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Poésie

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Que ne suis-je peintre (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Que ne suis-je peintre
pour dire les couleurs,
la légèreté,
la lumière,
la transparence
des fleurs de mon jardin…

Coquelicot,
rouge éclatant
mais si fragile,
lumineux,
jupe gitane dansant
dans la brise.

Iris,
mauve pâle
long, élégant,
gracieux,
peint par Van Gogh
et par Maman
si joliment.

Chaque jardin a une histoire.
Il est un peu notre mémoire.
Nostalgie et tendresse
pour nos aînés,
pour nos aimés.

Jacinthes de Roubaix,
enfance de mon père.
Iris et lilas d’Alfortville,
enfance de ma mère.

Iris, jacinthes,
lilas et jonquilles,
et glycine au délicieux parfum,
mon enfance.

Mon enfance réveillée
chaque matin de printemps,
mon enfance toujours
émerveillée.

Et gentil coqu’licot, Mesdames,
Gentil coqu’licot nouveau.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

Illustrations amicalement envoyées par l’auteure


 

 

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Elle était sortie de sa boutique (Giampiero Neri)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Elle était sortie de sa boutique
comme une apparition rapide
au passage des camions de soldats,
une figure dansante
parmi les véhicules dispersés,
mais c’étaient des Allemands qui battaient en retraite

***

Era venuta fuori dal suo negozio
come una apparizione veloce
al passare dei camion di soldati,
una figura danzante
fra gli sparuti autocarri,
ma erano Tedeschi in ritirata.

(Giampiero Neri)

 

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Ta moquerie d’oiseau et ton pas dansant (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




Ta moquerie d’oiseau et ton pas dansant
me disaient la même chose
que les yeux mouillés des boutons d’or
ou ceux affolés des marguerites.

(Christian Bobin)

Illustration: Eugene Blaas

 

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Je ne suis descendu aussi bas (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Je ne suis descendu aussi bas
que pour remonter
vers quelque étoile dansante.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Voici le Réel longtemps caché (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



 

Tibet-Abhisambodhi-Vairocana-Mandala

Voici le Réel longtemps caché
dans les noms et les formes

le moment où
vingt mille respirations
atteignent leur plénitude

« la pluie aussi fait partie du chemin »

et la musique
et le corps dansant

abhisambhodi

l’univers un tourbillon incessant
sous les lois du changement
mais une lumière peut en jaillir

une averse de lumière
qui inonde le cerveau

« flux de conscience pure
courant d’émotion incolore »

***

Now the long-hidden Real
within the names and forms

the moment when
twenty thousand breathings
reach their plenitude

« rain also is of the process »

and the music
and the dancing body

abhisambhodi

it all whirls incessantly
under the laws of change
but there is light in it

there is a rain of light
flooding the brain

« a pure flow of consciousness
a stream of colourless emotion »

(Kenneth White)

 

 

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Retouche à la gloire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



    
retouche à la gloire

Au plus haut de la nuit
les campaniles sortent de la mer
leurs soutes bourrées d’os
princes et puissants
dont personne ne se rappelle les noms
et d’un coup retournent à l’abîme
plein d’alphabets dansants

(Daniel Boulanger)

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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HORIZON VIDE (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



HORIZON VIDE

Horizon vide où rien ne reste
De cette fabuleuse fête
Qui un jour t’illumina.

Tes lignes, jadis profondes et vastes,
Sont aujourd’hui vides et usées,
Et ce fut mon désir qui les usa.

De la pinède verte descendait
La nuit dansante aux pas silencieux,
Et dans ce morceau de mer au loin brûlait
L’appel infini des espaces.

La clarté chantait sur la grève,
Et chaque pin contenait
Dans l’irrépressible montée de ses lignes
L’explication même de l’héroïsme.

Horizon vide, squelette de mon rêve,
Arbre mort sans fruit,
Devant toi je dépose
La solitude, le chaos et le deuil.

***

HORIZONTE VAZIO

Horizonte vazio em que nada resta
Dessa fabulosa festa
Que um dia te iluminou.

As tuas linhas outrora foram fundas e vastas,
Mas hoje estilo vazias e gastas
E foi o meu desejo que as gastou.

Era do pinhal verde que descia
A noite bailando em silenciosos passos,
E naquele pedaço de mar ao longe ardia
O chamamento infinito dos espaços.

Nos areais cantava a claridade,
E cada pinheiro continha
No irreprimível subir da sua linha
A explicatão de toda a heroicidade.

Horizonte vazio, esqueleto do meu sonho,
Árvore morta sem fruto,
Em teu redor deponho
A solidão, o caos e o luto.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: Max Mitenkov

 

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La femme est une pensée (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



Illustration: Isadora Duncan
    
La femme est une pensée,
la plus forte de la nature,
mais c’est une pensée dansante.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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Mon très cher petit Lou je t’aime (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Klimt ; Nu de jeune fille, couché sur le côté gauche, 1914-1915

 

Mon très cher petit Lou je t’aime
Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
Corps délicieusement élastique je t’aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
Sein droit si tendrement rosé je t’aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t’aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t’aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
Regard unique regard-étoile je t’aime
Mains dont j’adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t’aime
Démarche onduleuse et dansante je t’aime
Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.

(Guillaume Apollinaire)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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La valse à mille temps (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



La valse à mille temps

Au premier temps de la valse
Toute seule tu souris déjà
Au premier temps de la valse
Je suis seul et je t’aperçois

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Murmure, murmure tout bas

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

Au deuxième temps de la valse
On est deux, tu es dans mes bras
Au deuxième temps de la valse
Nous comptons tous les deux une, deux, trois

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Nous fredonne, fredonne déjà

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

Au troisième temps de la valse
Nous valsons enfin tous les trois
Au troisième temps de la valse
Il y a toi, y’a l’amour et y’a moi

Et Paris qui bats la mesure
Paris qui mesure notre émoi
Et Paris qui bats la mesure
Laisse enfin éclater sa joie

Une valse à trois temps
Qui s’offre encore le temps
Qui s’offre encore le temps
De s’offrir des détours
Du côté de l’amour
Comme c’est charmant

Une valse à quatre temps
C’est beaucoup moins dansant
C’est beaucoup moins dansant
Mais tout aussi charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à quatre temps

Une valse à vingt temps
C’est beaucoup plus troublant
C’est beaucoup plus troublant
Mais beaucoup plus charmant
Qu’une valse à trois temps
Une valse à vingt ans

Une valse à cent temps
Une valse à cent ans
A chaque carrefour
Dans Paris que l’amour
Rafraîchit au printemps

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
De patienter vingt ans
Pour que tu ai vingt ans
Et pour que j’ai vingt ans

Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Une valse à mille temps
Offre seule aux amants
Trois cents trente-trois fois le temps
De bâtir un roman

(Jacques Brel)


Illustration: Félix Vallotton

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