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Poésie

Posts Tagged ‘dahlia’

Tu lèves les yeux (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019




    
Tu lèves les yeux
sur un dernier
dahlia, frileux,

contre la murette,
tu t’approches
de lui, tu frôles
ses pétales, tu

voudrais que pour
toi, il refasse
le ciel et demande
à la terre de préparer

l’éveil des prochaines
ferveurs. Sois
le refrain qu’il
laisse entre les
couplets de l’existence,

sois ce qu’il fut
avant de s’éteindre.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme un bateau (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Illustration: Le Guerchin
    
Comme un bateau est le poète âgé
ainsi qu’un dahlia, le poème étagé
Dahlia! Dahlia! que Dalila lia.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un homme parle (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



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Un homme parle

Un homme parle :
Ici-bas n’est pas de consolation. Vois,
la campagne s’éveille aussi de ses fièvres.
A peine quelques dahlias étincellent encore.
Elle est là, dévastée
comme après un combat équestre.
J’entends en mon sang retentir un départ.
Oh, toi, mes yeux s’enivrent déjà
de la teinte bleutée des collines lointaines,
Déjà je sens un frôlement sur mes tempes

(Gottfried Benn)

 Illustration

 

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Tel un dahlia (Bernard Delvaille)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018


dahlia

brisé d’espoir
tel un dahlia
dans l’attente des pluies.
Il ne connaît son nom
ni sa naissance ni sa mort.
Il est exilé dans sa peau.
Qui viendra le chercher
pour où se rendre…

(Bernard Delvaille)

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Les jardins ferment (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Les jardins ferment

Déjà les droits sentiers s’effacent dans le soir •
La bruine fraîche ternit les étangs •
Et sur les Apollons et Dianes contents
Vont se poser des voiles de brouillard •

Feuilles grises qui vont tournoyant aux fossés.
Les dahlias • les giroflées • les roses
Embaumant les airs dans un orchestre forcé
Bientôt sur les mousses tendres reposent.

Et les chaudes lunes par le portail s’envolent.
De ton espoir as-tu reçu un don ?
Te confieras-tu toujours à ses paroles •
Pèlerin • la main non loin du bâton ?

***

Die gärten schliessen

Frühe nacht verwirrt die ebnen bahnen –
Kalte traufe trübt die weiher •
Glückliche Apolle und Dianen
Hellen sich in nebelschleier.

Graue blätter wirbeln nach den gruften.
Dahlien levkojen rosen
In erzwungenem orchester duften •
Wollen schlaf bei weichen moosen.

Heisse monde flohen aus der pforte.
Ward dein hoffen deine habe?
Baust du immer noch auf ihre worte
Pilger mit der hand am stabe?

(Stefan George)

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Nues (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017


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Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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Filles-Fleurs (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Filles-Fleurs

Elles enivraient les abeilles et leurs yeux dansaient
sans jamais toucher la terre. Le vent ne fait pas autre
chose et aucun ne s’en étonne, dans les jardins.
Pourtant, la tige des fleurs est un mystère. Pourtant,
le rire des filles en est un autre, et aussi le sifflet du
train, quand la voie est fermée!
La voie est fermée et la vie éclate, grenade des
amours, lourd grenat des dahlias de l’automne, joie
extasiée de jeunes singes dévorant les géraniums.
Il y eut autrefois des fleurs rampantes qui invitaient
au sommeil, les feux de Bengale parsemaient la rade
par les nuits d’été.
Baptême de la douceur, un monde de velours
succédait enfin aux gueules d’hyènes ricanant dans
l’obscurité.
Et j’ai bu l’alcool des abeilles. Le monde devint un
immense arc-en-ciel que je me mis à gravir, et je me
disais : «Elles ne savent ce qu’elles font, mais elles le
font bien!»

(Maurice Blanchard)

Illustration: Mario Fortuny

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Le camélia et le dahlia (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2016



 

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Le camélia et le dahlia

Un troupeau de camélias,
Puis un troupeau de dahlias
Ont traversé notre pelouse.
Dahlias et camélias,
L’an est un et les mois sont douze,
Camélias et dahlias.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Le Temps (Juana de Ibarbourou)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2016



Le Temps

Prends moi maintenant qu’il est encore tôt,
et que je porte des dahlias nouveaux dans la main;

Prends moi maintenant, tant qu’elle est noire,
ma taciturne chevelure,

maintenant que j’ai la chair odorante
et les yeux limpides et la peau de rose;

Maintenant que chausse ma plante légère
la sandale vive du printemps.

Maintenant que mes lèvres éclatent de rire
comme une cloche secouée à toute volée

Après… Ah, je sais bien
que plus tard, je n’aurai plus rien de tout cela !

Qu’ensuite ton désir sera inutile,
comme une offrande posée sur un mausolée.

Prends moi maintenant qu’il est encore tôt
et que j’ai la main riche de nards !

Aujourd’hui, et non plus tard. Avant le crépuscule
et le flétrissement de la fraîche corolle.

Aujourd’hui, et non demain ! Oh, Amant ! Ne vois tu pas
que sur la vigne poussera le cyprès ?

***

LA HORA

Tómame ahora que aún es temprano
Y que llevo dalias nuevas en la mano.

Tómame ahora que aún es sombría
Esta taciturna cabellera mía.

Ahora, que tengo la carne olorosa.
Y los ojos limpios y la piel de rosa.

Ahora, que calza mi planta ligera.
La sandalia viva de la primavera.

Ahora, que en mis labios repica la risa
Como una lampara sacudida a prisa.

Despúes… ¡ah, yo sé
Que ya nada de eso más tarde tendré!

Que entonces inútil será tu deseo
Como ofrenda puesta sobre un mausoleo.

¡Tómame ahora que aún es temprano
Y que tengo rica de nardos la mano!

Hoy, y no más tarde. Antes que anochezca
Y se vuelva mustia la corola fresca.

Hoy, y no mañana. Oh amante, ¿no ves
Que la enredadera crecerá ciprés?

(Juana de Ibarbourou)

 

 

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Dire que … (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




Dire que les arbres sont ouverts au jour, les poissons rapides,

dire les dahlias nids d’abeilles et les sentiers où l’herbe pousse
malgré les pas et les chariots qui la blessent.

Dire que tout est riche, touffu, impénétrable

et que la mort nous cerne.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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