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Faisons un pas vers le sublime (James Brander Matthews)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2017



Faisons un pas vers le sublime
et voyons comment une femme
décrit ses sensations lors de son
premier baiser : je me sentis
comme une cuve de beurre
nageant dans du miel, de l’eau
de Cologne, de la noix de
muscade, des canneberges, et
comme si quelque chose circulait
dans mes nerfs, ayant pour base
des diamants, escortée de plusieurs
petits cupidons dans des chariots
tirés par des anges et ombragés de
chèvrefeuille, le tout recouvert
d’arcs-en-ciel fondants.

(James Brander Matthews)

Illustration: Carolus Duran

 

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Le démon dans ces bois repose (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



 

Corinne Reignier  (15) [1280x768]

Le démon dans ces bois repose ;
Non le grand vieux Satan fourchu ;
Mais ce petit belzébuth rose
Qu’Agnès cache dans son fichu.

On entre plein de chaste flamme,
L’oeil au ciel, le coeur dilaté ;
On est ici conduit par l’âme,
Mais par le faune on est guetté.

La source, c’est la nymphe nue ;
L’ombre au doigt vous passe un anneau ;
Et le liseron insinue
Ce que conseille le moineau.

Tout chante ; et pas de fausses notes.
L’hymne est tendre ; et l’esprit de corps
Des fauvettes et des linottes
Eclate en ces profonds accords.

Ici l’aveu que l’âme couve
Echappe aux coeurs les plus discrets ;
La clef des champs qu’à terre on trouve
Ouvre le tiroir aux secrets.

Ici l’on sent, dans l’harmonie,
Tout ce que le grand Pan caché
Peut mêler de vague ironie.
Au bois sombre où rêve Psyché.

Les belles deviennent jolies ;
Les cupidons viennent et vont ;
Les roses disent des folies
Et les chardonnerets en font.

La vaste genèse est tournée
Vers son but : renaître à jamais.
Tout vibre ; on sent de l’hyménée
Et de l’amour sur les sommets.

Tout veut que tout vive et revive,
Et que les coeurs et que les nids,
L’aube et l’azur, l’onde et la rive,
Et l’âme et Dieu, soient infinis.

ll faut aimer. Et sous l’yeuse,
On sent, dans les beaux soirs d’été,
La profondeur mystérieuse
De cette immense volonté.

Cachant son feu sous sa main rose,
La vestale ici n’entendrait
Que le sarcasme grandiose
De l’aurore et de la forêt.

Le printemps est une revanche.
Ce bois sait à quel point les thyms,
Les joncs, les saules, la pervenche,
Et l’églantier, sont libertins.

La branche cède, l’herbe plie ;
L’oiseau rit du prix Montyon ;
Toute la nature est remplie
De rappels à la question.

Le hallier sauvage est bien aise
Sous l’oeil serein de Jéhovah,
Quand un papillon déniaise
Une violette, et s’en va.

(Victor Hugo)

Illustration: Corinne Reignier

 

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