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Poésie

Posts Tagged ‘cytise’

Le temps (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Le temps

Les grappes jaunes des cytises
Le rouge-gorge aux gros oeufs bleus
La femme blonde aux robes roses
Et le soleil qui nous attise

La fine épine du clocher
La paume tendre du ciel berceur
Rauque le cri d’un remorqueur
Les amoureux rêvant couchés

Sur la pelouse des lueurs
Sur leurs épaules la fraîcheur
Questions Silence La peur.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Essor (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



Essor

Par un sentier grimpant sous les cytises
j’ai débouché sur un pré de scabieuses
et aperçu sur la rosée qu’irise
le jour naissant, prête à l’essor, la buse.

Je me suis allongé pour ne plus voir
des arbres que leur cime et ne savoir
des vivants que leur cœur quand le langage
en confie la rumeur au vent sauvage.

(Jean Grosjean)


Illustration

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PHIDYLÉ (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



Jean-Francis Auburtin d [800x600]

PHIDYLÉ

Offre un encens modeste aux Lares familiers,
Phidylé, fruits récents, bandelettes fleuries ;
Et tu verras ployer tes riches espaliers
Sous le faix des grappes mûries.

Laisse, aux pentes d’Algide, au vert pays Albain,
La brebis, qui promet une toison prochaine,
Paître cytise et thym sous l’yeuse et le chêne ;
Ne rougis pas ta blanche main.

Unis au romarin le myrte pour tes Lares.
Offerts d’une main pure aux angles de l’autel,
Souvent, ô Phidylé, mieux que les dons plus rares,
Les Dieux aiment l’orge et le sel.

Plus de neiges aux prés. La Nymphe nue et belle
Danse sur le gazon humide et parfumé ;
Mais la mort est prochaine; et, nous touchant de l’aile,
L’heure emporte ce jour aimé.

Un vent frais amollit l’air aigu de l’espace;
L’été brûle ; et voici, de ses beaux fruits chargé,
L’Automne au front pourpré; puis l’hiver, et tout passe
Pour renaître, et rien n’est changé.

Tout se répare et chante et fleurit sur la terre ;
Mais quand tu dormiras de l’éternel sommeil,
O fier patricien, tes vertus en poussière
Ne te rendront pas le soleil!

(Leconte de Lisle)

Illustration: Jean-Francis Auburtin

 

 

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Les quatre saisons – Le printemps (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



 

Albena Vatcheva    (14)

Les quatre saisons – Le printemps

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

(Charles Cros)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Refrain lassé (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Refrain lassé

DES parfums de cytise ont amolli la brise
Et l’on t’attriste, errant sous le ciel transparent…
Le soleil agonise… Et voici l’heure exquise…
Dans le soir odorant, l’on s’attarde en pleurant…

Tu reviens, frêle et rousse, ô ma belle ! ô ma douce !…
Comme en rêve, je vois tes yeux lointains et froids,
Telle une eau sans secousse où le regret s’émousse…
Sous leur regard je crois revivre l’autrefois.

O chère ombre ! moi-même ai brisé mon poème…
Je ne dois plus te voir, dans le calme du soir…
Regarde mon front blême et sens combien je t’aime…
L’ombre, doux voile noir, couvre mon désespoir…

Une rose inexprimable a fleuri sur le sable,
Et tandis qu’alentour se fane le beau jour
Je pleurerai, semblable à ceux que l’heure accable :
Seul n’a point de retour l’impatient amour… »

(Renée Vivien)

Illustration: Alexandre Cabanel

 

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Comment s’est-elle glissée (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Comment s’est-elle glissée dans mes nattes sombres
Cette douce mèche d’argent —
Toi seul, rossignol sans voix,
Sauras comprendre ce tourment.

Tu tends l’oreille vers le lointain
Tout hérissé tu scrutes
Les fines branches du cytise, et si s’élève la chanson d’un autre,
Tu retiens ton souffle.

Il y a peu, si peu de temps encore,
Les peupliers, alentour, se taisaient,
Et ta joie éclatait,
Chantait, empoisonnée.

(Anna Akhmatova)

 

 

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JARDINS DE TOI (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




JARDINS DE TOI

En l’absence de toi se reconstruit sous les jardins
une éloquence de la pourriture,
pomme décalquée vers absence de pomme,
rivière vers infiltration moisie.

Debout,
devant les pierres,
tu sens l’éponge de ta voix grossir jusqu’à l’étouffement.

Silence : des choses à l’homme, de l’homme aux choses.

Inversion de toi sous la terre, très doucement.

Approche. Ouvre vers corruption de pomme et d’eau
ta bouche aux dents intactes.

Un lièvre scelle des écorces dans l’humus.

Sous le grand visage hétérogène du ciel,
les cytises veillent ta métamorphose.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration

 

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Les Quatre saisons (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



Les Quatre saisons

I

Au printemps, c’est dans les bois nus
Qu’un jour nous nous sommes connus.

Les bourgeons poussaient, vapeur verte.
L’amour fut une découverte.

Grâce aux lilas, grâce aux muguets,
De rêveurs nous devînmes gais.

Sous la glycine et le cytise,
Tous deux seuls, que faut-il qu’on dise ?

Nous n’aurions rien dit, réséda,
Sans ton parfum qui nous aida.

II

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

III

L’automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.

Dans l’eau tombent les feuilles sèches
Et, sur ses yeux, les folles mèches.

Voici les pêches, les raisins,
J’aime mieux sa joue et ses seins.

Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

Le vin qui coule des pressoirs
Est moins traître que ses yeux noirs.

IV

C’est l’hiver. Le charbon de terre
Flambe en ma chambre solitaire.

La neige tombe sur les toits,
Blanche ! Oh, ses beaux seins blancs et froids !

Même sillage aux cheminées
Qu’en ses tresses disséminées.

Au bal, chacun jette, poli,
Les mots féroces de l’oubli.

L’eau qui chantait s’est prise en glace.
Amour, quel ennui te remplace !

(Charles Cros)

Illustration: Sophie Vulliard

 

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