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HOMMAGE A JEROME BOSCH (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




HOMMAGE A JEROME BOSCH

Deux rats pour chaque habitant,
en surface personne n’y prend garde.
Et les jolies femmes traversent les Tuileries,
pendant qu’une race
cuirassée de caoutchouc
défend pas à pas les galeries,
usant de pièges et de poisons
auxquels s’adaptent les bêtes.

(Gérard Noiret)

Illustration: Jérôme Bosch

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CANZONE : SUR L’ENCENS (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015




CANZONE : SUR L’ENCENS

Votre gracieuse aisance,
Ô Dame de mon coeur,
A jeté sur ma pensée un charme sacré.
Comme les flambeaux d’ambre quand d’étranges chevaliers
Avancent légèrement sous le bouclier damassé de la nuit,
S’élèvent de l’acier fuyant venu se refléter,
De même, sur ma pensée cuirassée qui vous accompagne,
Le chemin serait-il noir, tombe le charme sacré.

II
L’encensoir se balance,
Et les charbons ardents doivent
Libérer ce que l’oliban tenait avant serré,
Jusqu’à ce que, sur les fermes de l’est, l’été
Trouble les sens et rêve dans la lumière,
Comme la mémoire, corrigée par l’amour qui naît,
Avec la saveur que seul un nouvel amour connaît,
Par des chemins subtils, se rappelle le passé caché.

III
Les jours d’absence,
Lorsque, à l’écart, j’ai
Médité sur votre immense charme,
J’ai vu, sous le charme d’une musique ailée
Le silence qui vous crée. Ô rare délice!
Sons clairs modulés de la mélodie
Assourdis quand votre présence enveloppait le mépris,
Dans un accord de notes tremblantes qui jamais n’a faibli.

IV
Incandescence,
Qui, des flèches du soleil
A vêtu d’or tours et mâts dominants,
La flamme safran, feu qui ne blesse pas
Cache la perle du Khédive et la puissance du saphir
Des vagues lisses, devant sa porte rassemblée.
Ce manteau de grâce qui, autour de vous, rougeoie,
Cache la chose que vous êtes, ainsi décrite.

V
Toutes les choses méritant louange,
Qui vers le marché du Khédive
Venues de si loin, ont traversé maints périls,
Santal, myrrhe et nard qui désarment
La brusque colère du léopard, tout cela n’est rien
A côté de vos merveilles, Khédive! Protégé seulement

Par son immense grâce qui se reflète en lui,
Mon chant s’envole et implore merci.

VI
Ô Encensoir de la pensée qui brille,
Sois lumineux devant elle à la tombée de la nuit.

VII
Sois fragrant comme le champ nouveau qu’on moissonne,
Ô mon chant qui à « Elle » demande merci.

(Ezra Pound)

 

 

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