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Poésie

Posts Tagged ‘cuire’

La haine en été (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019


 

Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.

(Jean Follain)

 

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CUlSSON DES PIERRES (Kikuo Takano)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

pauvrete

CUlSSON DES PIERRES
ISHI O NITE

nous vivons en faisant cuire des pierres
nous les cuisons à petit feu
nous faisons cuire des pierres
nous faisons cuire des pierres
nous vivons en cuisant des pierres

sans colère
sans amour
sans faim

ce n’est pas à cause de nos aspirations, bien sûr
il n’y a qu’un seul éclat de pierre
nous ne faisons que mitonner des pierres
sans raison
sans but
ce n’est pas folie du tout, bien sûr

(Kikuo Takano)

Illustration

 

http://mediabenews.wordpress.com/2012/07/05/france-les-pauvres-fauches-par-la-crise/

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LES QUATRE ÉLÉMENTS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



terre eau feu air  [800x600]

TERRE.

Bon manger de terre,
Bêtes et gens !
Puis irez vous taire
Terriblement.

EAU.

Tout bu, toute l’eau
Des mers sonores
Et le cœur dit : ô
J’ai soif encore.

FEU.

Seul feu, seule flamme
C’est feu d’enfer
Qui sait cuire l’âme
Avec la chair.

AIR.

L’espace infini
Pour toi se cambre ;
Eh ! désir voici
Enfin ta chambre

(Norge)

 

 

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LES QUATRE ÉLÉMENTS (Géo Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018




    
LES QUATRE ÉLÉMENTS

TERRE.
Bon manger de terre,
Bêtes et gens !
Puis irez vous taire
Terriblement.

EAU.
Tout bu, toute l’eau
Des mers sonores
Et le coeur dit : ô,
J’ai soif encore.

FEU.
Seul feu, seule flamme
C’est feu d’enfer
Qui sait cuire l’âme
Avec la chair.

AIR.
L’espace infini
Pour toi se cambre ;
Eh ! désir voici
Enfin ta chambre.

(Géo Norge)

 

Recueil: Les Râpes
Editions: Seghers

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POUR UN ART POÉTIQUE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration
    
POUR UN ART POÉTIQUE

Prenez un mot prenez-en deux
faites-les cuir’ comme des oeufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d’innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et puis mettez les voiles

où voulez-vous en venir ?
À écrire
Vraiment ? à écrire ? ?

(Raymond Queneau)

 

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Le pain que je fais cuire (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Le pain que je fais cuire avec ma mère odeur
qui embaume le plein jour du plein été
je le renferme dans mon souvenir

(Tawara Machi)


Illustration: ArbreaPhotos

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COMPLAINTE DU MARIN TROMPÉ (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Paul Perraudin
    
COMPLAINTE DU MARIN TROMPÉ

Quand j’ai quitté Nantes,
Sur mon bâtiment,
J’avais une amante
Pleine d’agrément,
Une souris blanche,
Un bijou charmant.

C’est Marie Jannick
De Landivisiau,
Qui tue les moustiques
Avec son sabot,
Fait danser les filles,
Chanter les oiseaux.

Qui m’a pris ma belle
Au dernier retour.
Moi qui n’aimais qu’elle,
Faut changer d’amour,
Pour moudre à ma vielle,
Pour cuire à mon four.

Sur « Le Roi-d’Espagne »
Ou sur « La Licorne »,
Je ferai campagne,
Va, jusqu’au cap Horn.
En manoeuvre au large,
Ça vaut davantage
Que d’être en Bretagne
Une bête á cornes.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le ciel et la terre sont vastes, dit-on (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



 

katsushika hokusai-fantome-japonais-gravure-sur-bois-n-1350918-0

Le ciel et la terre
Sont vastes, dit-on
Mais pour moi
Comme ils sont étroits!
Le soleil et la lune
Brillent, à ce qu’on assure,
Mais pour moi
Ils ne luisent guère,
En est-il pour tous de même
Ou pour moi seulement ?
Par fortune
Je me trouve homme.
Comme tous les autres hommes
Je suis fait.
Ma veste de toile
Non doublée
Pend en lambeaux
Comme du varech.
Ce ne sont que haillons
Jetés sur mes épaules
Dans ma cabane
Qui penche, croulante,
Le sol nu
Est jonché de la paille tirée d’une botte.
Mon père et ma mère
Dorment près de mon chevet.
Ma femme et mes enfants
A mes pieds
M’entourent
En geignant.
Du foyer
Aucune fumée ne s’élève
Dans la marmite
Les araignées ont tissé leurs toiles.
On a oublié
Comment on fait cuire un repas.
Nous sommes là gémissants
Comme l’oiseau nue
Quand le chef du village
porteur de sa canne
Jusque dans notre chambre
Vient nous appeler
Pour raccourcir,
Comme on dit,
Un bâton déjà
Trop court.
Est-elle donc à tel point
Sans remède
La vie de ce monde ?

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Katsushika Hokusai

 

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Chef chef et derechef (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Chef chef et derechef
1
Mon père était chef de cuisine
Du sel par-ci du sel par-là
Mon père était chef de cuisine
Du sel par-ci du sel par-là
Vive un poulet cuit à la broche
Le boeuf bouilli, l’huître de roche
Vive le sel vive le pain
Surtout vive le vin.
Mon père était chef de cuisine
Il m’apprit l’art de bien manger
Le pain est fait avec de la farine
Le vin est fait avec de bons raisins
Il m’apprit l’art de bien manger
Et de vivre en buvant du vin.

2
Mon mari est un chef de gare
Signal par-ci signal par-là
Mon mari est un chef de gare
Signal par-ci signal par-là
Vive un express à cent à l’heure
Vive la gare qui demeure
Vive le rail et le charbon
Et puis vive les ponts.
Mon mari est un chef de gare
Il m’apprit l’art de bien aimer
Aux cris des trains qui filent dare-dare
L’amour s’enfuit aussi vite qu’un train
Il m’apprit l’art de bien aimer
D’aimer toujours, d’aimer sans frein.

3
Mon amant est un chef d’orchestre
Du si par-ci, du mi par-là
Mon amant est un chef d’orchestre
Du si par-ci, du mi par-là
Vive un piano noir et sonore
Vivent les dents dont il s’honore
Vive sa queue évidemment
Et tous les instruments.
Mon amant est un chef d’orchestre
Il m’apprit l’art de mesurer
Le doux plaisir des voluptés terrestres
Ah! qu’il est doux de bien jouer dans le ton
Ré mi fa sol la si do ré
Vive mon chef et son bâton.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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En revenant du puits (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
En revenant du puits
vois ce que j’ai cueilli
un joli brin
de romarin

Ne dis pas que je t’ai trahi
À chaque jour sa peine suffit
Et mets ta main
sur mon blanc sein

Sur ta joue la larme essuie
Nos jours ne sont pas de suie
Mange le pain
cuit à dessein

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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