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CHANSON D’AMOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2020



Illustration: William-Adolphe Bouguereau
    
CHANSON D’AMOUR

Viens, toi, chanson d’amour,
Du coeur des éléments,
Sur l’aile de l’orage,
Dans le hurlement des cyclones.
Viens des abîmes de la nuit,
A cheval sur les tourbillons,
Avec le bouillonnement des eaux profondes,
Que t’amènent les pâtres de l’air
En troupeaux d’étoiles
Aboyées par le tonnerre.
Viens,
Tourbillon de démons,
Chair des nuages
Fouettée par l’éclair,
Brisée sur l’échine des ténèbres.
Viens, taureau du crépuscule
Déchiré par la dent-faucille de la lune

Apparue aux gencives du ciel.
Viens,
Frémissement de l’aube,
Avec, sur la tête, la javelle d’or du soleil,
Réveille
Le nénuphar sur le lac,
La tourterelle dans son nid
La voix de
l’usine dans sa poitrine de métal,
La jeune fille dans les bras du sommeil,
Les ivrognes dans la lie du vin,
L’amoureuse dans
sa chair enlacée,
Les abeilles dans la chaleur de la ruche.
Viens sur mille sentiers,
Neige fondue,
Pluie mêlée au soleil,
Herbe folle écartelant la terre,
Feuille tombée,
Raisins au pressoir,
Balbutiement du moût dans les tonneaux,
Cristallise-toi d’un coup
Dans les mots murmurés par l’homme
A l’oreille de la bien-aimée,
Enveloppés dans un baiser,
A peine compris,
Frêles et chauds :
Je suis près de toi.

(Mihai Beniuc)

 

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La poésie n’est plus l’attribut du poème (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



La poésie n’est plus l’attribut du poème,
mais un attribut caché de ce qui existe,
son horizon dans l’âme des hommes,
c’est-à-dire l’horizon, dans ce qui aspire à l’être,
de ce qui aspire à la mort.

Nous n’avons plus à cristalliser la beauté dans le vase clos d’une oeuvre,
nous portons en nous la cristallisation poétique de tout ce qui est manifesté.
L’amour du réel n’est que le pressentiment de la beauté à y dévoiler.
L’image, l’acte poétique vaudront par le changement qu’ils seront susceptibles d’opérer dans la vision.

(Joë Bousquet)

Illustration

 

 

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Je me souviens d’un lac heureux (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



 

Emil Nolde  -Red_Clouds

Notion me reste du beau temps
Je me souviens d’un lac heureux
Toujours éveillé dans mes rêves
Ses reflets vus sur ton visage
Venaient m’illuminer la nuit
Lac absorbant le pur soleil
Comme les fruits comme ta chair
Immense tache de saveur

Goutte de parfum sur le monde
Nous l’avons respirée ensemble
Et toi tu étais comme lui
Et la lumière pour me plaire
Ne me trouvait que dans tes yeux
Ton bonheur était ma beauté
Ton parfum était ma santé
Et maintenant que reste-t-il

O lac gelé ô belle tranche
Cristallisant mes souvenirs
Je n’ai qu’une faible défense
Comme pour toi tout m’est trop lourd
La mince apparence se brise
Et se noie ainsi chaque jour
Une pauvre raison de vivre
Qui ne veut vivre sans amour

(Ernest Delève)

Illustration: Emil Nolde

 

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Frémissement (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Xing Jianjian 
    
Frémissement
à l’intime
du silence

un murmure
d’abord indistinct

puis des mots cristallisent
se nouent les uns aux autres

avec et sans moi
un poème se dicte
me fait don d’une vie
plus intense que la vie

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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L’amoureuse (Sylvie Fabre G)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



L’amoureuse part loin,
si loin en elle.

L’amour ressemble au loriot
— chant, vol noir ensauvagent
— sa voix t’apprend.
Pénétré l’inexprimable,
ton corps cristallise.

Le miracle épingle l’instant, déroule le réel,
épelle ton dos, vertèbre après vertèbre,
te tient à la pointe du présent.

Il souffle là si grand vent,
tu t’arc-boutes,
tu résistes à l’emportement.

Adossée à la falaise des sens, suspendue,
tout vide en bouche vaincu,
tu dis
OUI.

(Sylvie Fabre G)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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