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Poésie

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Projets (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2016



Projets

Tout contribue au philtre où baigne le poète.
Cette chambre elle-même a des vertus secrètes.
Ne me détrompez pas : tenu par son odeur
je trouve à votre sang une étrange vigueur.

Plions ce jaune corps à des songes pratiques !
Moi ne tolérant pas qu’une maigre logique
ravisse un si beau prêtre au culte de l’erreur,
je vous dis pastorale et pleine de fraîcheur.

A nous deux, cet hiver, indifférente épouse !
Sous la tonnelle morte aux couleurs de vos blouses
je saccage sans goût les appâts désolés
dont votre faux renom nourrit ma vanité.

Puisque l’on m’a lavé dans cette eau corrompue
je vais rester longtemps au tournant d’une rue
pour recevoir de vous avec placidité
le philtre desséché de ma sincérité.

(Odilon-Jean Périer)

Illustration: Edvard Munch

 

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Le coeur naviguant (Pierrette Micheloud)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



Loin des cultes
qui nous réduisent en cendres
Des temples
où le ciel se force en vain une entrée,
Loin des puissances d’airin
que d’autres puissances culbutent,

Elisons encore la vie
Au sommet du jour blessé.

Plutôt le fruit hasardeux
Que la lettre de marbre,
Plutôt toujours chercher
Et ne jamais savoir:
Arc à travers buissons,
Aile à travers pièges,
Que la sinistre fresque
d’une vérité bouclée.

Le temps fond comme cire,
Et les verrous ne cèdent
qu’au coeur naviguant.

(Pierrette Micheloud)

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Nature moignonnée (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016



(Nature moignonnée, un silence impressionnant; les animaux – oiseaux la plupart –
qui ne jouent plus de rôle dans le culte, retournent à l’état domestique.
Les horloges ont encore du mouvement pour quelques temps,
et voici que des bruits autrefois secondaires
comme ceux de l’indispensable cuisine
emplissent les êtres et font le silence du lieu.
Il prit des mots, les distribua, se disant desquels ont-ils besoin:
Soleil, Liberté, Saül, Mésange …
Mais ils se détournaient aussitôt comme des chiens trompés par un geste de la main;
ils restaient sur leur faim)

(Michel Deguy)

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