, je crie
vers Toi, mon Chant est Toi. Tout peut mourir : qu’importe
la Mort à qui maintient la vigile du Cri?

(Pierre Emmanuel)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: L’Âge d’Homme

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Issu de notre chair (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration: Beata Nowakowska-Kiwior
    
Issu de notre chair
Tissée de siècles
Et d’océans
Quel verbe
Criblera nos murs
Sondera nos puits
Modèlera nos saisons ?

Avec quels mots
Saisir les miettes
Du mystère
Qui nous enchâsse
Ou de l’énigme
Qui nous surprend ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ce corps battu à mort (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Illustration: Jérôme Royer
    
Ce corps battu à mort
sur l’aire nue de l’âme
qu’espère-t-il ? le van
qui criblera ses astres.

(Pierre Emmanuel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Héliotrope (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



L’héliotrope entr’ouvre à l’Orient sa fleur,
Où tremble en se jouant la lumière irisée,
Et sourit au travers de l’humide rosée,
Comme un bel oeil d’azur où se suspend un pleur.

Il est midi. La fleur par le soleil baisée,
Aspire avidement son ardente chaleur,
Le flamboyant amant, de sa lèvre embrasée,
La brûle et fait pâlir sa vivante couleur.

Enfin, toute flétrie, elle demande l’ombre;
Mais le Dieu, la criblant de ses flèches sans nombre,
Lui verse sans pitié son implacable jour.

C’est après ce destin que soupire mon âme,
Et dût-elle en mourir, ah! verse-lui ta flamme,
Soleil, ardent soleil de l’invincible amour!

(José-Maria de Heredia)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les béguines (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2015



béguines 1 [800x600]

Les béguines sous les arbres bruissants
vont, et les feuilles criblent les cornettes
de coeurs dentelés qu’agite le vent,
si pesants, si noirs pour leurs blanches têtes
qu’elles se courbent en avant
vers la nuit déjà prête.

(Robert Mallet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :