Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘croisement’

Le présent (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



    

le présent traverse le corps

la nuque regarde le passé
toi
au croisement

tu es l’instant propice

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au croisement (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Alexandre de Riquer
    
au croisement
une voix a appelé je suis venue
je suis venue car on m’appelait
je suis venue et j’ai eu peur de tomber

au croisement
j’ai bouché mes oreilles de gelée blanche
et j’ai crié
pour tout ce que j’avais perdu !

(Hannah Senesh)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TA SEULE VIE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



 

Elihu Vedder  Memory

TA SEULE VIE

Un jour tu vins au monde…

Sais-tu par quel hasard quels assemblages
quelle alchimie quels détours
se risquait ta venue ?

Sais-tu quels croisements de siècles d’ancêtres
d’histoires de lieux
convergeaient vers ton être ?

Au coeur de quelles métamorphoses quelles lois
quelles transcriptions quelles esquives
se déchiffrait ton signe ?

Par quel absurde devenu possible
s’agença ton projet ?

Par quelles absences quelles confluences
cheminait l’option ?

Sais-tu par quelle fissure
quel voisinage quel rythme

par quel renfort de noces
de morts et d’autres vies
se délivrait ta vie ?

Venu de si loin de tellement loin, mon frère
maraudant dans les fourrés de l’espace
franchissant les soubresauts
traversant les pesanteurs
Voilà que tu survins !…

Voilà qu’on te livra ta seule vie, mon frère,
Et que tu l’immolas avant qu’elle ne prît fin !

(Andrée Chedid)

Illustration: Elihu Vedder

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J‘entraîne mes pas (Thierry Metz)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2017



J‘entraîne mes pas.
Dans une demeure que je n’attendais pas,
si frêle
où ma voix
comme une torche
s’éteint.
Ne s’entend plus
que sur un bûcher.

Mais la voix revient, chargée de foin :
Où sommes-nous ?
Quelle heure est-il ?
Il n’est que maintenant.
Et c’est le livre.
Et je n’ai rien trouvé d’autre.
Mais je sème.
Tout ce que je suis.
Pour qu’il y ait un chemin au croisement de nos voix.
Je me tais.
J’écoute.
Un oiseau s’est posé sur moi.
Quelqu’un dans la haie
a ouvert un livre
malgré les épines

(Thierry Metz)

Illustration: Julie Heffernan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai passé ma vie à dénouer les ombres croisées (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2016



 

J’ai passé ma vie
à dénouer les ombres croisées

Et quand tu es venu à moi
j’avais terriblement vieilli
Devant toi
je n’ai pas su si j’étais
croisement
ou ombre

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Eric Fortune

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Il y avait une lumière fraiche sur la route (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



petite-fille-29

Il y avait une lumière fraiche sur la route
Le croisement restait vide
Ici et là se balançaient doucement.
Le soleil incrustait dans toutes les vitres
Ses diamants fervents.
Sur la pelouse devant la maison
Une petite fille en robe verte
Tenait une poupée par la main.
Souhaitant l’ombre,
Elle souriait vers celle qui tirait
Les traits de feu.

(Heather Dohollau)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Là (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2016



Là,
au croisement d’une chouette
et d’un rossignol,
se trouve ma croix.

(Yannis Ritsos)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | 3 Comments »

Les pins, les nuages et le ciel (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2015



Alexandre Pavlenko 1974 - Ukrainian Pointillist painter (59) [1280x768]

Les pins, les nuages et le ciel
Se reflètent en foyers mobiles
Un bref croisement de pupilles,
Chacun repart vers l’essentiel.

La souple surface des prés
Imite la peau cervicale,
La journée s’agite et s’étale ;
Retour au calme. Le jeu diapré

Des masses d’air en flaques huileuses
Qui circulent entre les collines
Capte nos intuitions, les ruine ;
L’après-midi est amoureuse.

Les noyaux de conscience du monde
Circulent sur leurs pattes arrière
Entre l’espace et sa lisière ;
Chacun sait que la Terre est ronde.

Chacun sait qu’il y a l’espace
Et que son ultime surface
Est dans nos yeux, et nous ressemble
(Ou qu’il ressemble à nos cerveaux,
Comme le modèle au tableau) ;
Quand nous tremblons, le monde tremble.

L’anneau de nos désirs
Se formait en silence
Il y a eu un soupir,
L’écho d’une présence.

Quand nous traverserons la peur
Un autre monde apparaîtra
Il y aura de nouvelles couleurs
Et notre coeur se remplira
De souffles qui seront des senteurs.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Alexandre Pavlenko

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :