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C’est dur d’en faire un poème! (Michel Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
C’est dur d’en faire un poème!

Tous les enfants de la terre
n’ont pas cueilli les mêmes fleurs
reçu les mêmes caresses
appris les mêmes chansons

Certains sont même non loin d’ici
les derniers esclaves cachés au grand jour
qui sèment dans les rizières
récoltent le café grain à grain
talons dans la poussière accroupis
tirent tous les fils de tapis moelleux
couleurs en fête
qu’on admirera bientôt aux étals
du luxe à vendre et à revendre
ou encore ventre creux loqueteux
leurs mains nues retournent
les décharges immondes
à la recherche d’éclats d’étoile

Dans le ventre des ténèbres
d’autres enfants au visage blafard
s’enfoncent dans des trous avides
pour en arracher l’or et le cuivre
qui brilleront bientôt sous les néons
des villes-lumière
Certains jamais ne voient le soleil…

Cela ne s’invente pas
cela n’est pas une histoire
C’est dur d’en faire un poème!

(Michel Ménaché)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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Festival (José Acquelin)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
Festival

plus je vis
moins je sais ce que je suis
donc plus je suis identique
à ce qui n’a pas d’identité

des corneilles craillent à la lune
le soleil use le cuivre du clocher
les arbres colorient doucement leurs pages
des hommes voyagent de peau en peau

puis un jour sans le savoir
ils traversent le bleu du ciel
pour aller relier la lumière
des étoiles entre elles

(José Acquelin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le zéro est l’origine de l’au-delà
Traduction:
Editions : Les Herbes rouges

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Chrysanthèmes (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Claude Monet  chrysanthèmes

Chrysanthèmes:
Ces énormes amoncellements et ces toisons de neige,
ces disques et ces globes de cuivre rouge,
ces sphères de vieil argent,
ces trophées d’albâtre et d’améthyste…

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Claude Monet

 

 

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Matin d’octobre (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Matin d’octobre

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Poisson bleu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



J’ouvre ma porte grande
Car le jour y frappa ;
Il pénètre et la lande
Le suit à petits pas.

La senteur des fougères
Et l’haleine des champs
Se mélangent aux chants
Et aux cris des bergères.

Autour de la maison,
J’écoute pousser l’herbe :
Je vois mûrir la gerbe,
Les fruits de la saison.

Je ferme alors mon livre,
Dans l’âtre allume un feu
Sous la plaque de cuivre
Pour cuire un poisson bleu.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Les feuilles confuses respirent (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Les feuilles confuses respirent,
Un noir vent bruit,
Au ciel une hirondelle tremble
Et trace un cercle.

Faiblement dispute, en
Mon coeur tendre et mourant,
Le crépuscule qui tombe,
Avec le dernier rayon.

Au-dessus de la forêt sombre
Se lève une lune de cuivre;
Pourquoi si peu de musique
Et pourquoi un tel silence?

(Ossip Mandelstam)

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Pourquoi si peu de musique (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



Les feuilles au souffle confus,
Le vent noir les fait frissonner
Et l’hirondelle frémissante
Trace un cercle dans le ciel sombre.

La ténèbre qui s’épaissit
Discute en mon coeur doucement
(Mon tendre coeur agonisant)
Avec le rayon qui s’éteint.

Sur la forêt qu’enveloppe le soir
Paraît une lune de cuivre.
Mais pourquoi si peu de musique
Quand il fait un si grand silence ?

(Ossip Mandelstam)

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Le château de l’espérance (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Le château de l’espérance

Ta pâle chevelure ondoie
Parmi les parfums de ta peau
Comme folâtre un blanc drapeau
Dont la soie au soleil blondoie.

Las de battre dans les sanglots
L’air d’un tambour que l’eau défonce,
Mon coeur à son passé renonce
Et, déroulant ta tresse en flots,

Marche à l’assaut, monte, – ou roule ivre
Par des marais de sang, afin
De planter ce drapeau d’or fin
Sur ce sombre château de cuivre

– Où, larmoyant de nonchaloir,
L’Espérance rebrousse et lisse
Sans qu’un astre pâle jaillisse
La Nuit noire comme un chat noir.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Sabin Balasa

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Seul le rythme (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

Seul le rythme provoque le court-circuit poétique
et transforme le cuivre en or, la parole en verbe

(Léopold Sédar Senghor)

Illustration

 

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Lorsque parait la lune citadine (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Lorsque parait la lune citadine sur les places
Et la ville assoupie s’en illumine lentement,
Et la nuit s’épaissit, pleine de cuivre et de mélancolie,
Et la cire mélodieuse au temps cruel fait place;

Et le coucou gémit au sommet de sa tour de pierre,
Et la blême moissonneuse, en ce monde sans souffle descendue,
Fait bruire doucement les énormes aiguilles d’ombres
Et répand la paille jaune sur le plancher de bois…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alina Maksimenko

 

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