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Poésie

Posts Tagged ‘cueilli’

TOUJOURS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019




    
TOUJOURS

D’une fleur cueillie à l’autre offerte
l’inexprimable rien

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Rémy Disch

 

 

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Apparition (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



 

Bogdan Prystrom 3040

Apparition

La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
— C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

(Stéphane Mallarmé)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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Je vous envoie un bouquet (Pierre de Ronsard)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019




Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanouies;
Qui ne les eût à ce vêpre cueillies
Chutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés bien qu’elles soient fleuries
En peu de temps cherront toutes flétries
Et comme fleurs périront tout soudain.

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous, nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame ;

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle;
Pour ce, aimez-moi cependant qu’êtes belle.

(Pierre de Ronsard)

Illustration

 

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Petite pomme (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Petite pomme

La petite pomme s’ennuie
De n’être pas encore cueillie.
Les autres pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne !
Les jours sont courts ! Il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu’on est pomme.

Je n’en puis plus viens me cueillir,
Tu viens me cueillir Isabelle ?
Comme c’est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu’on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.

(Norge)

 

 

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La fleur d’eau (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Paul Chabas Painting 25

La fleur d’eau

Fleur naine et bleue, et triste, où se cache un emblème,
Où l’absence a souvent respiré le mot : J’aime !
Où l’aile d’une fée a laissé ses couleurs,
Toi, qu’on devrait nommer le colibri des fleurs,
Traduis-moi : porte au loin ce que je n’ose écrire ;
Console un malheureux comme eût fait mon sourire :
Enlevée au ruisseau qui délasse mes pas,
Dis à mon cher absent qu’on ne l’oubliera pas !

Dis qu’à son coeur fermé je vois ce qui se passe ;
Dis qu’entre nos douleurs je ne sens pour espace
Que ton voile charmant d’amitié, que toujours
Je puise dans ma foi les voeux que tu lui portes,
Que je les lui dédie avec tes feuilles mortes,
Frêles et seuls parfums répandus sur mes jours ;
Dis qu’à veiller pour lui mon âme se consume,
Qu’elle a froid, qu’elle attend qu’un regard la rallume !

Dis que je veux ainsi me pencher sous mes pleurs,
Ne trouver nulle joie au monde, au jour, aux fleurs ;
Que la source d’amour est scellée en mon âme,
Que je sais bien quelle âme y répondrait encor,
Dont je serais la vie, et qui serait ma flamme ;
Il le sait bien aussi : mais cette âme, elle dort ;
Elle dort dans l’absence où s’effeuille ma vie,
Où tu me dis pourtant que j’en serai suivie,
Et ranimée un jour. Mais qu’il nous faut encor,
Lui, brûler ; moi, languir pour contenter le sort.

Va donc comme un oeil d’ange éveiller son courage ;
Dis que je t’ai cueillie à la fin d’un orage ;
Que je t’envoie à lui comme un baiser d’espoir
Et que se joindre ainsi c’est presque se revoir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Paul Chabas

 

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Retouche à la liaison (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
retouche à la liaison

Tu t’éloignes
avec ce penchement des fleurs trop tard cueillies
dont l’odeur de paille donne au couloir de la maison
le gris d’une parole mal entendue

et l’escalier ne monte plus qu’au souvenir des fêtes
vers la chambre
où la lumière a la tristesse
de l’amour-propre blessé.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Cueillie au printemps (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2016



Le poète se souvient d’une fleur…

cueillie au printemps

Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde
Éveilla, malice ou mégarde,
mon désir pas encor viril.

C’est ta bouche au rose grésil
Qui fut pour ton page, Hildegarde,
Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde.

J’ai connu les deuils, le péril,
Depuis, et l’angoisse hagarde !
mais qu’importe, puisque je garde
Fraîche en mon vieux coeur puéril
Une rose d’un mois d’avril !

(Catulle Mendès)

 

 

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Les lupins violets sur la lande (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2016




Les lupins violets sur la
lande ont été cueillis
à nulle pourtant donnés
restés là dans la boue
parmi les barbelés, l’attente
les wagons sont partis
pleins de chair vive et de
pensée — enfants où sont
vos pleurs, vieillards êtes-vous
morts, les trains sont arrivés
sur une autre lande, les lupins
violets fleurissent, tout
est si incompréhensible

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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Le Départ (Henri de Régnier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2016



Le Départ

Je n’emporte avec moi sur la mer sans retour
Qu’une rose cueillie à notre long amour.
J’ai tout quitté ; mon pas laisse encor sur la grève
Empreinte au sable insoucieux sa trace brève
Et la mer en montant aura vite effacé
Ce vestige incertain qu’y laissa mon passé.
Parlons ! que l’âpre vent en mes voiles tendues
Souffle et m’entraîne loin de la terre perdue Là-bas.
Qu’un autre pleure en fuite à l’horizon
La tuile rouge encore au toit de sa maison,
Là-bas, diminuée et déjà si lointaine !
Qu’il regrette le clos, le champ et la fontaine !
Moi je ferme la porte et je ne pleure pas.
Et puissent, si les dieux me mènent au trépas,
Les flots m’ensevelir en la tombe que creuse
Au voyageur la mer perfide et dangereuse !
Car je mourrai debout comme tu m’auras vu,
Sur la proue, au départ, heureux et gai, pourvu
Que la rose à jamais de mon amour vivant
Embaume la tempête et parfume le vent.

***

The Departure

I take with me on the sea of no return
A single rose gathered from our long-lasting love.
I have left everything; my step yet leaves on the strand
Printed on the careless sand its fleeting mark
And the advancing sea will have quickly effaced
This uncertain remnant of my past.
Let us go! May the harsh wind in my straining sails
Blow and carry me far from the lost land
Yonder. May another weep on the fleeing horizon
For the still red tiles of his home,
Yonder, smaller and already so distant!
May he long for the orchard, the field and the fountain!
I close the door, I do not weep.
And may, if the gods lead me to my doom.
The waves bury me in the tomb dug
For the traveller by the perfidious, dangerous sea!
For I shall die upright as you will have seen me,
On the prow, when departing, happy and gay, provided
That the ever living rose of my love
Embalms the storm and perfumes the wind.

(Henri de Régnier)

 

 

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