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La nuit aux senteurs d’animal aux aguets (Marie-Anne Bruch)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



Illustration: Henri Rousseau
    
La nuit aux senteurs d’animal aux aguets
– tantôt proie tantôt chasseresse –
la nuit subtilise nos corps
pour mieux illuminer nos rêves.

La nuit au front de taureau,
aux mille banderilles scintillantes,
déploie sa cape aveugle devant nos yeux
pour mieux y planter la dague
des sommeils sans retours.

Dans mon rêve,
à la fois rêveuse et rêvée,
contenu et contenant,
je me transporte toute entière
dans un paysage sans ombre ni soleil.

(Marie-Anne Bruch)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Les Cahiers du Sens
Traduction:
Editions: Le Nouvel Athanor

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SE PROMÈNENT LES BELLES (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



 

Illustration: Angelo Garino  
    
SE PROMÈNENT LES BELLES

Se promènent les belles, l’après-midi, sur l’Avenue
qui n’est pas une avenue, mais un long chemin blanc
où les robes roses vont laissant,
non, elles ne laissent nulle ombre, c’est en moi qu’elles en laissent.

Se promènent, l’après-midi, les belles sur l’Avenue.
Sont-elles aussi belles que je les vois, ou plus encore?
À leur seul passage, au seul souvenir de leur passage, la beauté
en elles se plante éternellement, dague d’or.

Se promènent sur l’Avenue, l’après-midi, les belles,
les toujours belles dans l’avenir le plus lointain.
Elles foulent de la fine semelle et du talon haut
de leurs souliers de satin le temps et le rêve.

L’après-midi, sur l’Avenue, se promènent les belles,
le sein voilé soigneusement mais palpitant
la jambe dissimulée, mais Dieu sait les lignes perturbatrices
qu’engendrent les rythmes, et le chemin blanc est tout rythme.

Sur l’Avenue, se promènent les belles, l’après-midi,
dans la ville haute qui au milieu des arbres s’apprête
pour son sommeil de huit heures du soir et ne sait pas que les belles
laissent sans sommeil, la nuit entière, un enfant ébloui.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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CROQUIS (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



CROQUIS

Le soleil aux luisantes dagues
Et puis l’océan familier.
Un canot joue à déplier
L’herbe musicale des vagues.

La mer fleurit comme un jardin,
Et l’île que mes yeux font naître
S’érige tel un lys marin
Qu’une blanche clarté pénètre.

Je vois des étoiles nageant
Au-dessus du soir atlantique
Se muer en poissons d’argent
Autour d’une lune extatique.

La mer amoureuse halète
Et gonfle sa chair qui blêmit
Une ultime blancheur frémit
Dans l’ombre houleuse et violette.

Ô voyageur du soir, regarde
La mer clignotante de feux
Aériens, feux hasardeux
Qui sont blessures qu’elle garde.

(Jules Tordjman)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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La clarté (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2016



La clarté

Vois-tu ces ramures
Enchevêtrées
Dagues acérées
Dressées
Mais si fines
Si légères marbrures
Vapeur dans la nue
Mais vois-tu
Juste cette clarté
L’éblouissante lueur
D’Infini
D’un cœur qui aura cru
Et ce qui te fut si amer
Est racine de ciel

(Kristel Saint-Cyr)

Découvert ici: https://kristelsaintcyr.com/


Illustration: Valérie Barcelo

 

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Ruffian (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



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Ruffian

Dans le splendide écrin de sa bouche écarlate
De ses trente-deux dents l’émail luisant éclate.
Ses cheveux, pour lesquels une abbesse l’aima
Jadis très follement, calamistrés en boucles,
Tombent jusqu’à ses yeux-féeriques escarboucles-
Et ses cils recourbés semblent peints de çurma.

Sa main de noir gantée à la hanche campée,
Avec sa toque à plume, avec sa longue épée,
Il passe sous les hauts balcons indolemment.
Son pourpoint est de soie, et ses poignards superbes
Portent sur leurs pommeaux, parmi l’argent en gerbes,
La viride émeraude et le clair diamant.

Dans son alcôve où l’on respire les haleines
Des bouquets effeuillés, les fières châtelaines,
Sous leur voile le front de volupté chargé,
Entassent les joyaux, les doublons et les piastres
Pour baiser ses yeux noirs vivants comme des astres
Et sa lèvre pareille au bétail égorgé.

Ainsi, beau comme un dieu, brave comme sa dague,
Ayant en duel occis le comte de Montague,
Quatre neveux du pape et vingt condottieri,
Calme et la tête haute, il marche par les villes,
Traînant à ses talons des amantes serviles
Dont l’âme s’est blessée à son regard fleuri.

(Jean Moréas)

 

 

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