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Poésie

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C’est dans le sommet que j’habite (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
C’est dans le sommet que j’habite,
Où la lumière est crue.
Une herbe tendre comme une croupe.
Paysage masculin, féminin,
Hanté de plaques tournantes,
Autant d’arbres, autant de cadrans
Et personne pour lire l’heure.

C’est avant le déluge
Promis à la destruction,
Détruit avant d’être créé,
Quelque chose comme l’innocence non révélée,
Le bleu clair qui sonne
Dans un air sans tympan,
Un dieu sans visage enfoui dans le cœur de l’arbre,
Mais qui ordonne tout
A partir de l’ombre ou du jour, on ne sait pas.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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L’hiver venait à peine de mourir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

L’hiver venait à peine de mourir
et tout était offert
de ce qu’on appelle la terre et le ciel
la mer et ses cantiques
ce qui n’est à personne
un peuple de graminées
à l’ancre d’un rocher
l’air cru l’effervescence
la lune sur les prés
dans un autre silence

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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SOIF (László Lator)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



franz-guillery-36

SOIF

Oh quelle faim quelle soif j’ai de toi,
chaque partie de toi je la mange ou la bois,
donne ta bouche, ta langue, tes dents – glu,
donne tes odeurs et tes arômes crues,

l’alcool fou de la sueur qui s’évapore
et qui pétille d’entre les flocons d’or
dans la coque de ton aisselle, et du ventre rond,
ta large croupe, la fleur des seins, fais don,

serre-moi dans tes bras, tes cuisses, tandis
que de ton corps je brise l’ardent huis,
ouvre tout grands tes flancs, fais-moi breuvage
d’âpres sèves au goût d’herbe sauvage,

quand la molle fleur, rosée au calice,
donnant de nouvelles soifs de ses épices,
se resserre, et que le plaisir dans les nerfs
accoure à nouveau dans tes reins, dans ta chair,

et que dessous l’épiderme est près d’exploser,
c’est l’instant brume-feu d’avant exister,
cellules qui grésillent, veines chancellent
et travaillent à m’engloutir en elles,

afin que par tes flancs – glissade et morsure –
me happe de nouveau ce monde obscur
où les secrètes nuits noires du vécu
lentement sont en train de se mettre à nu.

(László Lator)

 Illustration: Franz Guillery 

 

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Les mauvais jours (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



Les mauvais jours

Que mon bonheur porte ton nom,
Que tes yeux rongent mon espace,
Que je sois ton terrain conquis.

Ainsi deviendrons-nous
Cette rose unique
A jamais sauvée
Du long dessèchement.

Ainsi pourrons-nous vivre
Sans faiblir au cœur
Des foules grimaçantes
Et soutenir la lumière crue
Des mauvais jours.

(Jean Orizet)

Illustration: Andrei Protsouk

 

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Les fruits sauvages (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2016



Les fruits sauvages

Si dans les bois vous rencontrez Prunelle,
Dites-lui donc que je veux la revoir.
Je lécherai le sang bleu de ses lèvres
Et de ses yeux je prendrai tout l’or noir.

Je la savais jalouse de Myrtille,
Mais à ce point, je ne l’aurais pas cru.
J’aime les fruits quand les fruits sont des filles
Pour les manger comme un ogre tout crus.

Ne dites pas à la tendre Noisette
Que mon espoir en elle est sauvageon.
Pour mieux l’aimer j’inventerai des fêtes
Car écureuil suis plus que de raison.

Je sais l’orée où se cache la Fraise
Sous une feuille ouverte par pudeur,
Mais en amour la fraise c’est la braise,
Elle a gardé la forme de mon coeur.

Si pour le charme il n’est que d’Aubépine,
En rougissant je me pique à son jeu.
Je ronsardise et la fais masculine
Pour être trois tout en n’étant que deux.

J’entends déjà cet orchestre de mûres
Sous le mistral donner d’autres concerts
Et moi j’écoute en battant démesure
La bouche rouge au sein du monde vert.

En ce temps-là, Prunelle aimait Myrtille
Et la Noisette à la Fraise rêvait.
Si l’Aubépine et la Mûre chantaient,
Je ne connus de filles si gentilles,
Tendres amours en de tendres forêts.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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Le temps nous dévore crus (Jim Harrison)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2016



Paramecie

Le temps nous dévore crus.
Pour mon anniversaire, hier,
je n’étais que d’un jour plus vieux
bien que j’aie commencé unicellulaire
il y a dix millions d’éternités dans le bourbier de la
vieille ferme.

***

Time eats us alive.
On my birthday yesterday
I was only one day older
though I began 10 million eons ago
as a single cell in the old mud homestead.

(Jim Harrison)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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C’est moi qui ferai le feu (Régine Foloppe Ganne)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2016



C’est moi qui ferai le feu
Avec les fruits morts, les tiges
Avec le roux du ciel cru.

L’hiver,
C’est moi qui ferai le sentiment.

Qui penserait qu’on s’est connus ?

(Régine Foloppe Ganne)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Je suis gourmand de toi (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2015


femmechocolat_m

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Acide et sucre
Ma truite vive
Qu’on croque crue
Ma chair chaude
Pulpe et sang

Je suis gourmand de toi
Hanche de colline mûre
Bouche de ruisseau gorgé
Ventre de fauve repus

Je suis gourmand de toi
Printemps fondant
Eté croquant
Automne pulpeux
Hiver savoureux

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Ma truite vive
Ma chair chaude

Par delà toute aurore
Par delà toute vie
Je suis gourmand de toi
De toi

(anonyme eskimo)

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Le coeur se mange cru (Hubert Nyssen)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2015



Videz l’amour
réservez le coeur
salez poivrez l’intérieur
puis ajoutez le songe
une coquille d’amertume
cousez les déchirures
bridez les ailes
disposez sur le feu
retournez quatre fois
à l’heure des marées
faites dorer la plage
canapé sur le quel
vous servirez l’amour.

Le coeur se mange cru.

(Hubert Nyssen)

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