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Posts Tagged ‘cueillir’

LA TIGE D’OEILLET (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



Viktor Karlovich Shtemberg standing-nude [800x600]

LA TIGE D’OEILLET

Éros m’a frappé d’une tige molle
D’oeillets odorants récemment cueillis.
Il fuit à travers les sombres taillis,
A travers les prés il m’entraîne et vole.
Sans une onde vive où me ranimer,
Je le suis, je cours dés l’aube vermeille;
Mes yeux sont déjà près de se fermer,
Je meurs; mais le Dieu me dit à l’oreille:
Oh! le faible coeur qui ne peut aimer!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Viktor Karlovich Shtemberg 

 

 

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THALIARQUE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Eugène Begarat JEUNE FILLE EN ROUGE [800x600]

THALIARQUE

Ne crains pas de puiser aux réduits du cellier
Le vin scellé quatre ans dans l’amphore rustique ;
Laisse aux Dieux d’apaiser la mer et l’orme antique,
Thaliarque ! Qu’un beau feu s’égaye en ton foyer !

Pour toi, mets à profit la vieillesse tardive :
Il est plus d’une rose aux buissons du chemin.
Cueille ton jour fleuri sans croire au lendemain ;
Prends en souci l’amour et l’heure fugitive.

Les entretiens sont doux sous le portique ami ;
Dans les bois où Phoebé glisse ses lueurs pures,
Il est doux d’effleurer les flottantes ceintures
Et de baiser des mains rebelles à demi.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Eugène Begarat 

 

 

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Offrande (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

Catherine Besnard__Connivence-Femme-coquillage

Offrande

Au creux d’un coquillage
Que vienne l’heure claire
Je cueillerai la mer
Et je te l’offrirai.

Y dansera le ciel
Que vienne l’heure belle.
Y dansera le ciel
Et un vol d’hirondelle
Et un bout de nuage
Confondant les images
En l’aurore nouvelle
Dans un reflet moiré
Dans un peu de marée
Dans un rien de mirage
Au fond d’un coquillage.

Et te les offrirai.

(Esther Granek)

Illustration: Catherine Besnard

 

 

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Creuser (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019



Creuser

Creuser la boue
Cueillir l’étincelle

Creuser l’âge
Recueillir l’instant

Creuser la vie
Accueillir sa fin.

(Andrée Chedid)


Illustration: Zheng Fanzhi

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La femme cueille doucement (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019



lezard-vert-lacerta-viridis [800x600]

La femme cueille doucement
le champignon dénommé marasme fraternel
un lézard gris vert
frôle une feuille immense à grosses nervures.
Près d’une masure
qu’entoure du blé noir
l’homme a pêché une brème carpée
il en est content, regarde l’horizon
le temps divisé par les horloges
qui sonnent l’une l’autre
va vers un avenir tenace.
Survient le sentiment du vide.

(Jean Follain)

 Illustration

 

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La montagne à gravir (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019




    
La montagne à gravir
je la fais attendre
pour cueillir les églantines

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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L’aubergine (Hosai)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



l’aubergine juste cueillie
grince
quand je la lave

(Hosai)

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Je suis riche de soirs et d’aurores (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



 

Antonio Sgarbossa 1945 - Italian Figurative painter -  Tutt'Art@ (2)

Je suis riche de soirs et d’aurores,
De chants, de parfums, de clarté;
Quel fruit cueillerais-je encore
Au verger de ta beauté?

Je suis ivre d’étés et d’automnes,
De fleurs, de fruits et de vins;
Tu m’as fait de toi-même aumône :
Qu’aurais-je imploré demain?

Mon rêve est réalisé
(L’avais-je rêvé si beau?)
Et pourtant mon coeur est brisé,
Et je songe qu’on rêve au tombeau.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Antonio Sgarbossa

 

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AME DE NUIT (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



 

Albert Joseph Moore (9) [1280x768]

AME DE NUIT

Mon âme en est triste à la fin;
Elle est triste enfin d’être lasse,
Elle est lasse enfin d’être en vain,
Elle est triste et lasse à la fin,
Et j’attends vos mains sur ma face.

J’attends vos doigts purs sur ma face,
Pareils à des anges de glace,
J’attends qu’ils m’apportent l’anneau;
J’attends leur fraîcheur sur ma face,
Comme un trésor au fond de l’eau.

Et j’attends enfin leurs remèdes,
Pour ne pas mourir au soleil,
Mourir sans espoir au soleil!
J’attends qu’ils lavent mes yeux tièdes
Où tant de pauvres ont sommeil!

Où tant de cygnes sur la mer,
De cygnes errants sur la mer,
Tendent en vain leur col morose,
Où le long des jardins d’hiver
Des malades cueillent des roses.

J’attends vos doigts purs sur ma face,
Pareils à des anges de glace,
J’attends qu’ils mouillent mes regards,
L’herbe morte de mes regards,
Où tant d’agneaux las sont épars!

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Albert Joseph Moore

 

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Votre rire est éclatant comme un bel oiseau des Iles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



I

Votre rire est éclatant
Comme un bel oiseau des Iles.
Mais à rire on perd son temps,
O ma soeur, ma soeur fragile !

Vous savez des jeux plus fous
Que celui de « pigeon-vole ».
C’est un mauvais point pour vous,
O ma soeur, ma soeur frivole !

Vous manquez de sérieux
Et de vertus ménagères.
Vous n’irez jamais aux cieux,
O ma soeur, ma soeur légère !

II

Pourquoi ces mains, dont vous ne faites
Qu’un usage absolument vain ?
Mais quelle fête,
Quand je saisis leurs doigts divins !

Pourquoi ces yeux où ne réside
Rien du tout, pas même l’ennui ?
Mais quel suicide
Que de les perdre dans la nuit !

Pourquoi ces lèvres d’où j’écoute
Tomber des mots sans intérêt ?
Mais quelle absoute
Leur seul baiser me donnerait !

III

Le rire clair, l’âme sans reproche,
Un regard pur comme du cristal,
Elle viendra, puisque c’est fatal !
Moi, je l’attends les mains dans les poches.

A tout hasard, je me suis pourvu
D’un stock d’amour et de prévenances,
N’oubliant point qu’en cette existence
Il faut compter avec l’imprévu.

Tu n’auras donc, petite vestale,
Qu’à t’installer un jour dans mon coeur,
Il est, je crois, plus riche en couleur
Que ton album de cartes postales.

IV

Depuis tant de jours il a plu!
Pourtant, voilà que recommence
Un printemps comme on n’en voit plus,
Chère, sinon dans tes romances.

Adieu rhumes et fluxions !
Adieu l’hiver, saison brutale !
C’est, ou jamais, l’occasion
D’avoir l’âme sentimentale.

Que ne puis-je, traînant les pieds,
Et mâchonnant ma cigarette,
Cueillir pour toi, sur les sentiers,
De gros bouquets de pâquerettes !

V

Amie aux gestes éphémères,
Cher petit être insoucieux,
Je ne veux plus d’autre chimère
Que l’azur calme de tes yeux.

Pas besoin d’y chercher une âme !
De tels objets sont superflus.
Le seul bonheur que je réclame,
C’est de m’y reposer, sans plus.

Que m’importe l’horreur du vide ?
Je vais plonger, à tout hasard,
Ainsi qu’un nageur intrépide,
Dans le néant de ton regard.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Jeff Scher

 

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