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Poésie

Posts Tagged ‘danse’

Tu t’ouvres à l’inconnu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Des oiseaux gazouillent
A la pointe de tes seins
Et sur tes lèvres
Un être s’appuie à ton épaule
Et d’un geste esquisse une caresse
Qui cambre tes reins
Un rythme coule le long de tes flancs
Et tu t’ouvres à l’inconnu
Aux spasmes d’une danse
Que tu ignorais
Et qui te révèle à toi-même

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes » (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Où s’arrête réellement ce que nous appelons « nous-mêmes »
et où commence ce que nous appelons « autre » ?

La danse des atomes et des particules n’établit pas ce type de limites.
Quelle certitude alors nous permet d’affirmer que nous ne sommes pas arbre ?

Pas fleur.
Pas chien.

Quel élément fédérateur nous donne ce sentiment d’unité autonome
et quelle est cette frontière qui prétend nous circonscrire ?

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

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RECRUES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



 

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RECRUES

Un baiser à la mère, un signe au frère
et un long brin de romarin à toi, grande rêveuse, mon amour !
et comme il convient: de la neige dans les champs,
du vin, de la lumière, des cithares
et que piaffe le cheval de l’autre côté de la haie…

Puis vous, compagnons: dans la belle chute de neige nocturne, en avant pour la danse,
enlacés et sautant au rythme de la cornemuse,
tandis qu’au clocher quelques coups secs retentissent et s’envolent sur le paysage,
sur ce paysage, sur cette maison
et sur cette fille que personne d’entre nous jamais ne verra plus!

Voilà qui est digne de nous! et montant en selle dans la rue silencieuse,
trotter étourdis, comme si cette nuit n’était qu’un souvenir,
le coq chantera, ça et là des fours luiront,
l’odeur du pain se lèvera… et dans les champs,
dans la poudroyante neige du Nord, au galop !

Ainsi nous quittons pères, mères, belles et douces amies ;
une chanson, les gars ! afin qu’un jour lorsque nous serons morts aux noms prononcés
notre mère souriante entre les larmes puisse dire :
Oh ! les malheureux
comme ils dansaient dans la neige, comme ils étaient gais !

(Gyula Illyès)

Illustration

 

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Le Vieux Jean-Louis (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2022




    
Le Vieux Jean-Louis

Le vieux Jean-Louis, il n’a rien qu’un oeil,
on le dirait pas,
le vieux Jean-Louis sait marquer le pas
comme personne dans les danses.
Son accordéon est comme pas un,
avec un soufflet d’un mètre de long
et tout nickelé
et un souffle à faire danser
à la fois deux ou trois villages.

Çа fait des accords, ça siffle, ça ronfle,
avec des sonnettes et des trémolos,
qu’on entend de loin sur le pont de danse.

Il faut voir les doigts du vieux Jean-Louis,
quand il est parti,
courir sur les touches
et les yeux qu’il fait, sa tête qui penche, et
qui se balance
en mesure, tant il a plaisir.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Je n’ai jamais été la servante d’un seul (Lyonel Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022



    

Je n’ai jamais été la servante d’un seul.
Et n’ai jamais signé de pacte d’éternité
avec mes compagnons de nuit.

Je suis allée vers les uns,
les autres sont venus vers moi,
d’autres encore, nous nous sommes croisés
dans la beauté toujours fugitive de l’instant
sans que l’on puisse dire
qui d’eux ou de moi
a prononcé le premier mot,
marqué le premier pas de danse.

(Lyonel Trouillot)

 

Recueil: Le doux parfum des temps à venir
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Je me rappelle ce reflet (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2021



 

Je me rappelle ce reflet
D’un cierge sur la dalle de l’église
Où mes yeux descendus de la voûte
Croyaient voir dans le ciel renversé
Une étoile danser.
Elle n’a pas fini, à travers les années,
Les printemps, les hivers,
Les roses et les neiges
Dans ce carré de ciel
Ses lumineux arpèges.

