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Poésie

Posts Tagged ‘crier’

GEORGIA (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019



 

GEORGIA

Je ne dors pas Georgia
je lance des flèches dans la nuit Georgia
j’attends Georgia
je pense Georgia
Le feu est comme la neige Georgia
La nuit est ma voisine Georgia
j’écoute les bruits tous sans exception Georgia
je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia
je marche à pas de loups dans l’ombre Georgia
je cours voici la rue les faubourgs Georgia
Voici une ville qui est la même
et que je connais pas Georgia
je me hâte voici le vent Georgia
et le froid silence et la peur Georgia
je fuis Georgia
je cours Georgia
les nuages sont bas ils vont tomber Georgia
j’étends les bras Georgia
je ne ferme pas les yeux Georgia
j’appelle Georgia
je crie Georgia
j’appelle Georgia
je t’appelle Georgia
Est-ce que tu viendras Georgia
bientôt Georgia
Georgia Georgia Georgia
Georgia
je ne dors pas Georgia
je t’attends
Georgia

(Philippe Soupault)

Illustration: Alan Ayers

 

 

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BON CONSEIL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

BON CONSEIL

Ma mère ne m’a rien dit
c’est dommage
Je ne sais même pas où aller
et après
Je nage je flotte je vogue
catastrophe
Je marche je chante je crie
funérailles
Il faut tout recommencer
c’est odieux
Je ne sais même pas où aller
et après

(Philippe Soupault)

 

 

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Agape (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



Illustration
    
Agape

Aujourd’hui personne n’est venu poser de question;
et cette après-midi on ne m’a rien réclamé.

Je n’ai même pas vu une fleur de cimetière
en si joyeuse procession de lumières.
Pardonne-moi, Seigneur : je ne suis mort que si peu!

Cette après-midi tous, tous passent
sans me poser de question ni rien me réclamer.

Et je ne sais quelle chose ils oublient et qui n’a pas
sa place dans mes mains, comme étrangère.

Je suis sorti à la porte,
et j’ai envie de leur crier à tous :
S’il vous manque quelque chose, c’est ici!

Car toutes les après-midi de cette vie,
je ne sais quelles portes claquent sur un visage,
et de quelque chose d’étranger se saisit mon âme.

Aujourd’hui personne n’est venu;
et aujourd’hui je ne suis mort que si peu cette après-midi!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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CLOUÉE (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019




Illustration: Salvador Dali

    
CLOUÉE

Clouée au pilori de la honte
D’une conscience ancestrale,
Serpent au coeur et marque rouge au front,
Je dois crier mon innocence.

J’affirme que règne dans mon coeur
La paix sereine d’une communiante.
Et que, main tendue, sans pudeur
J’ai mendié sur les places le bonheur.

Fouillez vous-mêmes tous mes coffres
Suis-je devenue aveugle ? Dites,
Où est l’argent, où l’or ? Car dans ma main
Je tiens — quoi ? Une poignée de poussière.

C’est tout ce que j’ai su, mendiante flatteuse,
Reprendre à ceux qui tiennent le bonheur
Et que j’emporterai dans le creux de ma main,
Au pays des amours silencieuses.

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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Ah! laissez-moi crier, crier, crier (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Ah! laissez-moi crier, crier, crier …
Crier à m’arracher la gorge !
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge,
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier ….

(Sabine Sicaud)

Illustration

 

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AU BRUIT DES FEUILLES (Roger Vitrac)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



AU BRUIT DES FEUILLES

Viens voir la nuit. Les princesses mortes revivent.
N’entends-tu pas crier les feuilles sous leurs traînes?
Et ces flambeaux d’or sur le chemin de la reine?
Ils sont portés par les pages bleus qui la suivent.

Tu ne te doutais pas qu’il fut ainsi ce parc,
Et tu faillis jeter au puits la clef rouillée.
Oh! regarde, voici passer les chevaliers
croisés de lune. Ils s’en vont mourir quelque part.

Mais rien ne meurt dans ces murs noirs. Une ombre passe,
La grille est entrebâillée. Elle entre : personne.
Des tombes sous les pas. Cette ombre prend la place
Et le rêve est le même.

Entends. Je le chantonne
Comme l’autre mais il est bien plus douloureux
Car j’ai le souvenir de ceux qui en moururent.
C’est pour cela qu’il faut du noir dans tes parures
Et que parmi les lys j’ai mis des cyprès bleus.

(Roger Vitrac)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Mouettes (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



Pour elles c’est la faim,
L’espace de la faim

Et le temps de crier
L’espace avec leur faim,

Le temps de promener
L’espace dans leur faim,

D’accompagner la mer,
De maudire la mer

Qui ne sait pas borner
L’espace ni la faim.

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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Douceurs (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



De ces douceurs
Qui font crier.

(Guillevic)

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Mon crâne se resserre (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



Mon crâne se resserre comme ces têtes mortes
que des embaumeurs réduisent à la grosseur du poing.
Au bout de mes bras tendus,le mur.
Je tourne, et le mur tourne avec moi.

De l’autre côté on crie.
Trouez la pierre ! Cognez, forez !
Hélas, votre épieu m’a transpercée.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Leon Levinstein

 

 

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Le petit garçon malade (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



 

enfant-malade 

Le petit garçon malade

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre,
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans son petit bras plié.

(Madeleine Ley)

 

 

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