Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dangereux’

Adieu (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Adieu

Adieu ! Je crois qu’en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t’appelle et m’oublie ;
En te perdant je sens que je t’aimais.
Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
Je sais respecter l’avenir.
Vienne la voile qui t’emmène,
En souriant je la verrai partir.

Tu t’en vas pleine d’espérance,
Avec orgueil tu reviendras ;
Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve
Et t’enivrer d’un plaisir dangereux ;
Sur ton chemin l’étoile qui se lève
Longtemps encor éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d’un coeur qui nous comprend,
Le bien qu’on trouve à le connaître,
Et ce qu’on souffre en le perdant.

(Alfred de Musset)


Illustration

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LE CHAUFFEUR À LA CHEMISE BLANCHE (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
LE CHAUFFEUR À LA CHEMISE BLANCHE

le chauffeur à la chemise blanche
à quoi voulez-vous qu’il ressemble
dévalant
traversant la nuit
à quoi voulez-vous qu’il ressemble
sinon à une hirondelle qui a tardé
et s’empresse de regagner son nid
le chauffeur à la chemise blanche
soudain qu’est-ce qui lui prend
qu’est-ce qui lui prend de serrer
d’une telle rage le volant
comme pour se projeter au ciel
comme pour se pétrifier au siège
le chauffeur roule vite
il ouvre les fenêtres
et s’approche à toute allure
du virage dangereux
des bras qui l’attendent
il se moque
il ouvre les fenêtres
et jure
il jure doucement
comme en prière

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Chagrin d’enfant (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: William Blake
    
Chagrin d’enfant

Ma mère gémit, mon père pleura ;
Je sautai dans ce monde dangereux,
Désarmé, nu, pépiant à tue-tête
Comme un démon caché dans un nuage.

Me débattant dans les mains de mon père
Me démenant dans mes langes
Ficelé et las, je préférais
Bouder sur le sein de ma mère.

Quand je vis que la rage était vaine
Que bouder ne servirait de rien
Après bien des espiègleries et des ruses
Je commençai à m’apaiser et à sourire.

Je m’apaisai de jour en jour.
Le moment vint où je tins debout sur le sol
Et je souris nuit par nuit
N’ayant de but que le plaisir.

Et je vis devant moi briller
Des grappes de la vigne sauvage
Et nombreux, des arbres et des fleurs charmants
Étendirent sur moi leur floraison printanière.

Mon père alors, avec les yeux d’un saint,
Un livre saint dans les mains
Prononça des malédictions sur ma tête
Et me lia à l’ombre d’un myrte.

***

INFANT SORROW

My mother groand! my father wept.
Into the dangerous world I leapt:
Helpless, naked, piping loud;
Like a fiend hid in a cloud.

Struggling in my fathers hands:
Striving against my swadling bands:
Bound and weary I thought best
To sulk upon my mothers breast.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Trottoirs dangereux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018




    
1.1.87

Trottoirs dangereux.
Mais cette anпéе j’affronte la glace
Avec la canne de mon père.

***

1.1.87

Dangerous pavements.
But I face the ice this year
With my father’s stick.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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Ne t’approche pas trop de tes rêves (Edith Södergran)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018


danger

Ne t’approche pas trop de tes rêves:
Ce sont fumée qui peut se disperser –
Ils sont dangereux et peuvent demeurer.

As-tu regardé tes rêves dans les yeux:
ils sont malades et ne comprennent rien –
Ils n’ont que leurs propres pensées.

Ne t’approche pas trop de tes rêves:
Ce sont mensonges, ils devraient s’en aller –
Ce sont folie qui veut rester.

(Edith Södergran)

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Illusion (Fénelon)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2018



Illustration
    
Il n’y a pas de plus dangereuse illusion,
que la notion par laquelle les gens s’imaginent
éviter l’illusion.

(Fénelon)

 

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De joie et d’ombre (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
De joie et d’ombre

Ange, car il fallut bien le langage
L’ordre exilé malgré la grâce
Ange d’ombre pour dire et l’épaule pour prendre
Appui sur le chemin de la chute à l’effroi

Es-tu jamais aimé, parfois tu te demandes
Si le Verbe repose au fond du geste d’homme

Sais-tu la joie quand l’espérance épuise
L’enfer léger de chaque jour
Le splendide soir de sang ainsi qu’une chaleur
Où la chair en marchant s’accroît de la substance

Ange, ma mort passée mon martyre témoigne
J’ai l’âge dangereux de la si vive absence
Ta beauté maintenant me regarde pourquoi

Ange de joie, pourquoi, tant d’ombre où je souffris?

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Le corbeau (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



« Que le roi devienne corbeau! »
Dit un gueux qui rêvait tout haut,
Les yeux fixés sur Bételgeuse.
Et ce roi devint un corbeau
Qui croassa d’une voix creuse
Et s’envola vers les Gémeaux.

Il est dangereux de rêver
Seul à seul avec une étoile…

Et il est heureux pour le roi
Qu’un enfant, qui rêvait tout bas
À plus de treize lieues de là,
Dise en voyant passer une aile
Immense et noire sur le ciel:
« Que ce corbeau devienne roi ! »

(Maurice Carême)

Illustration

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Chanson de Charlemagne (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
Chanson de Charlemagne
Blues

1
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ils ont l’impression de commencer un jeu…
Si par hasard ils s’aiment,
C’est un jeu grave…
Si par-dessus l’ marché
Ils sont jeunes
C’est beaucoup plus grave encore
Car avec l’amour viennent des tas d’ennuis
Des tas d’ennuis…

2
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ce n’est qu’un jeu charmant qui ravit l’âme
Mais s’ils s’aim’nt et le montrent
Gare à la peine!
Si les deux amoureux
Sont très jeunes
De l’amour naîtra le drame
Car s’il rend heureux l’amour sait fair’ pleurer
Sait fair’ pleurer.

Autre version :
1
Il est bien dangereux
De faire plaisir aux femmes.
On s’esquinte le tempérament
On fait des folies, des folies
Et l’on tape à côté…
De cette façon, on obtient
Un résultat diamétralement opposé
À celui que l’on espérait.

2
Ah! quel sale métier
Que faire plaisir aux femmes.
On en a mal au coeur’ mal aux pieds.
On a la cervelle estropiée
Et l’on s’est bien trompé.
On veut bien faire, on a gaffé
Car on est maladroit toujours dans ce métier.
On s’est trompé et bien trompé!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Allusion aux poètes (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Nicole Clouin
    
Allusion aux poètes

Désireux de tenir l’été dans ma demeure
je tue un lièvre gras et l’emporte au cellier.
Le goût de la saison s’y cache tout entier
avec l’odeur de l’herbe et ses voix les meilleures.

Sans doute, ce trésor sera bientôt pillé
et comme des raisins les mouches violentes
naîtront dans sa fourrure aujourd’hui rayonnante.
– Mais c’est une leçon qu’on ne peut oublier.

Car, mon ami, si tu implores les poètes,
ils vont te révéler de dangereuses fêtes :
puisant dans leur mémoire une vive beauté,

ils composent des vers où brille la souffrance
et montrent, orgueilleux de leur grande opulence,
quelque poème lourd comme un lièvre tué.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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