Non, pour personne, fût-ce un dieu,
Retombé de l’antique atmosphère,
Je ne donnerais ce reflet
De l’étoile première,
Ballerine du ciel dont le pas fêtait Dieu
Sur le rythme éternel de la danse des mondes
Dans l’espace élargi de mes yeux :
Signe de son pouvoir par l’allure et le nombre.

(Franz Hellens)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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La polka du roi (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

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La polka du roi

Voulez-vous danser, marquise?
Voulez-vous danser le menuet?
Vous serez vite conquise
Donnez-moi la main, s´il vous plaît

{Refrain:}
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Entrons en danse, quelle cadence
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Le menuet c´est la polka du roi

Pendant que le marquis sommeille
Je veux poser un baiser sur vos doigts fluets
Et sur votre bouche vermeille
Moi, pour l´amour, je suis toujours prêt

{au Refrain}

Montons sans faire de tapage
Tout en dansant le menuet là-haut
Montons jusqu´au troisième étage
Du bonheur nous aurons bientôt

{au Refrain}

J´enlève votre jolie robe
Et, doucement, j´ouvre votre corset
Votre perruque est mal commode
Il faut vous en débarrasser

{au Refrain}

Oh doux émoi, minute brève
C´est dans la joie, la soie et le satin
Que j´accomplis mon plus beau rêve
Chérie, je vous possède enfin!

{au Refrain}

Mais soudain! Qu´y a-t-il marquise?
Je ne vous sens plus très bien dans mes bras
Vous fondez comme une banquise
Expliquez-vous, je ne comprends pas!

{au Refrain}

Hélas, Monsieur, je suis en cire
Et vous, vous êtes au Musée Grévin
Louis XIV? ah triste sire!
Nous ne sommes plus des humains

Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Finie la danse, plus de cadence
Ah ah ah ah, ah ah ah ah
Ainsi s´achève la polka du roi!

(Charles Trenet)

Illustration: Abraham Bosse

 

 

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LA CLARTÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
LA CLARTÉ

C’est la clarté qui palpe soudain le corps aveugle,
l’ouvre et le dissout. Et la langue prononce
l’écume et la danse lumineuse. Ce sont les flammes de la terre,
les gorges d’ombre, les veines vertes.
Toute la vie visible dans le silence qui respire,
et dans les allées les caresses traversées par les oiseaux.
Quel est celui qui dort parmi les fruits et les fleurs,
qui rit dans une demeure claire et scintillante
et se sent construit et dédoublé,
et rien d’autre que la volupté qui le soulève
dans la blancheur de l’espace où les éléments se joignent,
et où tout est le caprice d’un seul souffle clair ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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A ma naissance (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



Illustration: Henri Matisse
    
à ma naissance ma mère a dit
il y a dieu en toi
sens-tu sa danse

(Rupi Kaur)

 

Recueil: Le soleil et ses fleurs
Traduction: traduction de l’anglais (Canada) Sabine Rolland
Editions: NiL

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PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME(André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021




    
PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME

Je suis entré profondément
dans les principes de la raison sublime
et j’ai brisé les préoccupations terrestres
(Song Tche-wen)

Que le corps
sur la terre comme au ciel
dans les langes ou les limbes
jeté
à tous les horizons.

Que l’errance
de ce moment de nous
qui n’est que muscle et âme
nouée
à la pierre qui roule.

Que cela
qui naît venant d’ailleurs
qui meurt reprenant souffle
légué
à la danse du vent.

Que le sable
sans pays ni frontière
qui s’alloue toujours moins
gagné
à l’envers des conquêtes.

Que l’amour
le soleil à l’épaule
écrit avec une aile
joué
à la gloire de Faust.

Que le chant
des bêtes et des anges
pour être hors du temps
sauvé
à la grâce du feu.

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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